BÉRANGER
LE VOYAGE JMAGINAIRE.
L'avrours accourt , et sur son aile humide M'apporte encor de nouvelles douleurs.
Toujours souffrant , toujours pauvre et timide , De ma gaîté je vois pälir les fleurs.
Arrachez-moi des fanges de Lutèce ;
Sous un beau ciel mes veux devaient s'ouvrir. Tout jeune aussi, je rêvais à la Grèce,
C'est là, c’est là que je voudrais mourir.
En vain faut-il qu'on me traduise Homère :
Oui, je fus Grec; Pythagore a raison.
Sous Périclès , j'eus Athènes pour mère. :
Je visitai Socrate en sa prison ;
De Phidias j'encensai les merveilles ;
De l'Ilyssus j'ai vu les bords fleurir.
J'ai sur l'Himète éveillé les abeilles :
C'est là, c'est là que je voudrais mourir.
Dieux ! qu'un seul jour éblouissant ma vue, Ce beau soleil me réchauffe le cœur; La liberté, que de loin je salue,
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