L^AUTOMNE
pBBâonmFii soqs les traits d'une Dëité, le riche Au« tomne vient enfin accomplir les promesses du Printemps ; la Déesse incline son visage vermeil, et, souriant i la Terre qu'elle regarde avec une complaisance maternelle , elle partage la joie et le bonheur qu'elle lui procure ; et , de sa naain droite, elle secoue sa chevelure dorée, d'où s'é^ chappeune plue intarissable de mille fruits divers ; de la gauche elle presse avec amour sa mamelle féconde, et en £iit jaillir une liqueur douce et vermeille, dont les heureux en&ns de Gybèle seront bientôt abreuvés. Son vêtement se colore du vert brillant de l'Eté, où s^entremêlent cependant quelques unes des teintes flétries dont l'Hiver, qui doit lui succéder bientôt, vient attrister la nature. Une écharpe légère , dont la couleur rappelle la tendre verdure du Printemps, entoure ses reins et se balance mollement , gonflée par les Zéphyrs, image allégcoique de la seconde sève de l'année, qui paraît braver les approches de l'Hiver, et faire un dernier efFort pour se soustraire i sa puissance. De ses pieds nus, colorés du vermillon des roses , et qu'un léger brouillard environne , elle foule h pourpre et l'or des raisins. Cette fille bien- £ûsante de l'Eté prépare ainsi elle-même la liqueur de Bâcchus^ ce baume salutaire qui charme les soucis des mortels, et dont la chaleur pénétrante soutient et vivifie leurs forces épuisées. Outre ces dons, l'Automne procure encore à l'homme avide de jouissances les richesses et les plaisirs de la chasse. C'est en vain que la perdrix et le lièvre timide cherchent i éluder, sous les plis de sarobe, les poursuites de leur agile ennemi : bientôt hors d'état de fuir, ils deviendront la proie du chasseur.
l'hivbr.
' L'HiT&ft paraît le dernier, et vient fermer le cercle de l'année ; il renverse à ses pieds le flambeau d'où émane I.— aS. ao
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la chaleur créatrice 9 et en comprime les feux sans les éteindre. De Tume de bronze qu'il tient sous son bras, il laisse échapper lei irëscta^s da la gelée , et ptMlë dtt ffled les flocons amonoalés de la neige étincalante : bientôt lia se divisent ^ se répandent an tournoyant tnr la terra irf&i*-* fée, et l'enveloppent d'un immense vétemeat de deuil. Des oiseaux aquatiques fimdant d'un vol rapide l'atmo^ sphère glaciale. Le ^ran dfe l'année est vêtu d'un manteau où s'impriifte la morne couleur dont il flétrit la végétation. Ce manteau lui sert d'ornement, et lui couvre à peine les épaules. Ses bras robustes ^ ses cuisses et ieê fambes nerveuses ei à découvert t décèlent sa force indomptable. Ses cheveux , sa barbe et ses sourdla, semblables aux pics des glaces étemelles des Alpes ou des Pyrénéce, hérissent son aspect farouche. Les brouillards et les noirs orages s'engendrent de sa ttte menaçante ; ils siègent sur son front tristement baissé vers la terre, qu'il glace de ses sombres regards. Une couronne de branches mortes^ monument de son triomphe sur l'Eté ^ oeint sa tête : queU ques feuilles desséchées y tiennent encore ; d'autres s'en détachent, et vont i ses pieds joncher la neige* Hais les lois puissantes de la nature ne permettent poini è l'Biver d'outrager toutes ses productions ; il les respecte encore; et> pour preuvede son obéissance aux immuables volontés de la Déesse t il a joint i son lugubre diadème quelques tiges de ces arbres toujours verdoyans , dont il accrott et rehausse encore, pour lui plaire, la sombre et majet* tueuse beauté (i)»
GiRoDBt-TaioaoH.
(i) Voyes» dânf la prose et les vers» Dé99fiptiùns on TaStèàUx des différentes saisons ^ et dans les Ztçow Lmùm anaUnau et
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