THÉSÉE
Ah! pourquoi le penser ? Elle est toujours la même ; Même zèle toujours suit mon respect extrême ,
Et le temps dans mon cœur n’affoiblira jamais
Le pressant souvenir de ses rares bienfaits ;
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e L L . 5. (2 La e [2 e ao a Et si ce qu'on m'a dit a quelque vérité, M'en acquitter vers elle est ma plus forte envie. se “+. Vous cessez de m'aimer : Je l'aurai mérite. . Oui, madame, ordonnez de mon sang , de ma vie. de Je Si la fin vous en plait, mon sort me sera doux, Hu de Par qui j'obtiendrai l'heur de la perdre pour vôus. ‘ Ce sont 4à de mauvais vers. Racine prête un langage plus ce <> élégant et plus noble à Hermione, dans sa réponse à Pyrrbus ARIANE. té 4 infidèle : - ob e . 3 . ë 4 ' *° e 2.
Est-il ju:te, après tout, qu'un conquérant s'abalssc Si quand je vous corner , la fin eut pu en plaire, a . sous la servile lol de tenir sa promesse ? Le destin la vouloit, je l'aurois Jaissé faire. s " Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter; . ° pi + Et vous ne me cherches que pour Yous en vanter... Par Tael ) por MO AmoNE ) le Labyrinthe ouvert HE se Couronner tour à tour l'esciave et la princesse, Vous.vit fuir le trépas à vos regards offert 3 os se Immoler Trole aux Grecs, au fils d'Hector la Grèce, Et quand à votre foi cet amour s'abandonne : 1 ne Tout cels part d'un cœur toujours maltre de so, . ; : d ci . D'un héros qui n'est pas esclave de sa foi Des serments, des rcspccts, sont le prix qu'on lui donnc! ne Le «
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416 DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. pe ol Par ce soin de vos jours, qui m'a fait tout qu:tter, | À monter sur le trône un grand roi vous invite ; ol
N'aspirois-je à rien plus qu'à me voir respecter ? Un service pareil veut un autre salaire :
C’est le cœur , le cœur seul qui peut y satisfaire ;
Vengez-vous, en l'aimant, d'un lâche quivousquitte. Quoi qu'aujourd'hui pour moi l'inconstance ait de doux, un Vous perdant pour jamais, je perdrai plus que vous. 5
Il a seul pour mes vœux ce qui peut les borner ; . . , À ARIANE, o C'est lui seul. me
. Quelle perte, grands dieux! quand elle est volontaire. ol
FREE: Périsse tout , s'il faut cesser de t'être chère. L
Je voudrois vous le pouvoir donner: | Qu'ai-je affaire du trône et de la main d'un roi? .
Mais ce cœur, malgré moi, vit sous un autre empire; | De l'univers entier je ne voulois que toi ; cle Je le sens à regret, je rougis à le dire : Pour toi, pour m'attacher à ta seule personne, . Et quand je plains vos feux par ma flamme déçus, | J'ai tout abandonné , repos, gloire, couronne ; se Je hais mon injustice, et ne puis rien de plus. Et quand ces mêmes hiens ici me sont offerts : vu Que je puis en jouir, c'est toi seul que je perds. “
ARIANE
Pour voir leur impuissance à réparer ta perte, Je te suis, mène-moi dans quelque île déserte,
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Tu ne peux rien de plus! qu'aurois-tu fait, parjure,
Si quand tu vins du monstre éprouver l'aventure 4 Abandonnant ta vie à ta seule valeur : | Je me fusse arrètée à plaindre ton malheur ?
Pour mériter ce cœur, qui pouvoit seul me plaire,
Si j'ai peu fait pour toi, que falloit-il plus faire ? Et que s'est-il offert que je pusse tenter, Qu'en ta faveur ma flamme ait craint d'exécuter ?
Où , renonçant à tout, je me laisse charmer
De l'unique douceur de te voir, de t'aimer.
Là , possédant ton cœur, ma gloire est sans seconde ; Ce cœur me sera plus que l'empire du monde.
Point de ressentiment de ton crime passé ;
Tu n'as qu'à dire un mot : ce crime est effacé. C'en est fait, Lu le vois, je n'ai plus de colère‘.
Pour te sauver le jour, dont ta rigueur me prive, Atï-je pris à regret le nom de fugitive ?
La mer, les vents, l'exil, ont-ils pu m'étonner ? Te suivre c’étoit plus que me voir couronner ; Fatigues, peines, maux, j'aimois tout par leur cause : Dis-moï que non, ingrat, si ta lâcheté l'ose :
Et, désavouant tout, éblouis-moi si bien :
Que je puisse penser que tu ne me dois rien".
‘ L'amour parle son vrai langage dans cette partie de la scène, et les deux derniers vers sont la plus tendre expression d'un de ces retonrs du cœur qui portent les femmes à pardonner tout , pourvu qu'on leur rende l'amour qui faisait leur bonheur et l'enchantement de leur vie. La Harpe dit, au sujet d'Ariane, dont il expose toutes les causes de désespoir : « Toutes ces cir- Constances sont si douloureuses, qu'il n'y aurait pas au théâtre
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de rôle d'amour plus parfait que celui d'Ariaue, si le style de
— était celni de Béréuice. » Voltaire, en louant plusieurs vers de <&
THESÉE, la méme scène , trouve celui-ci admirable : +
Comment désavouer ce que l'honneur me presse Ramène-mol, barbure, aux lieux où tu m'a prise. cb D e + . ® ss ? . ais “ voir, d SA ARRIEES de me dire sans ce : | Ilajoute : « Le cœur humain est surtout bien développé, a Si par mon changement Je trompe votre c 1iX bieu peint, quand Ariane dit à Thésée : e C'est sans rien oublier de ce que Je vous dois. L *Ote-toi de mes yeux: ie
Ainsi joignez au nom de traitre et de parjure
Tout l'éclat que produit la plus sanglante injure ; Ce que vous me direz n'aura point la rigueur
Des reproches secrets qni déchirent mon cœur”. Mais pourqnoi, m'accusant, redoubler ces atteintes?
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Je ne veux pas avoir l'affront quetu me quittes.
Etqne, dans le mème moment, elle est au désespoir qu'il prenne congé d'elle. Il y a beaucoup de vers dignes de Racine, et entièrement dans son goût ; ceux-ci, par exemple :
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- “ 18 s-tu vu quelle jole a paru dans ses yeux ?, ol
Madame, Re ' Je eaux pes Fee plaintes 2 se 1 est VS de ma tr su L'oubli, l'indifférence et vos plus fiers mépris , Que de mépris! 1
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te manque de foi doivent être le PRESS », Tous les sentiments d'Ariane dans cette scène sont naturels a
un et attendrissauts. Ou ne pourrait leur reprocher qu'une dictivn Le néslizée. » où ci ‘ Voltaire regarde ce vers comme lrès-heureux; il yena | La lecture de Pérénice fera sentir au lecteur qui voudrait de plusieurs de cette espèce dans la scène. comparer les deux pièces, ce qui manque au style de Thomas 1 52 ot. es h 3 Dans Andromaque, Pyrrhus répond ainsi à Hermione : aurai oh te N'attendez pas de mot que j'écite en injures, 1e te Après cela, madame, éclatez contre un traltre, Que j'atteste le ciel ennemi des parjures: de le Qui l'est avec doulçur , et qui pourtant veut l'être. Non, si le clel encore est touché de mes pleurs, “p co Four mot, loin de contralodre uv si Juste courrout, de le prie, eu mouraut , d'oubiicr mes doulcurs.…. “ns + Il me soulagera peut-être autant que vous. pl Donnez-mol tous les noms que l’on donne aux parjures: Et ailleurs : ee
co Je crains votre stlence, et non pas vos lnjures; de “à Et mon cœur soulevant mille secrets témoins, Que me sert de ce cœur l'ioutile retour ? , ve elo M'en dira d'autant plus que vous m'’eu direz moins. Al! cruci , per pitié, montrez-moi molus d'amour; Né ; À ce 0 soc?
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