ACTE III, SCÈNE XI
T moi. Car à mon touril faut que je réponde", Et que par mille faits enfin je vous confonde, Je vous soutiens, morbleu! qu’ici- bas tout est mal, W" Tout, sans exception, au physique, au moral. % Nous souffrons en naissant, pendant la vie entière, Et nous souffrons surtout à notre heure dernière. > Nous sentons, tourmentés au dedans , au dehors, < Et les chagrins de l'âme et les douleurs du corps. < Les fléaux avec nous ne font ni paix nitrève; X Ou la terre s'entr'ouvre, ou la mer se soulève. Nous-mèêmes à l'envi, déchaînés contre nous, Comme si nous voulions nous exterminer tous, + Nous avons inventé les combats, les sapplices. + C'était peu de nos maux : nous y joignons nos vices. + Aux riches, aux puissants, l'innocent est vendu; LL On outrage l'honneur, on flétrit la vertu. % Tous nos plaisirs sont faux, notre joie indécente ; + Onest vieux à vingt ans, libertin à soixante. + L'hymen est sans amour : l'amour n'est nulle part ; % Pour le sexe on n'a plus de respect fi d'égard.
5 * C'est M. Moronval qui parle.
On ne sait ce que c'est que de payer ses dettes, Et de sa bienfaisance on remplit les gazettes; On fait de p'ate prose et de plus méchants vers; On raisonne de tout, et toujours de travers;
Et dans ce monde enfin, s'il faut que je le dise, On ne voit que noirceur, et misère, et sotlise.
M. DE PLINVILLE.
Voilà ce qui s'appelle un tableau consolant !
Vous ne le croyez pas vous-même ressemblant.
De cet excès d'humeur je ne vois point la cause. Pourquoidoncs'emporter, monami , quand oncause? Vous parlez de volcans, denaufrage.… Eh'moncher, bemeurez en Touraine , et n'allez point sur mer. x Sans doute autant que vous je déteste la guerre ; Le Mais on s’éclaire enfin : on ne l’aura plus guère. L Bien des gens, dites vous, doivent : sans contredit Ils ont tort; mais pourquoi leur a-t-on fait crédit? & L'hymen est sans amour? ma femme a la réplique. L'amour n'est nulle part? consultez Angélique. Les femmes sont un peu coquettes ? ce n'est rien : Ce sexe est fait pour plaire; il s'en acquitte bien. Tous nos plaisirs sont faux? maïs quelquefois à table, À
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