‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 543 sur 914 · DE POLYEUCTE · texte numérisé non relu

DE POLYEUCTE

J'ai vu mon père mème, un poignard à la main, Entrer, le bras levé, pour lui percer le sein . Là, ma dou'eur trop forte a brouillé ces images ; Le sang de Polyeucte a satisfait leurs rages :

Je ne sais ni comment ni quand ils l'ont tué; Mais je sais qu'à sa mort tous ont contribué *. Voilà quel est mon songe.

‘ Ce que dit Auguste est admirable, c'est là ce qui fit verser des laruwres au grand Condé, larmes qui n'appartiennent qu'à de belles âmes. Voltaire a dit :

Le grand Condé pleurant aux vers du grand Corneille.

De toutes les tragédies de Corneille, celle-ci fit le plus d'effet à la cour où tous les esprits étaient encore remplis des ilées et des passions politiques. H n'y a rien de pareil dans tont le théâtre grec, même daus ic majestueux Sophocle ; il a fallu un Auguste, un Sénèque et un Corncillc pour enfanter de pareilles beautés.

3 A la vérité, suivant la judi:iense remarque de Voltaire, ce songe n'est pas intimement lié à l'action comme celui d'Athalie; mais il prépare l'esprit anx événements, sans les découvrir de manière à ôter aux spectateurs le plaisir de la sur. prise, et nous révèle encore d'une manitre admirable le trou-

Cr.

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