‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 99 sur 914 · SESSS TELUS ESS LENS STE TS STEEL SELS L SEEN SSSR STE DEUST S STE · texte numérisé non relu

SESSS TELUS ESS LENS STE TS STEEL SELS L SEEN SSSR STE DEUST S STE

Ah ! dusses la seschier, cher gage de ma flamme, N'y puyseroiz au gré de mon dézir!

Cher petiot, bel amy, tendre fils que j'adore! Cher enfançon , mon soulcy, mon amour !

Te voy tousjours, te voy et veulx te veoir encore : Pour ce trop brief me semble nuict et jour.

O cher eufantelet, vray pourtraict de ton père, Dors sur le seyn que ta bousche a pressé !

Dors, petiot ; cloz, amy, sur le seyn de ta mère, Tien doulx œillet par le somme oppressé !

Estend ses brasselets; s'espand sur lui le somme; Se clast son œil, plus ne bouge … il s'endort.

N'estoit ce tayn floury des couleurs de la pomme, Ne le diriez dans les bras de Ja mort?

Arreste, cher enfant !.… j'en frémy touteengtière!… Réveille-toy ! chasse ung fatal propoz!

Mon fils! pour ung moment. ah! revoylalumière! Au prix du tien rends-moy tout mon repoz!…

Doulce erreur ! il dormoit... c'est assez, je respire ; Songes légiers, flattez son doulx sommeil !

Ah'quand voyraycestuy pour quimoncueursouspire, Aux miens costez, jouir de son réveil?

O cher enfantelet , vray pourtraict de ton père, Dors sur le seyn que ta bousche a pressé !

Dors, petiot: cloz, amv, sur le seyn de ta mère, Tien doulx œillet par le somme oppressé |

Quant te voyra cestuy dont az reçu la vie, Mon jeune époulx, le plus beau des humains?

Oui, déjà cuide veoir ta mère aux cieulx ravie Que tends vers luy tes innocentes mains !

Comme ira se duyzant à ta prime caresse !

Aux miens baysers com't'ira disputant!

Ainz ne compte, à toy seul, d'espuyser sa tendresse, A sa Clotilde en garde bien autant.

Qu'aura playsir, en toy, de cerner son ymaige, Ses #rands yeulx vairs, vifs, et pourtant si doulx! Ce front noble , et ce tour gracieux d'ung vizaige

Dont l'Amour mesme eût fors esté jaloux '!

O cher enfantelet, vray pourtraict de ton père, Dors sur le seyn que ta bousche a pressé !

Dors, petiot ; cloz , amy, sur le seyn de ta mère, Tien doulx œillet par le somme oppressé |

Pour moy, des siens transportz onc ne seray jalouse Quand feroy moinz qu'avec toy les partir :

Faiz,amy, comme luy, l'heur d'ugne tendreespouse, Ainz , tant que luy, ne la fasses languir !….

Te parle, et ne m'entends.. eh! que dis-je? insensée! Plus n'oyroit-il quant fust moult esveillé…

Povre chier enfançon! des filz de ta pensée L'eschevelet n’est encor débroillé…

Trestouz avons esté comme eztoy, dans ceste heure ; Triste rayzon que trop tost n'adviendra !

En la paix dont jouys, s'est possible, ah ! demeure! À tes beaux jours mesme il n'en soubviendra.

O cher enfantelet, vray pourtraict de ton père, Dors sur le seyn que ta bousche a pressé!

Dors, petiot; cloz, amy, sur le seyn de ta mère, Tien doulx æœillet par le somme oppressé !

Ce quatrain isolé se lit au long d’une marge :

Voylà ses traitz.. son ayr! voylà tout ce que j'ayme!

” Feu de son «œil, et rozes de son tayn *.…

D'où vient m'en esbahvr? aultre qu’entoutluy-mesme Pust-il jamais esclore de mon seyn ?

* Dans le troisième livre de l'Éneide, Andromaque , retirée en Épire et recevant les adieux d'Énée, dit au jeune Ascagne : « Rerois, enfant, accepte ces derniers présents de ta famille ; » garde-les comme un ouvrage de mes mains, et qu'ils attes- » tent à ton cœur l'éternel amour d'Andromaque, l'épouse » d'Ilector. Accepte-les, Ô toi, la seule image qui me reste de » mou Astyanax. Oui, voilà ses yeux, voilà ses mains et l'air » de sa figure; il serait de ton äge, et, commetoi, dans la » fleur de son adolescence. »

3 On lit dans l'Andromaque de Racine :

C’est Hector, disait-elle en l'embrassant toujours, Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace; C'est lul-mème, c’est tot, cher époux, que j'embrasse. Voltaire a dit dans Mcr'ope :

Il me reppclie Égiste Égiste est de son âge.

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