‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 646 sur 914 · RS SE EE ESS RTE TES SR STE ETES · texte numérisé non relu

RS SE EE ESS RTE TES SR STE ETES

SERRIESEIHEIHEIISIINEIIS III IAIISARIIEESSIORRANENERRENRE TONER EE SES SES RARE RER

SATIRE HI°

D'un vin vieux... Boucingo n'en a point de pareilles ;

Et je gagerois bien que, chez le commandeur,

Villandri priseroit sa sève et sa verdeur.

Molière avec Tartuffe y doit jouer son rôle’;

Et Lambert, qui plus est, m'a donné sa parole.

C'est tout dire, en un mot, et vous le connoissez.

— Quoi! Lambert? — Oui, Lambert. — A demain : c'est assez. »

Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse,

J'y cours, midi sonnant , au sortir de la messe.

A peine étois-je entré que, ravi de me voir,

Mon homme, en m'embrassant, m'est venu recevoir ; Et, montrant à mes yeux une allésresse entière :

« Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière ; Mais puisque je vous vois, je metiens trop content. Vous êtes un brave homme; entrez : on vousattend. »

A ces mots, mais trop tard, reconnoissant ma faute, Je le suis en tremblant dans une chambre haute, Où, malgré les volets, le soleil irrité

Formoit un poële ardent, au milieu de l'été.

Le couvert étoit mis dans ce lieu de plaisance,

Où j'ai trouvé d’abord, pour toute connoissance ,

Deux nobles campagnards, grands lecteurs de romans, Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments. J'enrageois. Cependant on apporte un potage : Un coq y paroissoit en pompeux équipage,

Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom, Par tous les conviés s'est appelé chapon.

Deux assiettes suivoient , dont l'une étoit ornée D'une langue en ragoût, de persil couronnée, L'autre, d'un godiveau tout brûlé par dehors, Dont un beurre gluant inondoit tous les bords. On s'assied; mais d’abord notre troupe serrée Tenoit à peine autour d'une table carrée,

Où chacun, malgré soi, l’un sur l’autre porté, Faisoit un tour à gauche, et mangeoit de côté. Jugez en cet état si je pouvois me plaire,

Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère,

4‘ Le Tartuffe était alors défendu , et tout le monde voulait avoir Molière pour le lui entendre réciter.

HA ROE NT EEE ETES RENE EANEN ENST RATE 11)

Page 1