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el! Conbidado de Piedra (le Convié de Pierre). Séducteur perfide, amant infidèle , époux coupable, débiteur insolvable, duelliste audacieux, seigneur insolent, maitretyrannique, railleur crutl, douleur effréné, fils sans tendresse, atbée sans pudeur, hyporrite redoutable , parce qu'il met uné habileté rare et de brillantes qualités au service de son abominable vice, Don Juan est le modèle d’une perversité satanique qui offre un afireux développement de ce'le du Tartufr. Il fallut une grande puissance de talent dans l'inventeur, pour égayer cette sombre physionomie de méchant qui a des traits de Richard III , de Shakespeare. Dans la pièce de Molière, l'exposition est heureuse ; [a scène où Don Juan se révèle tout entier est admirable de tout point et écrite de verve. La première scène du deuxième ace, la cinquième da même acte, où Don Juan trompe les deux paysannes, sont du meilleur comique. La troisième scène du quatrième acte, entre Don Juan ct M. Dimanche, excite toujours la plus franche gaieté. Tout le monde connait la deuxièine scène du cinquième acte; sur l'hypocrisie : c'est peut-être une des plus énergiques et des plus éloquentes inspirations de Molière.
Nous voilà arrivés à l'un des vrais chefs-d'œuvre de Molière, le Misanthrope, cette création si profonde et l'une des plus morales de son auteur. Alceste est vertueux, fidèle à ses engagements, à ses amitiés, à ses amours, vrai et désintéressé; mais il n'a trouvé dans le monde que mauvaise foi, sordide intérêt, vile ambition , orgucil démesuré. Dès lors, il veut rompre en visière à tout le genre humain. Telle est l'expression du caractère principal de cette comédie. Alceste remplit les cinq actes de la pièce, sans que si présence prodiguée atténue l'effe: théatral qu'elle produit toujours: c'est qu'il est taillé dans le vif du cœur humain ei qu'il attire d'unanimes sympathies. La coquette Célimène est une création heureuse , qui repose sur une étude vraie et profonde. Si Molière s'est gardé de donner à sa coquette la sensibilité et l'élévation de l'âme; c’est que tous les généreux intérêts, toutes les nobles inspirations meurent en naissant dans un cœur où règne une seule idée, un seul désir, celui de plaire pour éclipser une rivale, ou recucillir des hommages qui ne flattent qu'un vain orgucil. Le rôle de Célimène e:t babilement mis en contraste avec celui de la prude Arsinoë, qui est aussi coquette que sa rivale , mais avec une sorte d'hypocrisie qui cache ses faiblesses, Le Misanthrope eut peu de succè.; il fallait des connaisseurs pour comprendre et applaudir ce chef-d'œuvre.
Le Médecin malgré lui, dont un de nos vieux fabliaux a fourni le sujet, réussit mieux que le Misanthrope. Ja mais pièce , destinée à exciter le rire , ne remplit mieux son but.
Euripède et Archippus avaient traité le sujet d' Am phitryon chez les Grecs. Plaute le leur emprunta, ct se fit longtemps applaudir à Rome. Molière, imitant à son tour
le comique latin, a pris toute sa pièce, hors les scènes de | :
Sosie et de Cléanthis. Le rôle de Sosie est l'un des plus comiques de notre théâtre. Voltaire regarde cette pièce comme faite pour plaire aux plus simples, aux plus groisiers, comme aux plus délicats; mais on conçoit sans peine que Fénelou voulüt d'autres exemples et d'autres mœurs sur la scène française. L'Amphitryon est la première pièce écrite en vers libres par Molière, et aucun auteur
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comique ne l'a égali dans ce genre où La Fontaine l'a surpassé par un art infini que l'on n'apprécie qu'à la réflexion. Le style de La Fontaine est un style plus savant qu'on ne pense.
La comédie de l’Arare est mise aux rangs des moilleures productions de Molière. Quoique imitée de Plaute, dans quelques traits comiques, le génie original et créateur de natre poëte l'a frappée d'un sceau particulier : carictères, intrigues, mœurs, plaisanterie, contrastes babiles, dialogue plein de chaleur et de vérité, mots co- | miques , tout est à Molière. Quel rôle incomparable que celui d'Iirpagon! On s'étonne de la souplesse, de l'étonnante variété du talent de l'auteur, de sa merveilleuse aptitude à saisir un vice, un ridicule et à le traduire jusque dans ses moindres nuances. « Et dans le déve!oppe- » ment du caractère principal! pas un mot, pas un trait qui n'aille au but. Quelle leçon morale, quelle haute satire que la scène où le père se trouve convaincu de la plus infäme usure, devant son propre fils! Quoi de plus entraînant que Île fameux monologue qui termine le quatrième acte! quelle connaissance de la passion! quel art de la pousser à bout ct de la rendre dramatique, instructive et comique à la fois!
Le Bourgeois Gentilhomme, dit Vollaire, est un des plus heureux sujets de comédie que le riducule des hommes ait jamais pu fournir. Quelques-uns des meilleurs traits de cette pièce, entre autre la scène du bourgeois gentilhomme avec s1 servante, rappellent la comédie des Nuées. Nous dirons peu de chose des Fourberies de Scapin. Cependant cette pièce, qui a motivé un arrèt trop sévère de Boileau, contient des scènes du plus excellent comique, et que le seul Molière était capable de produire. Il y a dans le rôle de Scapin une verve de plaisanterie et une sorte de chaleureuse éloquence qui communique la vie à plusicurs des scènes où ce personnage se trouve.
Les Femmes savantes ont été égalées au Misanthrope et à Tarlufe, dont nous allons bientôt parler. Jamais sur aucune scène l'esprit ne combattit mieux la sottise. C'est la raison qui domine dans cette pièce et en fait le plus grand charme, c'est elle qui prenant tous les tons, parlant tous les langages, inspire les discours fins et délicats du courtisan Clitandre, les boutades heureuses du bourgeois Chrysale , et les saillies parfois ingénieuses de Martine.
Le Malade imaginaire commence sur le ton d'une ex- .
cellente comédie et dégénère en farce. Les deux premiers actes sont un tableau fidèle de la vie humuine, le reste prend un caracière d'invraisemblance chaquante. Le caracière du Bourgeois gentilhomme est tracé de main de maitre. Le vrai génie de Molière, de Molière à l'apogée de sa gloire, éclate dans l’immortelle comédie du Tartufe, quiest un chef-d'œuvre complet. Un faux dévot
reçu chez un homme simple et bon, veut corrompre sa femme e! devenir à la fois son gendre et son unique héritier. Il est pris dans ses piéges et honteusement démasqué. Voilà tout le sujet. Choix des personnages, variété de caractères, d'äges, de passions , de situations ; habile enchainement des scènes, progression d'intérêt dans les actes; enfin toutes les éminentes qualités de la comédie se rencontrent au plus haut degré dans cette pièce. L’or-
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