‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 763 sur 914 · SONGE · texte numérisé non relu

SONGE

RÈS de ces noirs détours que la rive infernale Forme à replis divers dans cette ile fatale, J'ai cru longtemps errer parmi des cris affreux, Que des mânes plain!ifs portaient jusques aux cieux.

Parmi ces tristes voix, sur ce rivage sombre, J'aicru d'Ærope en pleurs entendre sémir l'ombre Bien plus, j'ai cru la voir s'avancer jusqu à moi, Mais dans un appareil qui me glaçait d'effroi.

« Quoi! tu peux t'arrêter dans ce séjour funeste ! Suis-moi , m'a-t-elle dit, infortuné Thyeste. »

Le spectre, à la lueur d'un triste et noir flambeau , A ces mots, m'a tralné jusque sur son tombeau. J'ai frémi d'y trouver le redoutable Atrée,

Le geste menaçant et la vue égarée,

Crébillon ( Prosper Jolyot de), naquit à Dijon le 15 février 1674. II fit ses éiudes chez les jésuites et acheva rapidement ses humanités. Une anecdote, que l'abbé d'Olivet a souvent racontée, nous apprend que Crébillon annonça dès le collége les talents qui devaient lui faire un nom. Les jésuites avaient des registres secrets sur lesquels ils écrivaient le nom de chaque écolier, avec une note en latin sur ses dispositions, son esprit et son caractère. La note de Crébillon portait : puer ingeniosus, sed insignis nebulo (enfant plein d'esprit, mais insigne vaurien).

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