‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 103 sur 141 · I. Imliei leime . ion militaire i la t if, sa · texte numérisé non relu

I. Imliei leime . ion militaire i la t if, sa

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5&i CARACTERES ou PORTRAITS,

site; formes pour tous les arts; civilises jusqu'à l'excès durant le calme de l'Etat; grossiers et sauvages dans les troubles politiques; flottans, comme des vaisseaux sans lest; au gré de toutes les passions; à présent dans les cieux, l'instant d'après dans l'abîme : enthousiastes et du bien et du mal, faisant le premier sans en exiger de reconnaissance, et le second sans en sentir de remords ; ne se souvenant ni de leurs crimes ni de leurs vertus ; amans pusillanimes de la vie pendant la paix, prodigues de leurs jours dans les batailles ; vains, railleurs, ambitieux, à la fois routiniers et novateurs, méprisant tout ce qui n'est pas eux ; individuellement, les plus aimables des hommes; en corps, les plus désagréables de tous; charmans dans leur propre pays, insupportables chez l'étranger; tour à tour plus doux, plus innocens que l'agneau qu'on égorge, et plus impitoyables, plus féroces que le tigre qui déchire : tels furent les Athéniens d'autrefois, et tels sont les Français d'aujourd'hui (i).

Chateaubriand. Génie du Christianisme.

Les Français.

C'est le seul peuple dont les mœurs peuvent se dépraver sans que le fond du cœur se corrompe, ni que le courage s'altère; il allie les qualités héroïques avec le plaisir, le luxe et la mollesse; ses vertus ont peu de consistance; ses vices n'ont point déracines. Le caractère d'Alcibiade n'est pas rare en France. Le dérèglement des mœurs et de l'imagination ne donne point atteinte à la franchise, à la bonté naturelle du Français. L'amour-propre contribue à le rendre aimable ; plus il croit plaire, plus il a de penchant à aimer. La frivolité qui nuit au développement de ses talens et de ses vertus le préserve en même temps des

(0 Voyez les Leçons Latines modernes, t. I et II.

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est plutôt indiscret que confiant, et plus libertin que voluptueux.

La sociabilité qui le rassemble en cercles nombreux, et qui le promène en un jour en vingt cercles difiérens, use tout pour lui en un clin d'oeil, ouvrages, nouvelles, modes, vices, vertus. Chaque semaine a son héros en bien comme en mal ; c'est la contrée où il est le plui facile de faire parler de soi, et le plus difficile d'en faire parler long-temps. Il aime les talens en tout genre j et c'est moins par les récompenses du gouvernement que par la considération populaire qu'ils so soutiennent dans son pays. Il honore le génie ; il se familiarise trop aisément, ce qui n'est pas sans inconvénient pour luimême et pour ceux qui veulent se faire respecter. Le Français est avec vous ce que vous désirez qu'il soit ; mais il faut se tenir avec lui sur ses gardes. Il perfectionne tout ce que les autres inventent.

Tels sont les traits dont il porte l'empreinte, plus ou moins marquée dans les contrées qu'il visite plutôt pour satisfaire sa curiosité que pour ajouter à son instruction ; aussi n'en rapport e-t-il que des prétentions. Il a des connaissances sans nombre, et souvent il meurt seul. C'est l'être de la terre qui a le plus de jouissances et le moins de regrets. Comme il ne s'attache à rien fortement, il a bientôt oublié ce qu'il a perdu. Il possède supérieurement l'art de remplacer, et il est secondé dans cet art par tout ce qui l'environne. Si vous en exceptez cette prédilection offensante qu'il a pour sa nation , et qu'il n'est pas en lui de dissimuler, il me semble que le jeune Français, gai, léger, plaisant et frivole, est l'homme aimable de sa nation, et que le Français mûr, instruit et sage, qui a conservé les agréniens de sa jeunesse, est l'homme aimable et estimable de tous les pays (i).

Raïnal.

(i) Voyez les Leçons Latines modernes, t. I et 11.

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556 CARACTERES OU l>ORTI\AITS,

bons maris, bons maîtres; mais tout ce qui n'es j. pas de leur famille est leur ennemi. Leurs courses s'étendent souvent fort loin; et il n'est pas rare que la Syrie, la Mésopotamie, la Perse, en soient 1<- théâtre.

Les Arabes fixe's sur l'océan Indien et sur la mer lîouge, ceux qui babilent ce qu'on appelle l'Arabie Heureuse, étaient autrefois un peuple doux , amoureux de la liberté, content de son indépendance, Mnesongei à faire des conquêtes. Ils étaient trop attachés au beau ciel sous lequel ils vivaient, à une terre qui-fournissaii presque sans culture à leurs besoins , pour être tentés de dominer sous un autre climat, dans d'autres campagnes. Mahomet changea leurs idées ; mais il ne leur reste plus rien de l'impulsion qu'il leur avait donnée. Leur vie se passe à fumer, à prendre du café, de l'opium, du sorbet, à faire brûler des parfums exquis, dont ils reçoivent la fumée dans leurs habits légèrement imprégnés d'une aspersion d'eau rose. Ces plaisirs sont souvent suivis ou précédés de vers galans ou amoureux.

Leurs compositions sont d'une grâce, d'une mollesse, d'un raffinement, soit d'expression, soit de sentiment, dont n'approche aucun peuple ancien ou moderne. La langue qu'ils parlent dans ce monde à leur maîtresse semble être celle qu'ils parleront dans l'autre à leurs bouris. C'est une espèce de musique si touchante, si fine; c'est un murmure si doux ; ce sont des comparaisons si riantes et si fraîches! je dirais presque que leur poésie esl parfumée comme leur contrée. Ce qu'est l'honneur dans les mœurs de nos paladins, les imitations delà nature le sont dans les poëmes arabes : là, c'est une quintessence de vertu; ici, c'est une quintessence de volupté. On les voit abattus sous les ardeurs de leurs passions et de leur climat, ayant à peine la force de respirer. Ils s'abandonnent sans réserve à une langueur délicieuse, qu'ils n'éprouveraient pas peut être sous un autre ciel.

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r>58 CARACTÈRES Ol PORTRAITS,

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A l'égard du ^i\i<- el de la niai t celle d'an

\ ieillard plein de uitume an s] ■

humaine*, qui ne s'échauffe pas , «| n i ne réblouil pas, admire ;i\ci tranquillité , et bJ

marche -est mesurée, et il ne la précipite jamais. Semblable à une rivière calme , ili 11 revient, il pend son cours. H embrasse lentement un terrain va il Mine tranquillement . et comme au hasard, sur sa ro tout ce que sa mémoire vient lui offrir. Enfin, partout il converse avec le lecteur : c'est le Montaigne de! Grecs ; mais il na point comme lui cette manière pittoresque et hardie de peindre -es idées, et celte imagination de style que peu de poètes même on! eue comme H ne. A cent près, il attache et ml- tnme lui, sans paraître s en occuper.

Son grand an surtout est de faire connaître les hommes

par les petits de'tails. Il ne fait donc point de r.,jis

hrillans dont Salluste le premier donna des inodèh <|iie h- cardinal dé Rets, par ses Mémoires, mit ai fort •i li mode parmi nous; il fait mieux, il peint eu' nation. On croit \oii ioun ees grands hommes I outes < ■■ iont vraiea el onl les proportions exactes

de la nature. Quelques personnes pensent <)ue s'est dans ■ nre qu on devrait éci ire loua !• I ho éblouirait

peut être moins, disent-elles , mais on satisferait plus; et il faut savoir quelquefois renoncer à l'admiration pour l'estime.

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CARAC1 i RI S CM PORTRAITS,

.)<• m eooveraetiofl a ec le philo oph< S t>re, qui .

en lui développant le principe <l<- être etleeprienosnet

dfl U nature, semblait avoir a-randi sou tUM natui ellement

On u était pei moins frappé de la destériti [uelle

il prenait •eeadvertein peofouites.

Il la devait m philoaophc Zenon d Liée, qui Pavait plai

«l'une fois conduit dans lei détours d'une dialectique i lieUMj j>our lui an découvrir les issues secrètes. Au-^-i I un des plus grands antagonistes de Périclés disait souvent:

« Ouand je l'ai terrassé, et que je I.- liens s,, us moi, il

« s'écrie qu'il a'eel point vaineu , et l<- persuade à tout le

l monde. »

Périoles connaissait trop bien sa nation, pour OC pal fonder ses espérances sur le talent de la parole, et l"« \« < I lence de ee talent, pour n être p;is le premier à !»• i«>-

peoter. Avant «pie de paraître en publie, il s'avcetîeaaii en secret qu'il allait parler à des hommes libres, à des Grecs, à des Athéniens.

Cependant il s'éloignait le plus qu'il pouvait de le tribune, parce que, toujours ardent 1 suivre a\ee lenteur le projet de son élévation, il craignait d'effacer par de nouveaua succès 1 impression des premiers, et de porter trop tôt l'admiration du peuple à 08 point d'oA elle BC peut (pae descendre. On jUgCC fi un orateur qui dédai gnait dec applaudissement dont il était assuré, Méritait la oonhanoe qu'il ne aberohail pas , et que les affaires dont

il faisait 1<- rapport devaient êire bien importantes, puisqu'elles le forçaient à rompre le silence. On conçut une haute idée du pouvoir qu'il avait *ur son

âme, lorsqu'un jour qui- l'assemblée se prolongea jusqu'à la n u il . on \il un simple particulier ne cesser de l'interrompre et de L'outrager, le suivre avec îles injures jusque dans stl maison . et IVi iclès ordonner froidement à un de ses esclaves de prendre un flambeau et de conduire cet homme ehei lui.

i l PARAI II l KS.

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ueaintaVaaae,m«nt et une probiUI inallérablea ; dam l<conunanoWneiit «Ici irtucei , l'attention à se rien dotftf au htMfdj rt à ritqucr BMItôl ta réfutation que lr »alut da I I .un.- -.mi-- {m »avait meprUer le*

louange» rt l'imuh. , Im ricbeaaee, le* tuperfluiteâ , et la ^-méme, devait avoir pour le bien

m ir (|ui atoaiflja' I' passions , ou

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louae de iriiirnt Je aon admirai i Il avait (MM in lu» .-M llattanl la n

iitu.i. il Mil. |ugua la multitude t*n loi paf mie opposition invn

••a conseils, ou par lea obarmes de mm él. I aes volonté* . Uni

' N » régie* établies j • rté, ra*^

ii tpeTCjél , MNM If |»'. il

augmentait, aaoin* il | laaa un , « ru le de i i loiwl Je aa

r» le* partie* du gouverneaseol, taadaa n n- li i

I ■ I \ i inriit qui !•

Ut I auteur , paru

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