‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 816 sur 914 · FRAGMENTS DE LA SATIRE DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE LA SATIRE DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Tous les jours dans Paris, en habit du matin, Monsieur promène à pied son ennui libertin.

Sous ce modeste habit déguisant sa naissance, Penthièvre quelquefois visite l'indigence,

Et, de trésors précieux dépouillant son palais, Porte à la veuve en pleurs de pudiques bienfaits.

Cependant une vierge aussi sage que belle

Un jour à ce sultan se montra plus rebelle ; Tout l'art des corrupteurs auprès d'elle assidus Avait, pour le servir, fait des crimes perdus. Pour son plaisir d'un soir que tout Paris périsse ! Voilà que dans la nuit, de ses fureurs complice , Tandis que la beauté, victime de son choix, Goûte un chaste sommeil , sous la garde des lois, J1 arme d'un flambeau ses mains incendiaires,

Il court, il livre au feu les toits héréditaires

Qui la voyaient braver son amour oppresseur , Et l'emporte mourante en son char ravisseur.

Obscur, on l’eût flétri d'une mort légitime ;

Il est puissant , les lois ont ignoré son crime.

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