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SIECLE. 657 Au doux bruit des ruisseaux sous l'omhraze roulant; Je chantais, mes amis, comme l'homme respire, Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire, Comine l'eau murmure en coulant.
Aimer, prier, chanter, voilà tonte ma vie.
Mortels, de tous ces biens qu'ici-bas l'homme envie, À l'heure des adieux, je ne regrette rien;
Rien, que l'ardent soupir qui vers le ciel s'élance,
" L'extase de la lyre et l'amoureux silence
D'un cœur pressé contre le mien.
Un soupir! un regret! inutile parole !
Sur l'aile de la mort mon âme au ciel s'envole ;
Je vais où leur instinct emporte nos désirs;
Je vais où le regard voit briller l'espérance;
Je vais où va le son qui de mon luth s'élance, Où sont allés tous mes soupirs!
Comme l'oiseau qui voit dans les ombres funèbres,
La foi, cet œil de l'âme , a percé mes ténèbres ;
Son prophétique instinct m'a révélé mon sort.
Aux champs de l'avenir combien de fois mon âme,
S’élançant jusqu'au ciel sur des ailes de flamme, A-t-elle devancé la mort!
l'inscrivez point de nom sur ma demeure sombre;
Du poids d'un monument ne charsez pas mon ombre :
D'un peu de sable , hélas ! je ne suis point jaloux.
Laissez-moi seulement à peine assez d'espace
Pour que le maïheureux qui sur ma tombe passe Puisse y poser ses deux genoux.
Brisez , livrez au vent, aux ondes, à la flamme,
Ce luth qui n'a qu'un son pour répondre à mon âme :
Celui des séraphins va frémir sous mes doigts.
Bientôt, vivant, comme eux, d'un immortel délire,
Je vais guider peut-être , aux accords de ma lyre, Des cieux suspendus à ma voix.
Bientôt... mais de la mort la main sourde et muette
Vient de toucher la corde : elle se brise , et jette
Un son plaintif et sourd dans le vague des airs.
Mou luth glacé se tait... amis, prenez le vôtre,
Et que mon âme encor passe d'un monde à l’autre, Au bruit de vos sacrés concerts !