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Las Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles, %e Qui de civilités avec tous font combat, * Et traitent du mème air l’honnèête homme et le fat. £ Quel avantage a-t-on qu'un Lomme vous caresse, L Vous jure amitié, foi, zèle, estime , tendresse, . Î
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant ? Non, non, il n'est point d'âme un peu bien située Qui veuille d'une estime ainsi prostituée ;
Et la plus glorieuse a des régals peu chers",
Dès qu’on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers. Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est n’estimer rien qu'estimer tout le monde. Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps, Morbleu ! vous n'êtes pas pour être de mes gens; Je refuse d'un cœur la vaste complaisance,
Qui ne fait du mérite aucune différence;
Je veux qu'on me distingue; et, pour le trancher net, L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.
lière puisa l'idée de traduire Lucrèce en vers. Malheureusement le manuscrit de cet ouvrage s'est perdu. Bernier, Chapelle et Pocquelin admirent dans leur intimité Cyrano de Bergerac, esprit turbulent , douteur effréné, et que ses duels ont rendu fameux. Dans la suite, Molière , comme on le sait, ne craignit pas d'emprunter au Pédant joué de Cyrano deux scènes qui sont peut-être les
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meilleures des Fourberies de Scapin. Il disait, à ce pro- °° pos, que c'était son habitude de prendre son bien par- “ tout où il le trouvait. : x Au sortir du collége, Pocquelin, dont le père était devenu infirme , se vit obligé d'exercer sa charge pen- .
dant quelque temps. C'est en qualité de tapissier du roi . qu'il fit le voyage de Narbonne , à la suite de Louis XIII, . De retour à Paris , il entra dans une société de comédiens bourgeois , qui depuis se constitua en troupe régu- °°! lière, et s'établit dans le jeu de paume de la Croix-Blanche , au faubourg Saint-Germain. Pocquelin prit alors le nom de Molière , qu'il a toujours porté depuis. Sa troupe, qui s’intitulait l'illustre thédtre, était composée des deux frères Béjart, de leur sœur Madeleine, de Duparc, dit Gros-René , d'un pâtissier de la rue Saint-Honoré et des demoiselles de Brie et Lagrange. Il courut les provinces pacifiées après la Froude, et fit représenter à Lyon, en
* Un âme qui a des régals peu chers est mis ici pour qui es! peu flatice.
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nn + 1653, l'Étourdi , la première de ses pièces. Ce fut là qu'il saille des injurieuses critiques que Boursaut et de Visé
eut le malheur de devenir amoureux d’Armande Béjart, qu'il épousa dans la suite. De Lyon, Molière vint en Languedoc , où le prince de Conti le reçut avec bonté , et ac-
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ce corda méme des gratifivations à ses acteurs. Pour remer- 2 cier son ancien condisciple, Molière donna le Dépit amou- % reux. L'auteur avait alors trente et un ans. Le prince lui . offrit de le prendre pour secrétaire; mais fidèle à sa vo- “cation et engagé d'honneur avec sa troupe, Molière rece fusa, tout en témoignant à son Mécène une vive recoi- “+ paissance. En 1657, pendant le séjour de sa troupe à Je Rouen, Molière vint plusieurs fois dans la capitale, pour
-& solliciter la protection de Monsieur, qui, en effet , ke pré- + senta au roi et à la reine-mère.
4 Au mois d'octobre 1658, les comédiens du théâtre il- © lustre eurent l'honneur de représenter la pièce de Nico- “? méde devant leurs majestés. Dès ce début , Molière jugea “7 que sa froupe ne l'emporterait pas, pour le genre tra- 4 gique, sur l'hôtel de Bourgogne. Louis XLV désira voir représenter devant lui les petites pièces dans le goût italien, que Pocquelin avait composées en Languedoc Dans le Doct:ur amoureu.r, qu'il joua devant le roi, Molière faisait le role du docteur , et réussit tellement , que sa maïiesté donna des ordres pour que l'illustre théâtre restät à Paris. En 1660, les acteurs de l'illustre théâtre s'établirent au Palais-Royal , sous le nom de comédiens de Monsieur. «n Dès l'installation de sa troupe, Molière fit représenter, J pour la première fois à Paris, l'Étourdi et le Dépit © amoureux, pièces qui eurent autant de succès qu'en pro: TS vince. Les Précieuses ridicules, cette vivante satire du “bel esprit, qui régnait alors aux dépens de la raison et de la c langue, avaientété jouées en 1659. A l’une des nombreuses -c représentations de cette pièce, un vieillard, se levant du milieu du parterre, s'écria : Courage, Molière: voi!à la bonne comédie. Molière comprit alors « que n'ayant «s plus que faire d'étudier Plaute et Térence, et d'éplucher % les fragments de Ménandre, il devalt observer le monde. + Il.se plongea tellement dans l'étude du cœur bumain, qu'elle devint une habitude de son esprit, et que ses «> anis, frappés de son air rêveur, le surnommirent le cb contemplateur. Le 28 mars 1660, l’auteur donna une comédie dont le sel un peu gros, produisit néanmoins , sur le public ua effet auquel Molière lui-même ne s’at- ‘© tendait pas : le succès fut complet. Don Garrie de Nase varre ou le Prince jaloux ne reçut qu'un froid accueil > du public. L'École des maris, véritable comédie de “mœurs, vengea Molière de cet échec, et le mit en haute cs estime parmi les connaisseurs.
M La comédie-ballet des Fächeur, faite et répétée en quinze 2e jours, fut représentée devant Louis XIV, à Vaux, dans une fête que le surintendant Fouquet donnait à ce monarque.
L'École des femmes (1660) fut déchirée ave rage et applaudie avec fureur. Boileau, qui ne connaissait pas Molière à cette époque, fit, au sujet de la pièce, des
* stances faciles, où il célèbre la charmante naïveté de cette : - comédie , qu’il égale à celles de Térence. La nouvelle de cr Scarron, intitulée la Précaution inutile, a fourni beaucoup d'idées à la comédie de Moïlitre.
L'Imyromplu de Versailles, joué d'abord dans cette sille, en 1665 , et ensuite à Paris, ét:it une jus:e repré-
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