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58o CARACTERES OU PORTKAÏTS, l'homme l 'était davantage. Il fit d'admirables règlemens;
il lit plus ; il les fit exécuter. (h\ voit, dan-. l<-s lois de <«■ Prince, un esprit de prévoyance qui compn-nd tout, et une Oertaine force qui entraîne tout : les prétextée puur éluder les devoin sont ôtés, les négligences corrigées, les :ilnis réformée ou prévenue] il levait punir, il levait encore mieux pardonner. Vaste dam Ml desseins, simple dam L'exécution, personne n'eut à un plus haut <!• l'art de faire les plus grandes choses avec facilité^ et les difficiles avec promptitude.
Il parcourait sans cesse son vaste Empire, portant la main partout où il allait tomber. U I renaissaient
de toutes parts , il les finisseit de toutes pari-. Il se joua de tous les périls, et particulièrement d<- ceux qu'éprouvent presque toujours les grands conquérans , c'est-à-dire des conspirations.
Ce Prince prodigieux e'tait extrêmement modéré; son caractère était doux, ses maniérée simples; il aimait à vivre avec les gens de sa Cour. Il fut peut-être trop sensible au plaisir des femmes; mais un Prince qui gouverna toujours par lui-même, et qui passa sa vie dans les tra\aux , peut mériter plus d'excuses.
On ne dira plus qu'un mot : il ordonnait qu'on vendit les œufs des basses-cours de ses domaines, et les herbes mutiles de ses jardins; et il avait distribué à ses peuples toutes les richesses des Lombards, et les immenses trésors de ces Huns qui avaient dépouillé l'uni\t 1 l,
Montesquieu.
Même sujet.
Chaîilemaone avait montré que le génie d'un grand
Prince a plus de pouvoir pour réformer son sièrlr . que IOQ
iècle n'en s pour arrêter son génie. Son époque est la
première el le plus imposante de l'histoire moderne. Seul
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Saint Louis.
Km wi de s. uni Louis, imitez voire père ; soyez, comme lui, doux, humain, accessible} affable, compatissant et libéral. Que votre grandeur ne vous empêche jamais «Je descendre arec bonté' jusqu'aux plus petits, poni vous mettre à leur place ; et nue cette 1 ■ ■ » ' 1 1 « : n'afiaibli&se jamais m votre autorité ni leur respect. Elud Les
hommes j apprenez i vous en servir sans être li«: à eu\. Allez abercher le mérite jusqu'au boni <lu monde; d'ordinaire j il demeure m< recule. La vertu point la foule ; elle n'a ni avidité' m empre&semenl se laisse oublier. Ne vous laissez point ob* esprits flatteurs el insinuant : faites sentir qui- \ n'aintez ni les louanges ni les bassesses. Ne montrez de la confiance qu'à ceux qui ont le courage de contredire avec respect, et qui aiment mieux votre réputation tju< voire faveur. Il est temps que vous montriez au inonde une maturité et une vigueur d'esprit proportionnées au besoin présent. Saint Louis à votre âge était de'jà les délices des bons el la terreur des* médians. Laissez donc ton-, les amusemens <le L'âge passé : Laites %oir que vous p. et que vous sentez ce qu'un Prince doit penser et sentir. Il faut que les bon* tous aiment , trne Lot méehans vous craignenl , el que tous vous estiment. Hatex-voux de vous corriger pour travailler utilement à corriger les autres. 1 i piété n'a rien de faible, ni de triste, ni de gêné: elle élargit le cœur, elle est simple el aimable, elle se feil .sentir à tous pour les gagner tous. Le Royaume de Dieu
ne consiste pas il.ms mie scrupuleuse ol»ervati< n des
petites formalités; il consiste pourebaouo dans les \erius propres de son état. I n gland l'rince ne doit point servir Dieu de la même façon qu'un solitaire ou qu'un simple particulier. Saint Louis s'est sanctifié eu Grand Roi. U
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Nul homme n'a exerce --in ton lièele on «- 1 1 • j » î r«^ extraordinaire : entraîné jfers U vie solitaire et religieuse parmi de oei sentimena impérieux qui n'en leiuonl poi d'autres dans l'âme, il alla prendre sur l'autel toute la puissance de la Religion. Lorsque . sortant de son désert , il para&ssail ru milieu <l-s peuples i 1 des Cours, les austérités de m v ie . empreintes mit des traits oi la natale svsii répandu la grâce et la beauté . remplissaient toutes les âmes aVamour et de respect. Hoquent dans un liède où le pouvoir «i le ehanne (se la parole étaient absolumenl inconnus, il triomphait de toutes les hérésies dans les
conciles; il faisait fondre en larmes les peuples au milieu
des campagnes ei des places publiques : son éloqm
paraissait un des miracles «le la Religion qu'il prêchait. Enfin l'Eglise, dont il était la lumière ,. semblait recevoir les volontés divines par son entremise. Les Rois et leurs ministre*, à qui il ne pardonnait jamais ni un vice ni un malheur public ; s'humiliaient sous ses réprimandes comme sous la main de Dieu même; et les peuples, dans leurs calamités, allaient se ranger autour de Lui, comme il> vont se jeter au pied des autels.
Egaré par l'enthousiasme même de son zèle, il donna à ses erreurs l'autorité de ses vertus et de son caractère} et entraîna l'Europe dans de grands malheurs. Mais gardonsnous de croire qu'il ait jamais voulu tromper, ni qu'il ait eu d'autre ambition que celle d'agrandir l'Empire de Dieu. Cesl parce qu'il était trompé lui- même ; qu'il était toujours si puissant ; il eût perdu son ascendant avec ta bonne foi. L'Eglise, malgré les erreurs qu'elle lui a reconnues, l'a mis au rang des Saints; le philosophe, malgré les reproches qu'il peut lui faire, doit l'élever au rang des grands hommes.
Garât. Eloge de Sugcr.
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par ce double degré , que pour la ruine de la famille royale et pour le malheur de la France.
Doué d'un esprit vif, qui brillait dans ses yeux comme dans sa conversation; pelil de corps, mai-, bien pris dans sa taille, et joignant à une figure agréable des manières attrayantes \ actif , adroit , éloquent, il cachait un naturel pervers sous des dehors aimables et sous un air d'enjouement. Chez lui les orneinens de la vertu étaient les armes du vice. Possédant avec un art merveilleux toutes les insinuations de l'affabilité, de la souplesse, de la flatterie; .séduisant auprès des femmes, poli avec les seigneurs de la Cour, populaire avec les bourgeois, frondeur avec les mécontens, il négociait pour tromper, promettait pour dérober, caressait pour trahir, cherchait à plaire pour corrompre; jamais plus à craindre que lorsqu'il paraissait contracter les nœuds de la paix et de l'amitié. Les complots contre la patrie, les assassinats, les empoisonnemens furent les exercices de sa jeunesse; prompt à entreprendre, hardi pour le crime., timide dans le danger, remplissant la France de carnage par les guerres intestines et les guerres étrangères, sans paraître jamais dans les combats; criminel sans passion, méchant sans remords, ambitieux sans politique, séditieux par une humeur inquiète et jalouse, il fut toujours le fléau de son pays, l'instrument et le jouet d'Edouard III, enfin un de ces hommes malheureusement nés pour brouiller tout, et auxquels il ne manque que du génie pour renverser les Empires.
Vvudet, de l'Institut. Histoire des Etats- Généraux, années i355-i358.
Marcel et Robert Le Coq.
M\rcel, d'une humeur sombre et violente, fourbe sans finesse, ennemi insolent, méprisant la naissance, la
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