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; Racine Fénelon, Molitre, Chapel'e, Chaulienu, de 1 a- “> fare, le président de Harlay, le savant Huet. Saint-Évremont, qui fut aussi l’un des admirateurs de La Fontaine, > voulut l'attirer en Angleterre : les bienfaits du jeune duc je de Bourgogne retinrent le poëte dans sa patrie. Ce ‘le fut à peu près vers cette époque ( en 1692) que La Fondo faine tomba dangereusement malade et qu'on lui administra le viatique, après des souffrances pendant lesquelles il revint de bonne foi à la religion qu’il avait paru «; négliger. La Fontaine rét:blit cependant sa santé. A {a mort de madame de la Sablière, La Fontaine trouva un doux support aux infirmités de sa vieillesse. On connait sa rencontre avec M. d'Hervail, qui lui dit: « Venez loger chez moi. — J'y allais, » répondit La Fontaine. C'est dans la maison de cet hôte , également empressé de lui prodiguer les soins les plus tendres, que fidèle à la parole donnée pendant sa maladie, il traduisit en vers français “> les hymnes de l'Église : « J'espère, écrivait-il à son ai “7 Maucroix, que nous attraperons tous les deux quatre- > fingts aus, et que j'aurai le temps de finir mes hymnes.s La Fontaine mourut le {5 mars 1695, dans de graods
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+ sentiments de dévotion. Il avait ainsi composé son épi- % taphe: l ne:
do oo Jean s'eu alla comme !! était reno :
us Mangeant son fouds oprès son revenu, ds -Et crut les blens cbose peu nécessaire.
an Quant à son: temps, bien sut le dispenser : Ne Deus parts en 0t,. dont {l voulait passer ce L'une à dormir et l'autre à ne rieu faire. © ni ns ds ' : . ne “ Ce paresseux a pourtant travaillé beaucoup, et fait
æ» quelque chose, puisqu'il nous a donné des ouvrages im- 4 moriels. La Fontaine fut enterré dans le cimetière Saint- Joseph, au même endroit où, vingt-deux ons aupara- Je vant, on avait déposé le corps de son ami Molière.
“a La Fontaine, quoique presque toujours attaché aux ”” traces des anciens, eut un tel caractère d'originalité, qu'il perut avoir créé le genre de ln fable, et reçut le titre d'inimitable. NH s'empare d'une fable ancienne dont il prend les be:utés; il en rjoute de houvelles qu'il met en harmonie avec les autres, de manière qu'on les croirait sorties de la mème source et du même jet; ainsi, par exemple, si Phèdre cest trop sé- ° rieux, il lui prète de l'enjouement , et cet enjouement ‘%» plait comme le sourire qui éclaircit un. front sévère.
a « Le plus original de nos écrivains, dit La Harpe, en est aussi le plus naturel. 11 ne compose pas, il converse , il raconte, ilest persuadé, il a vu; c'est toujours un ami qui s’épanche , qui se trahit; il a toujours l'air de vous dire son secret , et d'avoir besoin de vous le dire. Il se plie à tous les tons, ct il n’en est aucun qui ue semble être parfaitement le sien : La Fontaine charme toujours et n'étonne jamais ; chez lui le sublime sort do source comme le familier.» Si La Fontaine , avec son art profond . mais caché sous le voile du naturel le plus exquis , plait tant aux esprits délicats et cultivés, on peut dire qu'aueun de nos poëtes n'est plus à l1 portée des ena fants. 11 semble quelquefois s'être fait petit et simple pour > eux; H aime à leur parler en quelque sorte une langue de “leur âge; et cette langue naïve il l’a empruntée à nos pèie res, plus simples que nous eu paroles comme eu £clions.
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Grâce à une espèce de sympathie particulière entre eux et lui,-les enfants comprennent souvent La Fontiine comme ils comprennent leur mère. La Fontaine est le Molière de la fable; ses apologues sont des comédies où lf morale emprunte l'attrait du pliisir et inspire la gaité la plus vive. Ce talent si rare de nous corriger eu vous faisant rire de nous-mêmes et des autres, et cetle certaine familiarité de langage, expliquent pourquoi La Fontaine est aussi l'homme du peuple, qui, quoicuc seusible aux beautés les plus sublimes, aime assez qu'on se rapproche de lui en parlant. La Fontaine semble avoir fait lui-même l'éloge de son livre par les vers suivants :
Les fables ne sont pas ce qu'elles sembicnt être; Le plus simple animol nous y tient lieu de malire, One morale nwe epporte de l’ennul:
Le conte fait passer le prêcepte ave lul.
En ces sortes de feinte H faut lustruire et, platre.
Le livre de La Fontaine «est ua trésor de leçons et d'exemples pour tous les âges et toutes les conditions de Ja vie. La Cigale et la Fourmi apprennent à l'enfant, comnx
à l'homme, les aventages du. travail et de l'économi-..
Plus {ouchantes et non moins instructives, les deux fables qui ont pour titres : Le Lion et le Rat, la Colombe et la Fourmi, uous rappellént qu'on a souvent besoin d’un plus petit que soi, et que la reconnaissance est à la fois un plaisir et un devoir : pour mieux nous inculquer cette vérité, notre ami, car La Fontaine a vraiment mérité ce tilre, nous prémunit dass sa fable du Cerf et de la Vigne, coutre le vice affreux de l'iugratitude. 11 nous répète la mème leçon dans la fable du Serpent et du Villageois, que termioent ces deux vers: |
Quant aux ingrats, fi n'en est point Qui ue meure enfin misérable.
La fable du Loup devenu Berger, en signalant à n'itre esprit les dangers du rôle de trompeur , nous remet en mémoire cette expression proverbiale: « Tricherie revicut à son maitre. » Ou lit au bas de la fable où la greuouill: noie le rat qui s’est confié à son secours :
La ruse la mieux ouriie Peut nutre à son inventeur ; Et souvent la pertidie Retourne sur son auteur.
Avec le Vieillard et ses Enfants, nous comprenons que la discorde est une source de ruine pour les familles, tandis qu'au con'raire leur union fait leur prospérité. L'A4louette et ses pelits nous disent qu'il faut compter sur soi-même et ne pas s'attendre au secours des autres, pour accomplir ce que l’on doit faire. La touchante fible quia pour titre : le Lièvre et les Perdrix nous enseigne à ne jamais nous muquer des misérables. En lisant la fable du Cochet, du Chat et du Souriceau, l'enfance, qui est sujetie à se prévenir pour ou contre une personne , au premier aspect, se préscrvera de sa fâcheuse disposition à juger des gens sur la mine. De mème en lisant la fab'e du Rat et de l'Huitre, qui Ini donne une autre leç 1n, la jennesse se déficra de son inexpérience, et demandera conseil! avant
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