‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 523 sur 914 · REX · texte numérisé non relu

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Rome triomp'e d'Albe, et c'est assez pour nous : Tous nos maux, à ce prix, doivent nous être doux. En la mort d'un amant vous ne perdez qu'un homme Dont la perte est aisée à réparer dans Rome.

Après cette victoire, il n'est point de Romain

Qui ne soit glorieux de vous donner la main.

JU me faut à Sabine en porter la nouvelle;

Le coup sera sans doute assez rude pour elle,

Et ses trois frères, morts par la main d'un époux, Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous, Mais j'espère aisément en dissiper l'orage, Etqu'un peu de prudence, aidant son grand courage, Fera bientôt régner sur un si noble cœur

Le généreux amour qu'elle doit au vainqueur.

Cependant étouffez cette liche tristesse; Recevez-le, s'il vient, avec moins de foiblesse ; Faites-vous voir sa sœur, et qu'en un mème flanc Le Ciel vous a tous deux formés d'un mème sang.

il sort.

CAMILLE, Seule.

Oui, je lui ferai voir par d'infaillibles marques Qu'un véritable amour brave la main des Parques, Et ne prend point de loi de ces cruels tyrans Qu'un astre injurieux nous donne pour parents. Tu blimes ma douleur! tu l'oses nommer lâche ! Je l'aime d'autant plus que plus elle te fâche, Impitoyable père! et, par un juste effort,

Je la veux rendre égale aux rizneurs de mon sort. En vit-on jamais un dont les rudes traverses Prissent en moins de rien tant de faces diverses, Qui fût doux tant de fois et tant de fois cruel,

Et portät tant de coups avant le coup mortel ? Vit-on jamais une âme en un jour plus atteinte

De joie et de douleurs, d'espérance et de crainte, Asservie en esclave à plus d'événements,

Et le piteux jouet de plus de changements ?

Un oracle n'assure , un songe me travaille ;

La paix calme l'effroi que me fait la bataille;

Mon hymen se prépare, et, presque en un moment, Pour combattre mon frère on choisit mon amant; Ce choix me désespère, et tous le désavouent :

La partie est rompue, et les dieux la renouent! Rome semble vaincue , et, seul des trois Albains, Curiace en mon sang n'a point trempé ses mains. O dieux! sentois-je alors des douleurs trop lésères Pour le malheur de Rome et la mort de deux frères, Et me flattois-je trop, quand je croyois pouvoir L'aimer encor sans crime et nourrir quelque espoir? Sa mort m'en punit bien, et la facon cruelle

Dont mon âme éperdue en reçoit la nouvelle,

Son rival me l'apprend , et, faisant à mes yeux D'un si triste succès le récit odieux,

Il porte sur le front une allégresse ouverte,

Que le bonheur pubiie fait bien moins que na perte; RER CESES TRES EES TE RSS SEE S ETS EE

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