ACTE I, SCENE II
PAULINE
J £ l'ai vu cette nuit, ce malheureux Sévère,
La vengeance à la main, l'œil ardent de colère; ]1 n'étoit point couvert de ces tristes lambeaux Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux ;
Il n'étoit point percé de ces coups pleins de gloire, Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire;
Il sembluit triomphant, et tel que sur son char Victorieux dans Rome entre notre César.
Après un peu d'effroi que m'a donné sa vue :
« Porte à qui tu voudras la faveur qui m'est due, Ingrate, m'a-t-il dit; et, ce jour expiré,
Pleure à loisir l'époux que tu m'as préféré. »
À ces mots, j'ai frémi, mon âme s'est troublée. Ensuite, des chrétiens une impie assemblée, Pour avancer l'effet de ce discours fatal,
À jeté Polveucte aux pieds de son rival.
Soudain à son secours j'ai réclamé mon père.
Hélas! c'est de tout point ce qui me désespère!
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Je suis maître de moi comme de l'univers;
Je le suis, je veux l'être. O siècles! à mémoire ! Conservez à jamais ma dernière victoire :
Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous.
Soyons amis, Cinna; c'est moi qui l’en convie : Comme à mon ennemi, je t'ai donné la vie; Et, malgré la fureur de ton lîiche dessein,
Je te la donne encor comme à mon assassin.
Commençons un combat qui montre par l'issue Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou recue.
Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler ; Je t'en avois comblé, je t'en veux accabler ;
A vec cette beauté que je t'avois donnée,
Reçois le consulat pour la prochaine année '.