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« Puissantes déités qui peuplez cette rive
Préparez , leur dirois-je, une oreille attentive Au bruit de mes concerts ;
Puissent-ils amoîlir vos superbes courages
En faveur d'un héros digne des premiers âges Du naissant univers!
Non, jamais sous les yeux de l'auguste Cybèle,
La terre ne fit naître un plus parfait modèle Entre les dieux mortels ;
Et jamais la vertu n’a, dans un siècle avare,
D'un plus riche parfum ni d'un encens plus rare Vu fumer ses autels.
C'est lui, c'est le pouvoir de cet heureux génie
Qui soutient l'équité contre la tyrannie D'un astre injurieux :
L'aimable vérité, fugitive, importune,
N'a trouvé qu'en lui seul sa gloire, sa fortune, Sa patrie et ses dieux.
Corrigez donc pour lui vos rigoureux usa’es;
Prenez tous les fuseaux qui, pour les plus longs âves, Tournent entre vos mains.
C'est à vous que du Styx les dieux inexorables
Ont confié les jours, hélas ! trop peu durables, Des fragiles humains.
Si ces dieux, dont un jour tout doit être la proie, Se montrent trop jaloux de la fatale soie Qüe vous leur redevez, Ne délibérez plus : tranchez mes destinées , Et renouez leur fil à celui des années Que vous lui réservez”.
Ainsi daiyne le ciel, toujours pür et tranquille, Verser sur tous les jours que votre main nous file Un regard amoureux !
Et puissent les mortels , amis de l'innocence, Mériter tous les soins que votre vigilance Daigne prendre pour eux! »
C'est ainsi qu’au-delà dé la fatale barque,
Mes chants adouciroient de l'orgueilleuse Parque L'impitoyable loi ;
Lachésis apprendroit à dev enir sensible;
Et le double ciseau de sa sœur inflexible Toimberoit devant moi.
4 Rousseau brave en cet endroit une difficulté que Virgile n'a point osé aborder ; inais à la vérité il s'agissait de trouver, pour fléchir les dicux du Tartare, des chants digues d'Orphée. Virgile s'est contenté dg nous montrer le merveilleux cffet des accords d'Orphée, le Tartare frappé d'admiration dans ses plus profonds atf:ncs , les Enméuides et leurs serpents ältentifs, la roue d'fxion un motncut ininobile , et les troi: gucules béantes de Cerbère.
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