‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 593 sur 914 · Voyez Justin, livre xxxvni, chap. 1v · texte numérisé non relu

Voyez Justin, livre xxxvni, chap. 1v

2 Cela fut vrai surtout pendant ies quatre cents ans que Rome mit à soumettre les peuples de l'Italie, toujours rebelles à son joug , toujours courant aux armes pour ressaisir leur indépendance.

3 Ce vers semble vague et faible,

4 Ce trait profond et sublime sort d'un cœur ulcéré qui n'a pu le retenir et qui prépare uue vengeance dont l'univers gardera le souvenir. « Dans tout le reste, dit La Harpe, la magaificence du style, la pompe des images sont égales à l'élévation des pensées. Racine sait se proportionner à tous ses sujels. Noys n'avions point encore vu sa diction s'élever si haut, ni prendre ce caractère. Racine est grand parce qu'il fait parler un grand homme, méditant de grands desseins ; il s’agit de

ERADT ONE D DID TD TC D NT PH ON EF N IE 9 DE Q 7 9 Q Q OO EP EE 9.0 F 0.0 9, 5.2 9 0.9 6 9 9,9, 0,9 9 0 7 0.5 7 9 RQ TN ER QE PR. BR RE D ÉEÉSEES

Et, la flamme à la main, effaçons tous ces noms Que Rome y consacroit à d'éternels affronts.

Voilà l'ambition dont mon âme est saisie.

Ne croyez point pourtant qu'éloigné de l'Asie J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs.

Je sais où je lui dois trouver des défenseurs.

Je veux que, d'ennemis partout enveloppée,

Rome rappelle en vain le secours de Pompée.

Le Parthe, des Romains comme moi la terreur, Consent de succéder à ma juste fureur;

Près d'unir avec moi sa haine et sa famille,

1] me demande un fils pour époux à sa fille.

Cet honneur vous regarde, et j'ai fait choix de vous, Pharnace; allez, soyez ce bienheureux époux.

Demain, sans différer, je prétends que l'aurore Découvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore. Vous, que rien n'y retient , partez dès ce moment, Et méritez mon choix par votre empressement.

Achevez cet hymen, et, repassant l'Euphrate, Faites voir à l'Asie un autre Mithridate.

Que nos tyrans communs en pâlissent d'effroi,

Et que le bruit à Rome en vienne jusqu’à moi.

Pharnace, qui ne veut point obéir à son père, et qui entretient

des iutelligencesavec lesennemis, propose à Mithpidate de trai-

ter avec Rome. Voici la réponse de son frère :

- XIPHARÈS. | Rome, mon frère ! à ciel! qu'osez-vous proposer ? Vous voulez que le roi s'abaisse et s’humilie ? Qu'il démente en un jour tout le cours de sa vie? Qu'il se fie aux Romains, et subisse des lois Dont il a quarante ans défendu tous les rois ?

Mithridate et de Rome : le poëte est au niveau de tous deux. » Ce sont là de nobles et justes éloges; mais il faut y ajouter quelque chose pour justifièr certaines beantés de style qui rappellent l'auteur, malgré l'art avec lequel il les fait passer dans le cours de l'entretien comme des inspirations de l'âme de Mithridate. Ce prince régnait en Asie, c'est-à-dire dans un pays

où les magnificences du ciel et les feux du soleil échauffent les . imagiaations et donnent de riches couleurs aux pensées. Ensuite Mithridate , en commerce continuel avec les peuples de la. :

Grèce, aimait passionnément les sciences, les beaux arts et les lettres. Enfin, et ceci est une observation générale, la poésie entre dans toutes les grandes choses de la terre... Alexacdre, César, Napoléon sont des poëtes du premier ordre quand ils parlent de leurs desseins ou qu'ils commandent des prouiges aux autres hommes avec l'autorité souveraine du génie.

L'éloquence de Xipharès a le même accent que celle de son père; comme lui il enfante de graudes pensées et multiplie les images; mais on sent aussi dans les paroles du jeune héros qui demande à porter la foudre de son père, quelque chose de l'enthousiasme de son âge; et, par un merveilleux accord du poëte avec le personnage, le style, loin de sentir aucun effort , est empreint de cette merveilleuse facilité que l'inspiration commuuique aux paroles. |

Page 1