‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 653 sur 914 · TUE · texte numérisé non relu

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sReReRRr PR eRARRr PR oRRS DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

J1 change à tous moments d'esprit comme de mode : | Que faire? 11 faut partir : les matelots sont prêts".

Iltourne au moindre vent, il tombeaumoindrechoc , Aujourd’hui dans uncasque, et demain dans un froc.

Cependant , à le voir, plein de vapeurs légères, Soi-même se bercer de ses propres chimères,

Lui seul de la nature est la base et l'appui,

Et le dixième ciel ne tourne que pour lui.

De tous les animaux il est, dit-il, le maitre.

Qui pourroit le nier ? poursuis-tu. Moi, peut-être. Mais, sans examiner si, vers les autres sourds, L'ours a peur du passant , ou le passant de l'ours ' ; Et si, sur un édit des pâtres de Nubie,

Les lions de Barca videroient la Libye ;

Ce maitre prétendu , qui leur donne des lois;

Ce roi des animaux, combien a-t-il de rois!

L'ambition , l'amour, l'avarice , la haine, Tiennent, comme un forçat, son esprit à la chaîne.

Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher : Debout! dit l'avarice, il est temps de marcher.

Hé ! laissez-moi. Debout ! Un moment.Tu répliques! À peine le soleil fait ouvrir les houtiques.

N'importe, lève-toi. Pour quoi faire, après tout ? Pour courir l'Océan, de l’un à l'autre bout, Chercher jusqu'au Japon la porcelaine et l'ambre, Rapporter de Goa le poivre et le gingembre.

Mais j'ai des biens en foule , et je puis m'en passer. On n'en peut trop avoir ; et, pour en amasser,

Il ne faut épargner ni crime mi parjure ;

I] faut souffrir la faim et coucher sur la dure ; Eùt-on plus de trésors que n'en perdit Galet, N'avoir en sa maison ni meubles ni valet ;

Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge;

De peur de perdre un liard, souffrir qu'on vous égorge. .

Et pourquoi cette épargne, enfin ? L’ignores-tu ? Afin qu'un héritier, bien nourri, bien vêtu, Profitant d'un trésor en tes mains inutile,

De son train quelque jour embarrasse la ville.

* Tserait possible que ces deux vers et la fable des 4bcilles, de Mandeville , eussent donné naissance à la fable du Marseillais et du Lion, où l'on trouve ces vers si plaisants :

Ua jour un Marselllois, trafiquant en Afrique, Aborda le rivage où fut jadis Uiique:

Comme ll se promenott dans le fond d'un vallon, Il trouva nez à nes un énorme lion, A le lougue crinière, à ls gueule enflammée, Terrible , et tout semblable au lion de Némée. Le plus horrible effroi saisit le voyageur.

H n'étolt pas Icreule, et tout transi de peur, Il se mit à genoux el demanda la vle.

Le monarque des bois. d'une voix radoucie, Mais qui faisoit encor trembler le Provençal, Lui dit en bon frarçois: « Ridlcule animal, Tu veux donc qu'aujourd'hui de souper je me passe ? Écoute, j'ai diné, je veux te faire urâce, Situ peux me prouter qu'ilest contre les lois Que le soir un lion soupe d'un Marseillols.

( VOLAIRE. )

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