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Implacable dans ma colère,
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Je m'applaudis de la misère
De mon ennemi terrassé;
Il se relève , je succombe,
Et moi-même à ses pieds je tombe, Frappé du trait que j'ai lancé.
Du sein des ombres éternelles, S'élevant au trône des dieux, L'envie offusque de ses ailes Tout éclat qui frappe ses yeux.
Quel ministre, quel capitaine, Quel monarque vaincra sa haine Et les injustices du sort ?
Le temps à’peine les consomme ;
Lefranc (Jean-Jacques, marquis de Pompignan } naquit à Montauban le 17 acût 1709, d’une famille de magistrats, Destiné à suivre la carrière du barreau, il étudia d’abord chez les jésuites’, et fit ensuite une étude approfondie des lois et de la jurisprudence. Jeune encore. il fut nommé avocat-général à la cour des aides de Montauban. Dès ce moment, on le vit se dévouer à la réforme des abus ; mais son zèle l’ayant emporté trop loin, ceux qui s'étaient crus attaqués par ses discours le firent exiler. Magistrat estimé, auteur d'odes sacrées, où l’inspiration du modèle se fait quelquefois sentir ; recommondé par le succès de laftragédie de, Didon, qui offre quelques scènes pleines de passion et un style ‘en général élégant et pur, Lefranc de Pompignon vit les portes de l'Académie française s'ouvrir'devant lui en 4759: c'est alors qu'il se déclara avec quelque violence contre les philosophes dont il se fit des ennemis redoutables. Voltaire décocha contre le nouvel académicien les plus piquantes épigrammes. Devenu presque ridicule, Lefranc cessa de paraître au Louvre pour se retirer à la campagne. Il y passa sa vieillesse dans une retraite profonde, en cultivant toujours les lettres qu'il aimait avec passion. Ce poëte, qui vaut mieux que sa réputation, mourut à Pom-
. pignan, le 1e" janvier 1784, à l’âge de soixunte-quinze
Et, quoi que fasse le grand homme, Il n'est grand homme qu'à sa mort.
Le Nil a vu sur ses rivages
Les noirs habitants des déserts Insulter par leurs cris sauvages L'astre éclatant de l'univers.
Cris impuissants , fureurs bizarres !
Tandis que ces monstres barbares , Poussoient d'insolentes clameurs , Le dieu , poursuivant sa carrière, Versoit des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs".
ans. Outre les ouvrages déjà cités, nous avons encore de lui une traduction complète des Géorgiques, de quelques morceaux de l'Énéide, d'Ovide et d'Horace.
4 « Je ne connais pas de plus grande idée rendue par une plus grande image, ni de vers d'une harmonie plus imposante. Il n'y a pas dans Rousseau même une strophe que je préférasse à celle-là.» On lit encore dans La Harpe après cette note : « L'ode de Lefranc était imprimée depuis vingt ans, et inconnue de tout le monde comme cette belle strophe. Elle se grava surtout dans ma mémoire, et j'en étais tout plein lors de mon premier voyage à Ferney, en 1768. Je trouvai bientôt l'occasion d'en parler à Voltaire , sans ancun air d'affectation, à table, et en présence de vingt personnes. J'eus soin seulement de ne pas nommer l'auteur. Je me défiais un peu de l'homme et je voulais l'avis du poëte. Il jeta des cris d'admiration : c'était sa manière quand li entendait de beaux vers : jamais il ne les a écoutés froidement : 4h ! mon Dieu, que cela est beau! Eh! qui est-ce qui a fait cela ? Je m'amusai quelque temps à le faire deviner; enfin je nommai Pompigaan. Ce fut comme un coup de théâtre: les bras lui tombèrent, tout le monde fit silence et fixa les yeux sur lui. « Redütes-moi la strophe. » Je la répétai, et l'on peut imaginer avec quelle sévère attention elle fut écoutée. « Il n'y a rien à dire ; la strophe est belle. »