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Mais, tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire, J'ai gagné doucement la porte sans rien dire, Avec un bon serment que, si pour l'avenir
En pareille cohue on me peut retenir,
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Je consens de bon cœur, pour punir ma folie,
Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie ; Qu'à Paris le gibier manque tous leshivers, Etqu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts.
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SATIRE V'
L, noblesse , Dangeau, n'est pas une chimère, Quand, sous l'étroite loi d'une vertu sévère,
Un homme issu d'un sang fécond en deni-dieux Suit, comme toi, la trace où marchoient ses aïeux.
Mais je ne puis souffrir qu’un fat dont la mollesse N'a rien pour s'appuyer qu'une vaine noblesse, Se pare insolemment du mérite d'autrui,
Et me vante un honneur qui ne vient pas de lui. Je veux que la valeur de ses aïeux antiques
Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Et que l’un des Capets , pour honorer leur nom, Ait de trois fleurs-de-lis doté leur écusson.
Que sert ce vain amas d'une inutile gloire,
Si, de tant de héros célèbres dans l'histoire,
Il ne peut rien offrir aux yeux de l'univers
Que de vieux parchemins qu'ont épargnés les vers ; Si , tout sorti qu'il est d’une source divine,
Son cœur dément en lui sa superbe origine,
Et, n'ayant rien de grand qu'une sotte fierté, S'endort dans une lâche et molle oisiveté ?
Cependant, à le voir avec tant d'arrogance Vanter le faux éclat de sa haute naissance,
On diroit que le ciel est soumis à sa loi,
Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi.
Enivré de lui-même, il croit, dans sa folie, Qu'il faut que devant lui d'abord tout s'humilie. Aujourd'hui toutefois, sans trop le ménager, Sur ce ton un peu haut je vais l'interroger.
4 Cette satire a été faite en 1663. L'auteur fait voir que la véritable noblesse consiste dans la vertu, indépendamment de la naissance. Juvénal à traité la mème matière dans sa satire V1.
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* Dites-moi, grand héros, esprit rare et sublime",
Entre tant d'animaux qui sont ceux qu'on estime ? On fait cas d'un coursier qui, fier et plein de cœur, Fait paroitre , en courant, sa bouillante visueur ; Qui jamais ne se lasse , et qui dans la carrière S'est couvert mille fois d’une noble poussière ; Mais la postérité d’Alfane et de Rayard,
Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, Sans respect des aïeux dont elle est descendue,
Et va porter la malle ou tirer la charrue.
Pourquoi donc voulez-vous que, par un sot abus, Chacun respecte en vous un honneur qui n'est plus ? On ne m'éblouit point d’une apparence vaine :
La vertu d'un cœur noble est la marque certaine. Si vous êtes sorti de ces héros fameux, Montrez-nous cette ardeur qu'on vit briller en eux, Ce zèle pour l'honneur, cette horreur pour le vice. Respectez-vous les lois, fuyez-vous l'injustice ? Savez-vous pour la gloire oublier le repos,
Et dormir en plein champ, le harnais sur le dos ? Je vous cannois pour noble à ces illustres marques. Alors soyez issu des plus fameux monarques, Venez de mille aïéux, et, si ce n'est assez, Feuilletez à loisir tous les siècles passés,
Voyez de quel guerrier il vous plait de descendre; Choisissez de César , d'Achille ou d'Alexandre: : En vain un faux censeur voudroit vous démentir, Et si vous n'en sortez, vous en devez sortir.
Mais , fussiez-vous issu d'Hercule en droite ligne, Si vous ne faites voir qu’une bassesse indigne ,
* Ce verset les neuf suivants sont empruntés de la 8° satire de Juvénal ; mais chez lui le portrait du coursier qui fuit dans la carrière est d'une besuté qui fait pâiir Firuitation.
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Ce long amas d'aieux , que vous diffamez tous, de leurs descendants , ressemble en quelque sorte au culte des Sont autant de témoins qui parlent contre vous ‘; images auxquelles on n'attribue aucune vertu propre, dont la
matière peut être méprisable, qui sont quelquefois des produc-
Et tout 3 Ï j | grand éclat de leur gloire ternie tons d'un art grossier, que la piété seule empèche de trouver