DÉMÉTRIUS
Apparemment^
MALOGUES. 529
É&OSTRATK.
Hé bien , ce fut pour hire vivre aussi mon nom que je brûlai ce temple.
Le beau raisonnementi Vous est-il permis de ruiner pour votre gloire les ouvrages d^un autre?
iEOWEATB. '
Oui : la vanité qui avait élevé ce temple par les mains d'un autre Ta pu ruiner par les miennes ; elle a un droit légitime sur tous les ouvrages des hommes ; elle les a £iits , et elle les peut détruire : les plus grands Etats même n^ont pas sujet de se plaindre qu'elle les renverse, quand elle y trouve son compte ; ils ne pourraient pas prouver une origine indépendante d'elle. Un Roi qui, pour honorer les funérailles d'un cheval , ferait raser la ville de Bucéphalie, lui ferait-il une injustice? je ne le crou pas , car on ne s'avisa de bâtir cette ville que pour assurer la mémoire de Bucéphale , et par conséquent elle est affectée à l'honneur des chevaux.
DÉMÉTRIU6. •
Selon vous , rien ne serait en sûreté ; je ne sais si les hommes mêmes y seraient.
ÉBOSTEATÊ.
La vanité se joue de leurs vies, ainsi que de tout le reste. Un père labse le plus d'enfans qu'il peut, afin de perpétuer son nom. Un conquérant, afin de perpétuer le sien, extermine le plus d'hommes qu'il lui est possible.
BÉMÉTBIUS.
Je n^m'élonne pas que vous employiex toutes sortes de raisons pour soutenir le parti des destructeurs ; mais enfin si c^esi un moyen d'établir sa gloire que d'abairre
53o DIALOGUES.
les monumens de la gloire d'autrui, du moins il n'y a pas de moyen moins noble que celui-là*