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LE PAPILLON

Naître avec le printemps, mourir comme les roses, Sur l'aile du Zéphyr nager dans un ciel pur, Balancer sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur. Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souflle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté :

Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose. Et, sans se satisfaire, eflleurant toute chose. Retourne enfin au ciel chercher la volupté.

Salut, bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissans sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature Convient à ma douleur et plait à mes regards.

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; J'aime à revoir encor pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés je trouve plus d'attraits ; C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie. Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui.

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau !

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