‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 560 sur 914 · Q Q LE · texte numérisé non relu

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J1 faut enfin résoudre ; et , quel que soit ce choix , J'offense un empereur ou le plus grand des rois. Je le dis le plus grand, non qu'encor la victoire . Ait porté Mérovée à ce comble de gloire;

Mais, si de nos devins l'oracle n'est point faux,

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cp Sa grandeur doit atteindre aux degrés les plus hauts; Et de ses successeurs l'empire inébranlable

“ Scra, de siècle en siècle, enfin si redoutable,

2 Qu'un jour toute la terre en recevra des lois,

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Où tremblera du moins au grand nom de François ".”

Les femmes qu'on adore usurpent un empire Que jamais un mari n'ose ou ne peut dédire :

C'est au commun des rois à se plaire en leurs fers, Non à ceux dont le nom fait trembler l'univers. Que chacun, de leurs yeux aime à se faire esclave ; Moi je ne veux les voir qu'en tyrans que je brave”; Et par quelques attraits qu'ils captivent un cœur, Le mien , en dépit d'eux, est tout à ma grandeur.

ment de Cornélie semble affecter ici un excès de paroles qui ne sont pas sans enflure , et font un contraste sans vérité avec le calme solennel d'une grande âme au moment d'une si noble inspiration. Une âme de celte trempe se recueille alors en elleméme. et ne méle pas d'emportement aux résolutions de sa vertu. Voiltäire n'en convient pas moins que les derniers vers prononcés par Cornélie frappent d'admiration, et que ce couplet bien récité est toujours couvert d'applaudissements.

La scène de l’urne , dans laquelle, suivant la tradition , la célèbre Adrienne Lecouvreur produisait de si profondes émotions ; achève de nous montrer toute la beauté de l'âme à la fois tendre et sublime de Cornélie. Mais ce rôle, conçu par l'auteur comme le type de la grandeur dans les femmes , n'est pas accompli comme celui de Pauline. Ici s'applique avec justesse le reproche de Fénelou au poëte: « Cornélie est parfois plus Esp'gnole que Romaine ; elle semble s’exciter au sublime, au lieu d'y toncher sans effort. Ses discours offrent des traces d'exagération, et même des rodoïnoutades qui, dans nne femme captive et seule entre les mains d'un vainqueur tel que César, sont ” de nature à le faire sourire par-moments. Il n'y a que peu de traces de mauvais goût dans Pauline , il y eñ a beaucoup dans Cornélie. Mais après ces avenx . dictés par l'intérêt de l'art, par le sentiment d'un devoir imposé à ceux qui s'appliquent à défendre ses principes et à révéler ses mystères, il faut avouer

que Cornélie ravit noire admiration par une foule de traits sublimes. Au reste, Corueille les a répandus dans toute sa pièce avec une prodigalité qui n'appartient qu'à lui. L'exposition étincelante de tant de beautés mèlées à tant de graves defauts, et que, pour cette raison mène , il est utile de comparer avec la délibération d'Auguste dans Cinna ; le récit d'Achoréc sur la mort de Pompée , sur la manière dont César a reçu la tite de son rival ; le tab'eau que fait l'affrauchi Philippe de la sépulture donnée à ce grand homme sur le bord de la mer; les re- ; proches de César à Ptolémée, sont autant de morceaux marqués de cette inimitable empreinte à laquelle on reconnait le grand Corneille.

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