‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 6 sur 914 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

d'œuvre de Virgile et de Tite-Live. Parmi ces écoles, on distinguait celles de l'antique Phocée, que Cicéron préférait aux écoles d'Athènes et de Rome. Grecque par son origine, par ses mœurs, par ses arts, par son génie et ses lois, Phocée nous avait appris la langue de Périclès et de BDémosthènes. Ce fut elle encore qui, rivale de Rome, sous le nom de Massilie, apprit à nos pères la Jangue du peuple-roi. Ainsi, comme on le voit, il y a quelque chose de national dans le culte que nous gardons pour les ouvrages immortels qui ont instruit nos pères; et d’ailleurs l'adoption de l’idiome latin n'est pas pour nous sans quelque sujet d’un légitime orgueil. En effet, non-seulement il nous fut permis de partager les honneurs que le sénat et les empereurs accordaient aux citoyens romains, dans l’armée qu dans le gouvernement, mais encore c'est à des écrivains gaulois que la littérature romaine dut son dernier lustre. Le flambeau qui commençait à pâlir dans la métropole du monde se ranima tout à coup, grâce aux aliments nouveaux que lui fournit la florissante colonie des Gaules.

La civilisation et ses conquêtes continuelles,

mes , de la profonde corruption, de la détestable cruauté, de la domination insolente que la ville des Césars étendait sur l’univers, et cependant ils payèrent d’abord pour la grande coupable, dont le désastre faisait tressaillir les entrailles de l’ardent saint Jérôme. Il n’y a point assez de larmes sur la terre pour pleurer les malheurs dont elle fut accablée à cette époque du déluge des barbares. Cependant ces ravageurs du monde, ces implacables ennemis de la civilisation , apportaient avec eux des semences de liberté qui devaient germer parmi la race dont ils venaient renouveler le sang appauvri et retremper le caractère. La religion du Christ, rendue vénérableaux peuples parles supplices de ses martyrs et des vertusnouvellesdansle monde, élevait alors sa voix sacrée pour sauver les vaincus , désarmer les vainqueurs et faire refleurir quelques sentiments d'humanité. Les premiers Francs qui vinrent alorsenvahir notre pays, n’éprouvèrent presque aucune résistance , et se retirèrent enrichis de nos dépouilles. Bientôt leurs pompeuses descriptions de la prospérité de la Gaule ayant excité la rapacité de leurs compatriotes et allumé en eux la soif des conquêtes,

Le

le goût des arts libéraux et les plaisirs qu’il amène

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