LE RETOUR DANS LA PATRIE
Qu'il va lentement le navire A qui j'ai confié mon sort !
Au rivage où mon cœur aspire, Qu'il est lent à trouver un port !
France adorée !
Douce contrée !
Mes yeux cent fois ont cru te découvrir. Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir Mais enfin le matelot crie ; Terre, terre, là-bas, voyez !
Ah ! tous mes maux sont oubliés.
Salut à ma patrie ! !
Oui, voilà les rives de France ; Oui, voilà le port vaste et sûr, Voisin des champs où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur !
France adorée !
Douce contrée !
Après vingt ans enfin je te revois ;
De mon village
Je vois la plage, Je vois fumer la cime de mes toits.
IJÉIlA^GER. 339
Combien mon âme est attendrie !
Là furent mes premiers amours ; Là ma mère m'attend toujours.
Salut à ma patrie ! !
Au bruit des transports d'allégresse, Enfin le navire entre au port.
Dans cette barque où l'on se presse /Hâtons-nous d'atteindre le bord.
France adorée !
Douce contrée !
Puissent tes fils te revoir ainsi tous ! Enfin j'arrive, Et sur la rive Je rends au ciel, je rends grâce à genoux. Je t'embrasse, ô terre chérie !
Dieu ! qu'un exilé doit souffrir !
Moi, désormais je puis mourir.
Salut à ma patrie ! !