LA MORT DE J.-B. ROUSSEAU
SES 2, SP me), ——-
UAND le premier chantre du monde Élevez le pompeux trophée
Expira sur les hords glacés Que vous demande son cercueil. T7 Où l'Hèbre, effrayé dans son onde, Laissez, par de nouveaux prodiges, Re Reçut ses membres dispersés , D'éclatants et dignes vestiges EG {es Le Thrace, errant sur les montagnes, D'un jour marqué par vos regrets :
Remplit les bois et les campagnes Ainsi le tombeau de Virgile
Du cri perçant de ses douleurs; Est couvert du laurier fertile
Les champs de l’air en retentirent, Qui par vos soins ne meurt jamais.
Et dans les antres qui gémirent
Le’lion répandit des pleurs ". D'une brillante et triste vie
Rousseau quitte aujourd'hui les fers ; La France a perdu son Orphée. Et, loin du ciel de sa patrie, Muses, dans ces moments de deuil, La mort termine ses revers.
D'où ses maux prirent-ils leur source ? Quelles épines, dans sa course,
+ Ce début, dit La Harpe, est beau comme l'antique, beau Étouffoient les fleurs sous ses pas ? comme Horace et Pindare. Rien n'est plus heureux que de : : commencer ici par la mort d Orphée, et ce tableau était le Quels ennuis , quelle vie errante! seul où le lion répandant des pleurs, qui est d'un si grand ef- Et quelle foule renaissante fet, pat se trouver naturellement placé, à cause du souvenir D'adversaires et de combats!
des merveilles que la fable attribuait à la lyre et à la voix du
fils d'Orphée. Virgile a dit dans sa cinquième églogne : di Jusques à quand , mortels farouches ,
paphol, tuum pœnos etlam ingemuisse leoncs Vivrons-nous de haine et d'aigreur ? luteritum , montesque feri sylvæque loquuntur. Prêterons-nous toujours nos bouches Daphois , entends redire à ces forêts sauvages, Au langage de la fureur ?
Que même dans l'Afrique, au bruit de ton malbeur, Les llons consternés rugissalent de douleur.