‹ Leçons françaisesChapitre 22 sur 71 · L ENVIE · texte numérisé non relu

L ENVIE

J'avais vu dans le palais d'Uglumish, le fils d'un gouverneur de province, qui, dans un âge encore tendre, avait de l'esprit, delà prudence, et du jugement ; sa physionomie avait dès-lors un caractère de force et de grandeur ; le roi qui était fort jeune, en fit son anii, et les jeunes gens de la cour le prirent en aversion : ils lui tendirent des pièges ; ils cherchèrent à le perdre ou à le faire périr ; mais ils ne retardèrent pas même son avancement. Un jour le prince lui disait : Quelle peut être la cause de la haine que tu inspires à mes courtisans ? Elle est violente, ne pourrais-tu pas la faire cesser ? O roi, répondit le favori, j'ai fait usage de ta puissance pour le bonheur de tes sujets et pour ta gloire ; à mesure que je me conciliais le cœur du peuple et ton cœur, j'éloignais de moi mes anciens amis ; je ne me connais qu'un moyen de les ramener, c'est de remplir mes devoirs avec moins d'exactitude, et de perdre tes bonnes grâces. Poursuis, et ne crains rien, dit le roi ; le soleil ne doit pas cesser d'éclairer, parce que la lumière blesse les yeux des oiseaux de nuit.

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