FRAGMENTS DE LA SATIRE DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Tous les jours dans Paris, en habit du matin, Monsieur promène à pied son ennui libertin.
Sous ce modeste habit déguisant sa naissance, Penthièvre quelquefois visite l'indigence,
Et, de trésors précieux dépouillant son palais, Porte à la veuve en pleurs de pudiques bienfaits.
Cependant une vierge aussi sage que belle
Un jour à ce sultan se montra plus rebelle ; Tout l'art des corrupteurs auprès d'elle assidus Avait, pour le servir, fait des crimes perdus. Pour son plaisir d'un soir que tout Paris périsse ! Voilà que dans la nuit, de ses fureurs complice , Tandis que la beauté, victime de son choix, Goûte un chaste sommeil , sous la garde des lois, J1 arme d'un flambeau ses mains incendiaires,
Il court, il livre au feu les toits héréditaires
Qui la voyaient braver son amour oppresseur , Et l'emporte mourante en son char ravisseur.
Obscur, on l’eût flétri d'une mort légitime ;
Il est puissant , les lois ont ignoré son crime.