LA CAMPAGNE AU LEVER DU SOLEIL
LE crépuscule , ami de la saison nouvelle, Semble créer aux yeux les beautés qu'il révèle; L'aube, au front argenté, fait naître lentement Du réveil matinal l'incertain mouvement ;
Dans l'air qui s'éclaircit , l'alouette légère,
De l'aurore, au printemps, active messagère, Du milieu des sillons , monte, chante, et sa voix À donné le signal au peuple ailé des hois.
Sous des rameaux en fleurs, le rossignol tranquille Leur permet le plaisir d'une gloire facile :
Il sait que ses accents doivent rendre à leur tour Les échos de la nuit plus doux que ceux du jour. Souverain bienfaisant de la céleste voûte,
Et des heures en cercle entouré sur sa route, Le soleil a conduit son char étincelant,
Du signe du bélier vers le taureau brillant.
L'orient va s'ouvrir; de la séve animée
S'élève vers le Dieu l'offrande parfumée.
Le feu de ses rayons n'entr'ouvre point encor Les nuages voisins, qu'il change en vagues d'or; Mais son front se dévoile, et soudain la lumière Perce, vole, et s’étend sur la nature entière. Elle frappe, elle éclaire et rougit les coteaux, Dont la pente blanchit sous de nombreux troupeaux.
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Boisjolin (Jacques-François-Marie Vielh de), né à Alençou, en 1763, s'était fait connaitre de bonne heure par des poésies fugitives qui donnèrent, sur les tatents de