DE LA MORT D'ABEL
CAIN
Il est trop légitime :
Le supplice jamais n'égalera mon crime.
Je saurai le subir. Je fuis loin de ces lieux. Bois épais, rocs déserts , antres silencieux, Recevez et cachez ma tête criminelle ;
Oui, je cours embrasser votre horreur qui m'appelle. Je pars.
MÉHJALA.
Je te suis.
CAIN
Reste.
MÉHALA.
Eh! nos nœuds.
CAIN
Sont rompus.
MÉHIALA.
N'es-tu pas mon époux ?
CAIN
Non, je ne le suis plus.
Laisse-moi seul au sort que le Ciel me prépare : De toi, du monde entier, mon crime me sépare. | MÉHALA.
Tes ils, ta femme...
CAIN
Adieu.
MFHALA.
Non, je m'attache à toi.
CAIN
Je ne suis pas puni si tu pars avec moi.
0 Q 000000000000 F9 Sn 1 LOT D BED D0D00000RC
E monde a conspiré la perte d'un seul homme,
Et la nature entière est d'accord avec Rome.
De son sein l'Océan m'écarte avec effroi,
La terre me repousse et s’ébranle sous moi.
C'est en vain que la nuit, moins cruel!e et plus sombre,
Favorise mes pas et me prête son ombre ;
1%, Au défaut'du soleil , la foudre ici me luit,
Et montre à l'univers qu'enfin Marius fuit!
Par d'étonnants revers le sort veut que j'expie
% Les étonnants succès qui signalent ma vie.
IL veut faire admirer à la postérité
Mon infortune autant que ma prospérité.
Tout se tait : tout a fui dan+< une horreur profonde,
Et seul je semble errer sur les débris du monde.
+ Je n'irai pas plus loin : j'attends ici mon sort;
‘Ce n’est pas d'aujourd'hui que je brave la mort.
Demanderai-je aux dieux qu'un trépas plus illustre
Au nom de Marius ajoute un nouveau lustre?
Quarante ans de combats m'ont épargné ce soin, Et pour être immortel je n'en ai pas besoin.
Expirer loin de Rome en cette solitude,
N'est-ce pas la punir de son ingratitude ?
Je l'abandonne en proie au plus pressant danger : % Oui, me laisser mourir c'est assez me venger.
< Teutons, Cimbres, Gaulois, que ce jour vous rallie :
« C'est Marius qui parle.
ONPITIPFEUNIT