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de terre, mais que le corps s’en irait directement an cimetière Saint-Joseph, sans étre présenté à l'église. Mais deux cents personnes , ayant des flambeaux à Ja main, suivirent son convoi, que deux prêtres conduisaient en silence. Molière était à peine mort, qu'on lui rendit uue éclatante justice. On saît les m:gnifiques vers de Boi'eau sur la pere irréparable que les théâtres de la France venaient de faire. Depuis, la réputation de Molière a toujours été en croissant ; le xvin siècle l'a proclamée avec une sorte d'orgueil philosophique. A part certaires sévérilés de Jean-Jacques, et quelques réserves de Thomas, de l’ami de madame Necker, en faveur des Femmes savantes, personne n’a élevé la voix pour rabaisser l'immortel génie de l’auteur de TJ'artuffe et du Misanthropc.
Jetons maintenant un coup d'ail rapide sur les diverses productions de ce genie supérieur.
L'Étourdi, pièce imitée de l'Inadrertito, comédie italienne , état un ouvrage remarquable à l'époque où il parut. On y doit louer le comique franc de plusieurs situations , une imagina ion féconde , un dialogue gai, rapide , na‘urel et approprié à chaque personnage.
Dans le Dépit amoureux, imité de l'/nseresse de Nico/o Serchi. onapplaudit encore avec plaisir la scène de brouille et de réconciliation entre Éraste et Lucie, scène franchement comique, plusieurs fois répétée par Molière , mais jam:is avec autant de bonheur. Le fond du sujet manque de vraisemblance et le plan de clarté. Mais on peut citer comme modè'e de bonne gaieté la septième scène du deuxième scle , la troisieme et la quatrième de Face suivant.
L'apparition des Précieuses ridicules porta ‘un coup mortel au bel esprit, au mauvais goût, au jargon dont Voiture, les romans de mademoiselle de Scudéry, et l'hôtel de Rambouillet avaient infecté la ville et la cour.
L'École des maris affermit pour jamais la réputation de Molière; c'est à la fois une comédie de mœurs, de caractère ct d'intrigue. Le dénoueinent de l'École des maris est vraisemblable, naturel et tiré du fond de l'intrigue.
A l'époque où parut l'Ecole des femmes , le théâtre de Molière étaii euvahi par des farces moitiéitaliennes, moitié françaises, que la concurrence avec le célèbre Scaramouche avait rendues nécessaires. Les mêmes spectateurs qui applaudissaient sans réserve à des farces monstrueuses se trouvirent fioids devant la nouvelle comédie , l’un des chefs-d'œuvre de Molière. Cette pièce est presque toute en conversation. On parle, on circule, il semble qu'on agisse. De simples confidences deviennent des situa:ions dramatiques ; il n’y a aucun mouvement sur la scène et tout y parait animé. Les envieux, les sots et les prudes, s'éta'eut ligués contre l'œuvre nouvelle; Molière voulut les en punir, et fit la Critique de l’Erole des femmes. Encore un Sgauarelle dans le Mariage forcé; ce nom est défiuitivement un symbole sous la plume de Mo'ière. Celui-ci veut épouser à cinquante-trois ans une jeune file de dix-neuf. 11 y a dans cette petite comédie qu'on néglige trois scènes qui sont des chefs-d'œuvre de vérité comique ct d'ingénieuse bouffonnerie.
L'original de la comédie bizarre du Festin de Pierre est de Triro de Molina, auteur espagnol. Il est intitulé
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