‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 644 sur 914 · PP DE AR LS RS RER RE ER DI X-SEPTIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

PP DE AR LS RS RER RE ER DI X-SEPTIÈME SIÈCLE

fond d'idées morales et littéraires. Au reste, on peut appliquer la mème observation aux satires et aux épitres d'Hvurace.

Le Remerciment à Louis XIV appartient à la meilleure époque du poête , ainsi que ses Épitres , plns estimées aujourd'hui que ses Satires. L’épitre sur le Passage du Rhin contient , comme nous le verrons, d'admirables vers, qui sembleraient annoncer que l'auteur aurait pu réussir dans l'épopée.

Nous ne viendrons pas ici nous joindre aux critiques qui ont reyroché à Boileau ses fréquents panégyriques de Louis XIV.Tout le siècle a été en admiration devant ce prince, qui semblait distribuer la gloire aux grands hommes de son règne. Louis exerçait d’ailleurs la plus heureuse influence sur les lettres, et nous devons Le Tartufe à la protection déclarée du monarque. D'ailleurs Boileau fut honoré des preuves de la munificence du prince; et sa reconnaissance, excitée par toutes les voix du siècle, a éclaté par des transports qui ne l'ont pas empêché de dire des vérités utiles et hardies : témoin sa première épitre , où , d'accord avec le sage Colbert, il invite le roi à rechercher la véritable gloire dans le bonheur de ses peuples, dans la sagesse des lois, dans l'activité de l'industrie, dans le progrès des arts, dans la répression des abus, enfin dans la diminution des impôts. Si tout le monde eüt répété les courageux conseils de Boileau, Louis XIV aurait peut-être mis un frein à son ambition. Après avoir créé en quelque sorte la langue poétique, et donné des modèles en plusieurs genres, Boileau avait acquis le droit d'être lelégislateur du Parnasse : il fit l’ Art Poétique. Ce qui nous reste de la Poëtique d'Aristote ne concerne récllement que la tragédie; car l'épopée n'y est considérée que dans ses rapports avec le drame. Horace, dans l’Épitre aux Pisans, sur l’art des vers, répandit sur d'arides préceptes les lumières de son goût et les grâces de son talent, effleurant les uns, développant les autres, selon son inspiration et sa prédilection pour certains genres. Le plan que Boïleau se traça a plus d'étendue et de régularité : son ouvrage est un poëme didactique proprement dit , où l'auteur remonte aux règles de l'art d'écrire. Excepté les vingt premiers vers, dont la marche lente et pénible semble attester l'extrême difficulté du sujet, le premier chant de l'Art Poëtique est une des plus heureuses productions de Despréaux. Jamais peut-être il n’a porté l'art des transitions plus loin que dans ces trois cents vers; car on ne les y remarque pas.

Elles sont plus sensibles dans le second chant, où l'on voit succéder à l’idylle, l’élégie, l'ode , l’épigramme, la satire. Ne soyons pas surpris que les sonnets occupent une place dans un Art Poëtique publié en 1674, époque à laquelle ce genre avait une véritable vogue; mais qu'un sonnet sans défaut vaille un long poëme, on ne conçoit pas que Boileau ait pu l'écrire.

Il nous peint , au troisième chant , la tragédie, l'épopée, la comédie, et sème sur ces trois sujets d'admirables vers et d’admirables préceptes. Le quatrième chant, qui est le moins riche, exprime avec un rare intérêt des idées géné-

‘ rales, où le poëte brille par la sagesse des maximes , la

noblesse des sentiments et la dignité du style.

Après l'Art Poëtique, Boileau fit paraître , en 1674, les quatre premiers chants du Lutrin. Les deux derniers furent composés beaucoup plus tard. Le cinquième plait en.

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