‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 676 sur 914 · D RS SE · texte numérisé non relu

D RS SE

RRSES SERRE RS pen EL E ER ONE ER

ŒEXESSATESSETLESET

Fo

HS

Cu 23 Le Le]

HARREHREMRRREE

a RE

EH

He

SÉTEEET IEEE ETS EN ELITE

Lol

pièce qui naquit et mourut sur le théâtre de la cour.

Le monarque, doué d'un esprit naturellement juste et d'un goût si sûr, reconnut, applaudit le premier à l'excellence comique du Bovrgrois Gentilhomme, joué, pour la première fois, à Chambord, au mois d'octobre 1670. Le suffrage du prince entraina celui de la cour , qui d'abord s était hâtée de critiquer violemment la pièce.

Psyche, tragi-comédie et ballet en trois actes, destinée à une fête donnée par Louis X1V aux Tuileries, vit l'assaciation des deux grands génies créateurs de notre théitre, Molière et Corneille. Ce dernier a placé dans la bouche de l'Amour, qui exprime sa jalousie à Psyché, quelques vers d'une grâce enchanteresse.

Les Fourberies de Srapin parurent pour la première fois le 24 mai 1671 : elles ont attiré à l'auteur , de la part de Boileau , ce reproche qui, pris dans sa généralité, est souverainement injuste, celui d'avoir allié Térence à Tabarin. Molière avait peint, dans Pourceaugnac, les ridicules que les gens de la province apportent à Paris ; dans la Comtesse d'Escarbagnas, il censura les ridicules apportés en province par les gens de Paris. La pièce des Femmes savanles , qui forme le complément des Précieuses ridicules, fut méconnue par le public ; aujourd'hui, l'ouvrage, dès longtemps vengé par les hommes de goñt, passe pour une des meilleures comédies qui existent Le Malade imaginaire (1673) termina la carrière dramatique de Molière.

Ce grand écrivain, cet excellent homme, était, comme on le sait, fort malheureux dans son intérieur, par suite de la jalousie que lui causait la légèreté de sa femme. 11 trouva toutefois quelques consotations à son état dans les soius touchants qu'il prodiguait à l'enfance du célcbr'e comédien Baron , son fils adoptif et son élève. La femme de Molitre voyait avec peine les sacrifices de son mari pour ce jeune homme, qu'elle osa frapper brutalement, dans un moment de violence. Baron , ainsi humilié, quitta quelque temps la maison de son protecteur, et n'y revint que sur sa demande expresse. Chapelle aurait également pu porter quelque adoucissement aux malheurs de celui qu'il appelait son ami le grand homme : mais, quoique sincèrement attaché à Molière , il ét:it trop occupé de ses plaisirs pour qu'on püt attendre de lui ces soins continuels dont un cœur malade a besoin. Molière, que Ja folle dissipation de Chapelle affligeait beaucoup, se lia avec Roband ct Mignard, l'un physicien, l’autre peintre célèbre ; mais il était surtout uni par un attachement sincère avec Despréaux , qui le piyait de retour, et le regardait comme le plus beau génie du siècle On s'aflige en pensant que Racine ait pu rester brouillé avec Molière , qui lui avait ouvert la route, et avait donné de nobles encouragenients à sa muse naissante. Les pins grands personnages du siècle professaient une haute estime :’our Molicre. Le prin ede Condé aimait l’auteur et son talent ; il considérait l'homme et son caractère; il exigeait que Molitre viut le voir souvent, et disait qu'il trouvait toujours à appreudre dans sa conversation. Les porlraits que Mignard nous a laissés de Molière donnent uue idée assez favoralile de sa personne. A l'égard de son caractère, il fut doux, complaisant, généreux , porté, comme son esprit, à la mélancolie. L'äme de Molière semblait être au niveau de son génie ; il u°y en avait pas une plus droite ct plus éle-

HR ILAR 28,22 67.7 0 0 9 0 99 0 2.9 7. 0 9 9 99 9 € ? QD 9 5 2? 9 D 0 PSFSSÉ ETS SSTSTS 5 00 earseresr er re

RH RER Res see DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. 521

vée. La con‘emplation babituclle des vices et des travers de l'humanité ne lui avait fait ni hair ni mépriser les hoinmes; il croyait à leurs vertus, voyait avec indulgence leurs faiblesses, avec compassion leur misère. Un piuvre comédien, nommé Mondorge , qui avait été son camarade en province, vint un jour chez lui pour so'liciter quelque secours, Baron se chargea de la supplique « Il est vrai, dit Molière , que nous avons joué la comédie ensemble : c'est un fort honnête homme, et je suis fâché que ses petites affaires soient en mauvais état. Que croyez-vous que je doire lui donner ? — Quatre pistoles , répondit en hésitant Baron. — Je vais lui donner quatre pistoles pour moi, répondit Molière ; en voilà ringl que rous lui donnerez pour Tous. » Aussitôt il se fait présenter Mondorge, l’accueille affectneusement, et joint au don pécuniaire celui d’un magüifique habit de théâtre , dont il pré:end n'avoir pas besoin. Un autre jour, il avait fait l’'aumôûne à un pauvre : un instant après, le pauvre court après lui, et Jui dit : Monsieur, vous n'avez peut-élre pas dessein de me donner un louis d'or; je riens vous le rendre. — Tiens, mon ami ; lui dit Molière, en voilà un autre, et il s’écrie : Où la probilé va-t-clle se nicher? Exclamation qui, expliquée par la libéralité , est l'expression de la pensée d’un philosophe et d'un ami de l'humanité, accoutumé à réfléchir sur les cruelles épreuves de la vie du pauvre aux prises avec tous les besoins.

Molière était à la fois comédien et auteur : il tenait à ses prérogatives de directeur , aimant à haranguer dans les circonstances solennelles, à intervenir devant le parterre, souvent orageux. On raconte qu'un jour il réussit à apaiser messieurs les mousquetaires de la maison du roi, tellement furieux de ce qu'on avait supprimé leurs entrées, qu'ils tuèrent à coups d'épée le portier du théâtre. Dans une autre occasion il fit à Louis XLV un compliment ingénicusement tourne, qui lui valut l'honneur de voir sa troupe reyèlue du titre de troupe du roi. Comme acteur, ses contemporains s'accordent à lui reconnaitre une grande perfeclion dans le jeu comique, mais une perfection acquise à force d'étude et de volonté. « La nature , écrivait mademoiselle Poisson, fille du comédien de ce nom, lui avait refusé les dons extéricurs , si nécessaires au th:âtre, surtout pour les rôles tragiques. Quand il lisait ses pièces aux comédiens, il voulait qu'ils ÿ amenassent leurs enfants pour tirer des conjectures de leurs mouvements naturels. » 11 se soumettait encore à une autre surte d'cpreuve : dès qu'il avait écrit une scène destinée à rendre fidèlement les mœurs populaires, il la lisait à la vicüle Laforest, sa servante, et s'en rapportait à l'impression que la bonne femme paraissait éprouver.

Quoique le genre de talent de Mol ère , comme acteur, le portät exclusivement vers les rôles comiques, il avait un faible pour la couronne de lauricr et le manteau tragique. La lutte qu'il soutint avec l'hôtel de Bourgogne, et dont l'Impromptu de Ve:sailles contient plus d’un détail piquant , prouya toutelois que sa direction , dans le genre sérieux, si ce n'est son exécution, était parfaite. Mascarille, dans les Prérienses ridicules, se mo jue des comédiens ignorants qui récilent camme l'on parle. Molièreet satroupe étaient de ceux-ci. On croirait, dans l’Im promplu , entendre les conseils de notre T'alma sur Nicomède. |

Page 1