LE MÊME
Les Tombeaux.
Un tombeau est un monument placé sur les limites des deux mondes. Il nous présente d'abord la fin des vaines inquiétudes de la vie, et l'image d'un éternel repos; ensuite il élève en nous le sentiment confus d'une immortalité heureuse, dont les probabilités augmentent à mesure que celui dont il nous rappelle la mémoire a été plus vertueux. C'est là que se fixe notre vénération; et cela est si vrai , que , quoiqu'il n'y ait aucune différence entre la cendre de Socrate et celle de Néron, personne ne voudrait avoir dans ses bosquets celle de l'Empereur romain , quand même elle serait renfermée dans une urne d'argent, et qu'il n'y a personne qui ne mît celle du philosophe dans le lieu le plus honqrable de son appartement, quand elle ne serait que dans un vase d'argile.
C'est donc par cet instinct intellectuel pour la vertu
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que les tombeaux des grands hommes nous inspirent une ▼énëration si touchante. C'est par le même sentiment que ceux qui renferment des objets qui ont ëté aimables nous donnent tant de regrets. Voilà pourquoi nous sommes émus k la me du petit tertre qui couvre les cendres d'un enfant aimable, par le souvenir de son innocence; voilà encore pourquoi nous Voyons avec tant d'attendrissement une tombe sons laquelle repose une jeune teAme, Pamouf et Fe^pérance de sa fkAiille par ses venus. Une faut pas, pour tendre recommandablea ces monumens, des marbres, desbfonzes, dés dorures t plus ils sotit simples, plus ils donnent d'énergie au sentiment de la mélancolie. Ils font plus d^effet pdttvres qne Hehes , antiques que tnodertiês , avec deà détails d'infortune qu'avec des titres dlionneuf^ avec léa attributs de là yerttt qu'arec ceux de la puissance.
C'eét surtout à la campagne que leur impression se fsit vivement sentir t utte simple fosse fait souvent verser plus de larttès que les catafiilques dans les cathédrales i t'est là que la douleur prend de la sublimité ; elle sPélève avec le» vieux ifi des cimetières, elle s'étend avec les plaineé et les ^oUinei d'alentour; elle s'allie avec tons les effets delà nature, le lever de Paurore, le murmure des vents, le Coucher du soleil, et bs ténèbre^ de la nnHi Les travaux les plus rudes et les destinées lés plus humi* liantes n'en peuvent éteindre Flmpréssion dans les Cttnrs des plus liiisérables (1).
BÉftlilAfttîll DE SAlMT^PlBBRft.
Etadeè d» là Tf^haré.
Le Respect àfc^ Chinois pour les Tombeaux.
PiLAts,oA l'on vient apprendre la décence et l'urbanité^ est le lieu du motide où l'on à le moins de respect
(f) Yojris^ t. 11^ même suiel:
4o8 MORALE RELIGIEUSE,
pour les restesdes objets quinousontëté chers. L'homme, livré daos cette vaste capitale k uoe infinité de goûts frivoles , ne conserve aucun souvenir de ses semblables , dès qu'ils sont morts. Ils n'ont d'autres lieux de sépulture que des fosses profondes où l'on précipite chaque jour, sans aucune distinction de sexe ni d'âge, les femmes, les enfans , les vieillards , jusqu'à ce qu'elles soient remplies. L'ami ne peut plus reconnaître les cendres de ton ami dans ces voiries humaines ; il craint même de s'j^procher de ces goufEres de la mort d'où s'exhalent sans cesse des vapeurs funestes aux vivans.
Il n'en est pas ainsi chez les Chinois , ce peuple le plus ancien de la terre, parce que son gouvernement est fondé sur les lois de la nature. Leurs tombeaux font un des principaux ornemens des environs de leurs villes. Chaque &mille a en propriété une petite portion de terre dans les collines du voisinage. Elle y fait creuser Bne grotte , où elle dépose avec un respect religieux les corps de ses parens ; l'entrée de la grotte est décorée de quel* quesaihres^ à l'ombre desquels se reposent souvent les voyageurs. Lorsqu'un corps est consumé par le temps et par la chaux, on l'ensevelit. Le plus proche parent, vêtu d'une grosse étoffe de chanvre, et ceint d'une corde, vient, à la tête de la fiimille , en recueillir les ossemens; il les dépose dans une urne de porcelaine, qu'il place, avec celles de ses ancêtres, dans une chand>re particulière de sa maison. C'est là qu'il retrouve des urnes pleines de pleurs, suivant l'expression de Juvénal. Il y voit aussi d'un coup d'œil ses nombreux aïeux, qui se sont succédé pendant plusieurs siècles. Le sentiment d'une longue antiquité est dans sa fionille , conmie il est dans l'Empire. Elle voit, à la suite les uns des autres, les auteurs auxquels elle doit le jour; et, plusieurs fois par an, elle invoque, par des sacrifices et des libations, leurs esprits qu'elle croît retournés dans les cîeux ; elle les prie de lui inspirer de bons conseils, et de présider à
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ses destinées* C'est sans doute à des rites aussi touchans, et à ces sentimens religieux envers leurs parens morts , que les Chinob doivent T^onour qu'ils portent k leurs parens vivans et à leur patrie. Leurs tombeaux sont les fondemens de leur Empire, qui dure depuis plus de quatre mille ans.
Le HÈilB. Harmonies de la Nature ^ tom.'IL
Rapidité de la Yie.
La vie humaine est semblable à un chemin , dont l'issue est un précipice affreux : on nous en avertit dès le premier pas, mais la loi est-prononcée, il faut avancer toujours. Je voudrais retourner 3ur mes pas ; marche , marche. Un poids invincible , une force invincible nous entraîne ; il bxA sans cesse avancer vers le précipice. MiUe traverses , mille peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la route ; encore si )e pouvais éviter ce précipice affreux. Non , non, il faut marcher, il faut courir, telle est la rapidité des années. On se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des objets qui nous divertissent, des eaux couiantes, des fleurs qui passent On voudrait arrêter ; marche, marche. Et cependant on voit tomber derrière soi tout ce qu'on avait passé ; fraèas effroyable, inévitable ruine ! On se console ' parce qu'on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu'on voit se faner entre ses mains du matin au soir, quelques fruits qu'on perd en les goûtant. Enchantement ! toujours entraîné, tu approches du gou£Bre. Déjà tout commence à s'effacer ; les jardins moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moin^ vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires, tout se ternit,. tout s'efface : Tombre de la mort se présente; on commencée sentir l'approche du gouffre fiital. Mais il faut aller sur le bord, encore un pas. I>^ l'horreiu* trouble les sens , la
4ro AIORALË RELI6IRUSE,
tête tovme, les yeux «'égarent , ilCmt marcher. On tou« draît retourner en arrière , plus de moyen ; lotit esttombé , tout est éranoui , tout est éebappé.
BOSSUBT.
La Mort.
Nous la portons tous en naissant dans le sein. 11 semble que nous avons sucé, dans les entrailles de nos mères, un poison lent , avec lequel nous venons au monde , qui nous fait lan^ir îd^bas , les uns plus , les autres moins , mais qui finit toujours par letrépas. Nous mourons tous lés jours ; chaque instant nous dérobe une portion d^ notre vie ^ et nous arance d'un pas vers le tombeau. Le corps dépérit, la santé s'use, tout ce qui nous environne nous détruit, les alimens nous corrompent, les remèdes nous af&iblissent, ce feu spirituel, qui nous anime au dedans , nous consume, et toute notre vie n'est qu'une longue et pénible agonie« Or , dans cette situlition , quelle image devrait être plus familière k Thomme que celle de la mort ? Un criminel condamné à mourir, quelque part qu'il jette les yeux , que peut-^^il voir que ce triste objet? Et le plus ou le moins que nous avons k vivre fait^ll une dififërehce assez grande pour nous regarder comme immortels sur la terre ?
Il est vrai que la mesure de tkon destinées n'est pas égale ! les uns voient croître en paît , jusqu'à l'ftge le plus reculé ,' le nombre de leurs annéeé ; et , héritiers des bénédictiotis de l'ancien temps , ils meurent pleins de joie, au milieu d'une nombreuse postérité; les autres, arrêtés dès le milieu de leur cburse, voient les portes du tom- Keau s^ouvrir en un dge encore florissant, et cherchent M Vain le reste de leurs années. Enfin, iLen est qui ne font que ire montrer à la terre, qui finissetit dv matin Au sotr, et qui , semblables k la fleur des cbamp», ne mettent
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presque point d'intervalle entre Tinstant qni les voit éclore et celui qui les voit sécher et disparaître. Le moment fatal, marqué à chacun, est un secret écrit dans le livre éternel.
Nous vivons donc tous , incertains de la durée de iMs jours ( et cette incertitude , si capable toute seule de ndus rendre attentifr à cette dernière. heure, endort elle^^même notre vigilance. Nous ne songeons point à la mort , parue que nous ne savons pas où la placer dans les différeus âges de notre vie. Nous ne regardons pas même la VieiU lesse comme le terme du moins eût et inévitable^ Le doute si l'on y parviendra, qui devt^it, ce semble, borner en^deçà nos espérances, fait que nous les étendons même au-delà de cet âge. Notre crainte , ne poavaut poser sur rien de certain, n'est plus qu'un sentimentvagne et confus qui ne porte sur rien du tout ; de sorte que Finoertitude^ qui ne devrait vtymber que sur le plus ou le moins ^ novs rend tranquilles sur le fend même (i).
MUmiuok.
Mime sujet.
PotJROiTOï craindre la mort, si Voû a asséfSf bien vécu pour n*en pas craindre là suite ? Pourquoi radotfter èet instant , puisqu'il est préparé par une inflnité d'autrefs instans du' même ordre, puisque la mort est aussi naturelle que la vie, et que l'une et l'autre nous arrivent <te la même façon sans que nous le sentions, sans» que nous puissions nous en apercevoir T Qu'on interroge les hommes accoutumés à observer les actions dey Mioiiraiis et à recueillir leurs derniers scntimens ; ils cdntiehdront qu'à Texceptiôn d'un très- petit nombre de maladies aiguës, où l'agitation, causée par des mouveméns êoifr-
(0 Voyez en versjWXéçoiM t4i^i€s ù/tcUMn eiiMtfAmes.
4iA MORALE RELIGIEUSE ,
vulsiCs, semble indiquer les soufirances damâUde, dans tous les autres on meurt tranquillement , doucemuent et sans douleurs; et même ces terribles agonies effraient plus les spectateurs qu'elles ne tourmentent les malades; car combien n^en a4*-on pas vus qui , après avoir été à cette dernière extrémité , n'avaient aucun souvenir de ce qui s'était passé, non plus que de ce quHb avaient senti ! Us avaient réellement cessé d'être pour eux pendant ce temps , puisqu'ils sont obligés de rayer du nombre de leurs jours tous ceux qu'ils ont passés dans cet état, duquel il ne leur reste aucune idée.
La plupart des hommes meurent donc sans le savoir j et, sur le petit ncnnbre de ceux qui conservent de la connaissance jusqu'au dernier soupir, il ne s'en trouve peutêtre pas un qui ne conserve en même temps de l'espérance, et qui ne se flatte d'un retour vers la vie* La nature a, pour le bonheur de l'homme, rendu ce sentiment plus fort que la raison. Un malade dont le mal est incurable , qui peut juger son état par des exemples firéquens et familiers, qui en est averti par les mouvemens inquiets de sa £imille , par les larmes de ses amis , par la contenance ou l'abandon des médecins, n'en est pas plus convaincu qu'il touche à sa dernière heure ; l'intérêt est si grand qu'on ne s'en rapporte qu'à soi ; on n'en croit pas les- jugemens des autres , on les regarde comme des lanaes peu fondées } tant qu'on se sent et qu'on pense, on ne réfléchit, on ne raisonne que pour soi, et tout est mort, que l'espérance vit encore.
Jetez les yeux sur un malade qui vous aura dit cent fois qu'il se sent attaqué à mort, qu'il voit bien quHl ne peut pas en revenir , quHl est prêt à expirer -, examines ce qui se passe sur son visage, lorsque par zèle ou par indiscrétion quelqu'un vient à lui annoncer que sa fin est prochaine en effet ; vous le verrez changer comme celui d'un homme auquel on annonce une nouvelle imprévue; ce malade ne croit donc pas ce qu'il dit
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•lui-même t tant il est vrai quHl n'est nullement convaincu qu'il doit mourir! 11 a seulement quelque doute, quelque inquiétude sur son état ; mais il craint toujours beaucoup moins qu'il n'espère , et si l'on ne réveillait pas ses frayeurs par ces tristes soins et cet appareil lugubre qui devancent la mort , il ne la verrait point arriver.
La mort n'est donc pas une chose aussi terrible que nous nous l'imaginons 3 nous la jugeons mal de loin ; c'est un spectre qui nous épouvante aune certaine distance , et qui disparait lorsqu'on vient à en approcher de près ; nous n'en avons donc que des notions fausses ; nous la regardons non seulement comme le plus grand malheur, mais encore comme un mal accompagné de la plus vive douleur et des plus pénibles angoisses; nous avons même cherché à grossir dans notre imagination ces funestes images , et à augpienter nos craintes en raisonnant sur la nature de la douleur. Elle doit être extrême, a-t-on dit, lorsque Time se sépare du corps ; elle peut aussi être de très-longue durée, puisque, le temps n'ayant d'autre mesure que la succession de nos idées, un instant de douleur très- vive , pendant lequel ces idées se succèdent avec une rapidité proportionnée à la violence du mal, peut nous paraître plus long qu'un siècle pendant lequel elles coulent lentement et relativement aux sentimens tranquilles qui nous affectent ordinairement. Quel abus de la philosophie dans ce raisonnement! il ne mériterait pas d'être relevé, s'il était sans conséquence; mais il influe sur le malheur du genre humain. Il rend l'aspect de la mort mille fois plus afSreux qu'il ne peut être 5 et , n'y eût-il qn'un très-petit nombre de gens trompés par l'apparence spécieuse de ces idées , il serait toujours utile de les détruire, et d'en faire voir là fausseté.
Lorsque l'âme vient à s'unir à notre corps , avons-nous un plaisir excessif, une joie vive et prompte qui nous transporte et nous ravisse ? Non , cette union se fait sans que nous nous en apercevions; la désunion doit s'en
£aiire de mème^ saas eicciter aucun $eniiaient« QueUa raison a-t-on pour croire que la séparation de l'âme et du corps ne puisse se faire sans une douleur extrême? Quelle cause peut produire cette douleur ou Tocca^ sionnerîLa fera-^t^^pn résider dans l'âme ou dans le corps ? La douleur de Tâme ne peut £tre produite que par la pensée; celle du corps est toujours proportionoée à sa force et à sa faiblesse : dans Finstant de la mort naturelle, le corps est plus faible que jamais ; il ne peut donc éprouver qu'une très -petite douleur, si même il en éprouve aucune»
BuFvaH. HiHoire éU rHonuru.
Loi universelle de la Mort.
Dans le vaste domaine de la nature vivante, il règne une violence manifeste, une espèce de rage prescrite , qui arme tous Iqs êtres les uns contre les autres. Dès que vous sortez du règne insensible, vous trouvez le décret de la mort violente écrit sur les frontières même de la vie. Déjà , dans le règne végétal , on commence à sentir sa loi ; depuis l'immense catalpa jusqu'au plus humble graminée, coj^ibien de plantes meurent, et combien sont tuées l Mais , dès x\\xe vous entrez dans le règne animal, la loi prend tout à coup une épouvantable évidence* Une force à la fois cacbée et palpable se montre continuellement occupée à mettre à découvert le principe de la vie par des moyens violens« Dans c)iaque grande division de l'espèce animale, ejjie a choisi un certain nombre d'animaux qu'elle a chargés de dévorer les autres i ainsi , il y a des insecles de proie, des reptUes de proie^ des oiseaux de proie ^ dos poissons de proie et des quaprupèdes de proie, li n'y a pas un in/fttant de sa dnrçe où l'être vivant ne soit dévoré par un autre. Au-dessus des nombreuses races d'anÛMux est placé rhwuae t dont
ou FHlLOSOf HIE FlIA'nQUE. 4iS
lu QUMii destructive n'épargne lien de ce q«i vit ; il tue pour se nourrir, il tue pour «e vêtit ^ il tue pour se parer, il tue pour ae défiendre , il tue pour attaquer, il tue pour s'instruire , il tue pour s'amuser, il tue pour tuer. Ce roi superbe et terrible, il a besoin de tout, et rien ne lui yéaiste. 11 aait combien la tète du requin ou du cachalot lui fournira de barriques d'huile ; son épingle déliée pique, sur le. carton dos musées, l'élégant par pillon qu'il a saisi au vol sur le sommet du Mont-Blanc ou du Chimboraço; il empaille le crocodile, il em** baume le colibri; à son. ordre, le serpent à aonnettee vient mourir dans la liqueur conservatrice qui doit b mofitrer iptact aux yeux d'une longue suite d' observa» teura. Le cheval qui porte son maStre à la chasse du tigre, se pavane sous la peau de ce même animaL L'homme demande tout & la fois ses entrailles pour faire résonner une harpe; à la baleine, ses façons pour soutenir le corset de la )eune vierge ; au loup » sa dent la plus nMwv trière pour polir les ouvrages las plus légers de l'art ; à l'éléphant, B^ défenses po¥r ^onner le jouet ^'unen«~ fan^ : 9^ tables sont couvertes d^ cadavres. Le pbilo^ sopbe peut %aèmi^ découvrir con^aent le carnage per*^ maneot est prévu et ordonné dans le grand tout Blala cette loi s'arrêtefA-t-elle i Thoiximef Mon , sans doutnL Cependant, quel. 4tra exterminera celui qui les «ater^ nûne tous? lui; c'est l'hamn^e qui est chargé d'égorger l'homme^
Joa. Ar MàISIM. SaMes de Saiwà^Péèsnkmn.
FéUcité des Hommes vertueux dans les Gham^-Elys^es.
TitiMA^OB t'avança ves» cas Rois ^ qui ésaient dans des isocagei odoriférans , sur des gascona leti|oarB rsoaiiH sans et fleuris ; mille petits ruisseaux d'une onde pare aiMsaicnt ofs baaua liaosy et 7 iMMlent aa^tîr mN déli^
4i6 MORALE RELIGIEUSE,
cieuie fratdieur : ttn membre infini d'oiseâttit I^SMent résonner ces bocages de leurs doux chants; on voyait tout eusemble les fleurs du printemps qui naissent sous les pas, avec les riches fruits de Pantomne qui pendaient des arbres.
Li lamais on ne ressentit les ardeurs de la canicule ; U jamais les noirs aquilons n'osèrent souffler ni fiiîre sentir le^ rigueurs de l'hiver. Ni la guerre altérée de sang, ni U cruelle envie qui mord d'une dent venimeuse, et qui porte des vipères entortillées dans -son sein et autour de ses bras, ni les jalousies, ni les défiances, ni la crainte, ni les vains désirs n'approchent jamais de cet heureux séjour de la paix : le jour n*y finît point, et la nuit avec ses sombres voiles y est inconnue : une lumière pure et douce se répand autour des corps de ces hommes justes , et les environne de ses rayons comme d'un vêtement. Cette lumière n'est point sembbrble i la lumière sombre qui éclaire les yeux des misérables morteb, et qui n'est que ténèbres; c'est plutôt une gloire céleste qu'une lumière : elle pénètre plus subtilement les corps les plus épais, que les rayons du soleil ne pénètrent le plus pur cristal; elle n'éblouit jamais : au contraire, elle fortifie les yeux, et porte dans le fond de l'âme je ne sais quelle sérénité. C'est d'elle seule que les hommes bienheureux sont nourris; elle sort d'eux, et elle y entre : elle les pénètre, et s'incorpore k eux comme les alimens s'incorporent è nous; ils U voient, ils la sentent, ik la respirent; elle £ût naître en eux une source intarissable de paix et de joie : ils sont plongés dans cet abtme de délices comme les poissons dans la mer ; ils ne veulent plus rien ; ib ont tout sans rien avoir ; car le goût de lumière pure apaise la faim de leur cœur. Tous leurs désirs sont rassanés , et leur plénitude les élève au-deasns de tout ce que les hommes vides et affamés cherchent sor la terre : toutes les délices qui les environnent ne leur sont rifiOf parce que le comble de kur filidté , qui vient du