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De Lucrèce, en un mot... vous la pouvez co.nvitre.
GÉRONTE
Dis vrai : je la connois, et ceux qui l'ont fait naître ; .Son père est mon ami.
DORANTE
Mon cœur, en un moment, Étant de ses regards charmé si pnissamment, Le choix que vos bontés avoient fait de Clarisse, Sitôt que je le sus, me parut un supplice ; Mais, comme j'ignorois si Lucrèce et son sort Pouvoit avec le vôtre avoir quelque rapport, Je n'osai pas encor vous découvrir la flamme Que venoient ses beautés d'allumer dans mon àme ; Et j'avois ignoré, monsieur, jusqu’à ce jour, Que l'adresse d'esprit fût un crime en amour. Mais, si je vous osois demander quelque grâce, À présent que je sais et son bien et sa race, Je vous conjurerois, par les nœuds les plus doux Dont l’anour et le sang puissent m'unir à vous, De seconder mes vœux auprès de cette belle :
Obtenez-la d'un père, et je l'obtiendrai d'elle.
GÉRONTE
Demeure ici, demeure , et ne suis point mes pas ; Je doute , je hasarde , et je ne te crois pas.
Mais sache que tantôt si pour cette Lucrèce
Tu fais la moindre fourbe ou la moindre finesse , ‘Tu peux bien fuir mes yeux et ne me voir jamais; Autrement , souviens-toi du serment que je fais : Je jure les rayons du jour qui nous éc'aire
Que tu ne mourras point que de la main d'un père. Et que ton sang indigne, à mes pieds répandu, Rendra prompte justice à mon honneur perdu.
PR RE EE RE Re se ra DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. 117 Ingrat, tu m'as payé d'une impudente feinte, GÉRONTE. Et tu nas eu pour moi respect , amour, ni crainte. Tiémi foirhés encor! Va, je te désavoue.
DORANTE
DORANTE
. ; i Vous ne m'en croyez Hé! mon père, écoutez... . Si vous ne ÿez , j Croyez-en pour le moins Cliton que vous voyez; GÉRONTE. j Jl sait tut mon secret.
Quoi? des contes en l'air et sur l'heure inventés? | GÉRONTE. DORAÎTE | Tu ne meurs point de honte, Non, la vérité pure. Qu'il faille que de lui je fasse plus de compte, | Et que ton père même, en doute de ta foi, GERONTE. Donne plus de croyance à ton valet qu'à toi! En est-il dans ta bouche? | Ecoute : je suis bon , et, malgré ma colère, or Je veux encore un coup montrer un cœur de père; N : :
SACS PR POANE | Je veux encore un coup pour toi me hasarder. Voici pour votre adresse une assez rude touche. ! Je connuis ta Lucrèce, et la vais demander; Mais si de ton côté le moindre ob:tacle arrive. DORANTE.
Epris d'une beauté qu'à peine j'ai pu voir, POMANES Qu'elle a pris sur mon âme un absolu pouvoir; Pour vous mieux assurer, souffrez que je vous suive
! Cette scène cst imitée de l'espagnol. Le génie mâle de Corneille quitte ici le ton familier de la comédie ; le sujet qu'il traite l'oblige d'élever la voix : c'est un père justement irrité qui parle avec l'élu juence de la colère et de la vertu. On voit ici la même main qui peignit le vieil Horace et Don Diègne. Il n'est point de père qui ne doive faire lise crtte belle scène à son fils. » VOLTAIRE.
Corneille excelle à donner aux pères le ton d'autorité, la vigueur et l'accent de la conviction qui ont tant de puissance dans la bouche de l'honnète homme.
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