ANCELOT
| Sais-tu si les combats où je vous ai guidés
| Par de grands intérèts n'étaient pas commandés ? Tu ne vois que tes maux, ton désespoir m'accuse : Eh bien! lis dans mon cœur, et connais mon excuse.
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DIX-NEUVIE
Vainement , tu le sais , an sein de nos remparts, Je voulus appeler le commerce et les arts.
Ces comtes qui , du haut de leurs châteaux antiques, Font gémir mes sujets sous leurs lois despotiques ; Tyrans dans mon royaume et vassaux turbulents , Sans relâche occupés de leurs débats sanglants , Détruisaient mes travaux , dechiraient la patrie, Dans son premier essor, arrétaient l'industrie. Divisés d'intérêts, unis contre leur roi,
Je les trouvais sans cesse entre mon peuple et moi. : Signalant tour à tour leurs fureurs inhumaines,
Ils promenaient la mort dans leurs vastes domaines, Et des soldats français, l’un par l'autre immolés, Le sang coulait sans gloire , en nos champs désolés. Je voulus, des combats leur ouvrant la carrière, Offrir un but plus noble à cette ardeur guerrière. Tu te souviens qu'alors de pieux voyageurs
D'un zèle saint en nous ranimèrent la flamme. Aux regards des Français déployant l’oriflamme, Je leur montre la gloire aux rives du Jourdain;
Ils entendent ma voix , s'arrêtent , et soudain, Oubliant leurs discords et déposant leurs haines , Ils marchent réunis vers ces plages lointaines. Quels plus nobles dangers leur pouvaient être offerts? Délivrer les chrétiens gémissant dans les fers, Rendre Jérusalem à sa splendeur première,
En chasser l’infidèle , et rompre la barrière
Qui du tombeau sacré nous défendait l'accès :
Tel devait être, ami, le fruit de nos succès.