‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 70 sur 914 · D 000909 0000000900 200000999090 2000 SE · texte numérisé non relu

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Ou vous i envoiez de gent, Sans espargnier or ne argent.

Ahi! prelat de sainte Yglise, Qui, por garder les cors de bise, Ne volez aler aus matines, Messire Giefrois de Surgines Vous demande delà la mer ;

Mès je di cil fet à blasmer

Qui riens pule plus vous demande Fors bons vins et bone viande, Et que li poivres soit bien fors!

C'est vostre guerre et voz effors,

C'est vostre Diex, c’est vostre biens :

Vostre père i tret le siens.

Rustebues dist, qui riens ne çoile, Qu'’assez aurez d'un pou de toile, Se les pances ne sont trop grasses.

Et que feront les âmes lasses ?

Els iront là où dire n'ose.

Diex ert juges de ceste chose; Quar envoiez le redéisine

À Jhésucrist du sien méisme :

Se li fetes tant de bonté,

Puisqu'il vous a si haut monté.

Ahi! grant cler, grant provandier,

Qui tant estes grant viandier, Qui fetes Dieu de vostre pance, Dites-moi par quel acointance Vous partirez au Dieu roïaume, Qui ne volez pas dire .1. siaume Du Sautier (tant estes divers!) Fors celui où n'a que .11. vers?

Celui dites après mengier.

Diex veut que vous l’alez vengier Sanz controver nul autre essoine, Ou vous lessiez le patremoine Qui est du sanc au Crucefi.

Mal le tenez, je vous afi :

Se vous servez Dieu à l’église, Diex vous resert en autre guise, Qu’il vous pest en vostre meson :

C'est quite quite par reson ;

Mès se vous amez le repère

Qui sanz fin est por joie fère, Achetez-le que Diex le vent.

Tornoiïéor , vous que direz, Qui au jor du juyse irez ?

Devant Dieu que porrez respondre?

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que vous y envoyiez des soldats, sans épargner l’or

. et l'argent...

Ah ! prélats de sainte Église, qui pour préserver

|vos corps de la bise ne voulez pas aller aux matines,

messire Geoffroy de Sargines vous demande au delà de la mer ; mais je dis que celui-là mérite d’être blämé qui vous demande autre chose que du bon vin, de la bonne viande, et que le poivre soit bien fort. C’est là votre guerre, ce sont vos efforts , c'est votre dieu , c'est votre bien : votre père (le pape) y met le sien. Rutebeuf, qui ne cache rien, dit que vous aurez assez d'un peu de toile pour vêtement, à moins que vos panses ne soient lrop grasses. Mais que feront vos âmes infortunées ? — Hélas! elles iront où je n'ose dire. Dieu sera juge de cette chose. Envoyez donc à Jésus-Christ le dixième de son propre bien , et inontrez-lui tant de bonté, puisqu'il vous a montés si haut.

Ah! grand clerc, grand prébendier, qui aimez tant la viande, qui faites de votre panse un dieu, dites-moi par quel moyen vous gagnerez le royaume céleste, vous quine voulez pas direun seul psaume du psaulier, si ce n'est celuioù il n’y a que deux versets ? celui que vous dites après votre repas ? Dieu veut que vous l’alliez venger , sans chercher aucun délai, ou que vous laissiez le patrimoine formé du sang de Jésus-Christ. Vous en usez mal, je vous assure ; car si vous servez Dieu à l'église, Dieu vous sert d'autre sorte ; il vous nourrit dans votre maison ; donc vous êtes quittes, mais si vous aimez le lieu où il y aura joie sans fin, achetez-le ce que Dieu le vend.

Et vous, coureurs de tournois, que direz - vous quand ce sera le jour du jugement ? Que pourrezvous répondre devant Dieu? car les clercs ni les

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