‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 691 sur 914 · PH EME REIMS · texte numérisé non relu

PH EME REIMS

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Là-dessus, au fond des forèts Le loup l'emporte , et puis le range, Sans autre forme de procès.

brité, lorsque la fameuse duchesse de Bouillon, nièce du cardinal Mazarin, fut exilée à Château-Thierry. Elle s'empressa d'accueillir La Fontaine , qui revintavec sa protectrice à Paris, où bientôt Jacmard, favori de Fouquet, le mit dans les bonnes grâces du surintendant. Fouquet adopta La Fontaine et lui fit une pension. On sait comment le poëte a immorialisé sa reconnaissance, pendant

la disgräce et le procès de Fouquet. Pourvu d’une charge

de gentilhomme chez la célèbre Henriette d'Angleterre, La Fontaine perdit bientôt une position si brillante ; la princesse fut enlevée par cette mort imprévue et terrible quia si bien inspiré l’éloquence de Bossuet.La Fontaine cut

d'illustres protecteurs; mais il rencontra une véritable .

providence dans madame de la Sablière. Dégagé de tout embarras, de tout soin domestique, par cette excellente fenime , il passa vingt ans chez elle, dans le doux com-

. merce des Muses qui, durant cette époque tr:nquille et

fortunée', lui inspirèrent ses plus beaux ouvrages. Madame de It Sablière se Chargea du bonheur de La Fontaine; il se chargea de la gloire de sa bienfaitrice. Aussi, jusque dans la dernière postérité, le souvenir de madame de la Sablière s’unira à celui du poëte qui composa pour elle la plupart de ses chefs-d'œuvre. Ce fut chez cette femme distinguée qu'il connut Befnier , disciple de Gèssendi, qui prit plaisir à l'initier aux sciences ph'siques et

naturelles, ainsi qu'à la philosophie. Les fables de La

Fontaine attestent combien le commerce d'un esprit supérieur , tel que celui de Bernier, fut utile an poëte. La Fontaine alors âgé de soixante-deux ans , avait publié ses fables , ses contes, et différents petits poêmes ; il se mit sur les rangs, pour remplir une place vacante à l'Académie que recherchait aussi Boileau. Le fabuliste l'emporta sur le satirique; mais le roi fit la campagne de Luxembourg sans avoir donné son consentement à la réception. Sur ces entrefaites, M. de Beson étant mort, Boileau fut désigné pour son successeur. Le roi reçut trèsbien la députation de l'Académie.« Le choix que vous avez fait de M. Despreaux m'est fort agréable; il sera approuvé de tout le monde: vous pouvez incessamment recevoir La Fontaine, il a promis d'être sage. + L'Académie, sans attendre le retour de Boileau qui était en Flandre, mit le p'us flatteur empressement à recevoir La Fontaine. On reproche à Colbert, dont La Fontaine fut le successeur comme académicien, d'avoir fait expier au poêle son courageux dévouement à Fouquet. A en croire certaines traditions, La Fontaine aurait été méconnu de son siècle. Rien

de moins fondé que cette opinion ; il comptà au contraire

des anis parmi les personnages les plus distingués de la cour de Louis XIV, et parmi les écrivains les plus renommés pour la délicatesse de leur esprit; dans les premiers, on remarque Turenne, le duc de Vendôme, le grand prieur, le duc de La Rochefoucault, madame de La Fayette , Bussy- Rabulin, madame de Sévigné, le prince de Conti, le duc de Bourgogne ; on peut citer parmi les seconds, Boileau

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