‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 852 sur 914 · DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIÈME

LL BD IC g 9 0 9 6 9 LIST ISIQIER NET CED IP TCE SG GS A 0 9 9 Q 9 9 CS F4 23050 a ER ts coco s dotée eo © d

SIÈCLE

Promenant, sur un roc où passent les orages, Sa pensée , orage éternel !

Qu'il est grand, là surtout ! quand, puissance brisée, Des porte-clefs anglais misérable risée,

Au sacre du malheur il retrempe ses droits;

Tient au bruit de ses pas deux mondes en haleine, Et mourant de l'exil, gèné dans Sainte-Hélène, Manque d'air dans la cage où l'exposent les rois!

Qu'il est grand à cette heure où, prêt à voir Dieu même,

Son œil qui s'éteint roule une larme suprême!

Il évoque à sa mort sa vieille armée en deuil,

Se plaint à ses guerriers d'expirer solitaire ;

Et, prenant pour linceul son manteau militaire, Du lit de camp passe au cercueil!

IT

À Rome, où du sénat hérite le canclave,

A l'Elbe , aux monts blanchis de neige ou noirs de lave, Au menaçant Kremlin , à l'Alhambra riant,

11 est partout ! — Au Nil je le retrouve encore. L'Egypte resplendit des feux de son aurore ;

Son astre impérial se lève à l'Orient.

Vainqueur, enthousiaste, éclatant de prestiges, Prodige, il étonna Ja terre des prodiges. Les vieux scheiks vénéraientl'émir jeune et prudent; Le peuple redoutait ses armes inouies ; Sublime , il apparut aux tribus éblonies

Comme un Mahomet d'Occident !

Leur féerie a déjà réclamé son hi:toire.

La tente de l'Arabe est pleine de sa gloire.

Tout Bédouin libre était son hardi compagnon. Les petits enfants , l'œil tourné vers nos rivages,

Sur un tambour français règlent leurs pas sauvages,

Et les ardents chevaux hennissent à son nom.

Parfois il vieni , porté sur l'ouragan numide,

Prenant pour piédestal la grande pyramide,

Contempler les déserts, sablonneux océans;

Là, son ombre, éveillant le sépulcre sonore

Comme pour la bataille, y ressuscite encore Les quarante siècles géants.

11 dit: Debout ! Soudain chaque siècle se lève, Ceux-ci portant le sceptre et ceux là ceintsdu glaive, Satrapes, Pharaons, mages, peuple glacé.

Immobiles, poudreux, muets. sa voix les compte; Tous semblent, adorant son front qui les surmonte, Faire à ce roi des temps une cour du passé.

Ainsi tout , sous les pas de l'homme ineffaçable, Tout devient monument : il passe sur le sable ?

Mais qu'importe qu'Assur de ses flots soit couvert,

RÉ R TELUS

( £ de

MR SE CE TTER ETATS RTS EE EES TESTER NT EN NE ST ES EEE TNT STE NS NTN ENST ESS RARE

Sen LETTRES SNS ESS TEE TENT TS)

Que l'aquilon sans cesse y fatisue son aile, Son pied colossal laisse une trace éternelle Sur le front mouvant du désert.

IT

Histoire , poésie, il joint du pied vos cimes. Eperdu , je ne puis dans ces mondes sublimes Remuer rien de grand sans toucher à son non; Oui, quand tu m'apparais pour le culte ou le bläme, Les chants volent pressés sur mes lèvres de flamme, Napoléon ! soleil dont je suis le Memnon.

Tu domines notre âge; ange ou démon, qu'importe! Ton aigle, dans son vol, haletant , nous emporte. L'œil même qui te fuit te retrouve partout.

Toujoursdansnos tableaux tujettes tawrandeombre, Toujours Napoléon, éblouissant et sombre ,

Sur le seuil du siècle est debout !

Page 1