FRAGMENT DU MISANTHROPE
de | | | ACTE 1, SCÈNE L.
qu’avez-vous ?
U'EST-CE donc ?
À ALCESTE , Assis.
Laissez-moi, je vous prie.
PHILINTE
=] Mais encor, dites-moi, quelle bizarrerie?.… ALCESTE.
Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher.
PHILINTE
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Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher. À ALCESTE.
% Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.
PHILINTE
% Dans vos brusques chagrins je ne puis vous comprendre; % Et quoique amis, enfin, je suis tout des premiers...
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ALCESTE , Se levant brusquement.
Moi, votre ami? Rayez cela de vos papiers.
J'ai fait jusques ici profession de l'être :
Mais après ce qu'en vous je viens de voir paroître, Je vous déclare net que je ne le suis plus,
Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.
PHILINTE
Je suis donc bien coupable, Alceste, à votre compte?
ALCESTE
Allez, vous devriez mourir de pure honte;
Une telle action ne sauroit s'excuser,
Et tout homme d'honneur s’en doit scandaliser.
Je vous vois accabler un homme de caresses,
Et témoigner pour lui les dernières tendresses ;
De protestations, d'offres et de serments
Vous chargez la fureur de vos embrassements; Etquandje vous demande, après, quelest cet homme, À peine pouvez-vous dire comme il se nomme ; Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
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DIX-SEPTIEM
Et vous me le traitez, à moi, d'indifférent ! Morbleu ! c'est une chose indigne, lâche, infâme, De s'abaisser ainsi jusqu'à trahir son âme;
Et si, par un malheur, j'en avois fait autant,
Je m'irois, de regret, pendre tout à l'instant.
PHILINTE
Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable, Et je vous supplierai d'avoir pour agréable
Que je me fasse un peu grâce sur votre arrêt,
Et ne me pende pas pour cela , s’il vous plaît.
ALCESTE
Que la plaisanterie est de mauvaise grâce !
| PHILINTE
Mais, sérieusement , que voulez-vous qu'on fasse ? ALCESTE.
Je veux'qu'on soitsincère.et qu'en homme d'honneur, On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
PHILINTE
Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie, Il faut bien le payer de la même monnoie, Répondre comme on peut à ses empressements,
Jean-Baptiste Pocquelin de Molière naquit à Paris, le 15 janvier 1622, dans une maison de la rue Saint-Honoré, au coin de la rue des Vieilles-Etuves. Son père était valet de chambre tapissier de la cour et fripier. Le jeune Poquelin resta jusqu'à l’âge de quatorze ans dans la boutique de ses parents , qui , le destinant à leur profession , se contentèrent de lui faire apprendre à lire, écrire et compter. Molière avait un grand-père maternel qui lui portait la plus vive affection , et le conduisait souvent à l'hôtel de Bourgogne. « Avez - vous donc envie d'en faire un comédien ? dit un jour le père de Pocquelin au bon vieillard. — Plüt à Dieu , lui répondit celui-ci, qu'il fût aussi bon comêdien que Bellerose (célèbre acteur de ce temps)! »
Les craintes du tapissier de la cour ne tardèrent pas à se réaliser. Le jeune Molière était devenu mélancolique, et ne restait qu'à regret dans la boutique paternelle. Un jour il avoua franchement à ses parents qu'il ne se sentait aucun goût pour leur état, et qu'il désirait se livrer à l’étude des lettres. Le grand-père intervint dans la discussion élevée à ce sujet, et détermina son gendre à envoyer Pocquelin au collége des jésuites. Le nouvclélève y fit des progrès rapides : en cinq années, il avait terminé ses humanités et méme sa philosophie. Ses camarades de classe furent le prince de Conti, devenu plus tard son protecteur, Bernier et Chapelle, avec lequel il se lia d’une intime amitié. Chapelle lui procura la connaissance de Gassendi, et le fit assister aux leçons du célèbre professeur. C'est d’ns ses conférences avec Gassendi que Mo-
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Etrendre offre pour offre et serments pour serments.
Ja ALCESTE. je Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode FE
Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode, Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations , Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,