‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 113 sur 141 · im l.t multitude .i.r, ,i.i de · texte numérisé non relu

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Le même.

Hippocrate, ou le vrai Médecin.

HirPoniUTE naquit dans l'île de Cos. la première année de La quatre-vingtième olympiade. 11 était de la famille des Asclépiadcs, qui, depuis plusieurs siècles, conserve la doctrine d'Eseulape , auquel elle rapporte son origine Elle a formé trois écoles établies, l'une à Rhodes, la seconde à Guide, et la troisième à Cos. Il reeul de son père Héraclide les élémens des sciences ; et convaincu bientôt que, pour connaître 1 essence de chaque corps en particulier, il faudrait remonter aux principes constitutifs de l'univers, il s'appliqua tellement à la physique générale; qu'il tient un rang honorable parmi ceux qui s'y sont le plus distingués.

Les intérêts de la médecine se trouvaient alors entre les mains de deux classes d'hommes qui travaillaient, à l'insu l'une de l'autre , à lui ménager un triomphe éclatant : d'un côté, les philosophes ne pouvaient s'occupe* du système général de la nature, sans laisser tomber quelques regards sur le corps humain , sans assigner à certaines causes les vicissitudes qu'il éprotne sOuvént, d'un autre côté, les dcsceiulans d'Eseulape traitaient les maladies suivant des règles confirmées par de nombreuses guérisons , et leurs trois écoles se félicitaient à Tenvi de plusieurs excellentes découvertes. Les philosophes discouraient, les Asclépiades agissaient. Hippocrate. enrichi des connaissances des uns et des autres, conçut une de

(i) Voyez en vers, môme portrait, et les Leçons Latines nwtlenies , t. II.

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à la tête. Il ne l'aperçut pas d'abord <i n" il (allait recourir à la voie du trépan. Des lignes funestes l'avertirent enfin de sa méprise : L'opération fut faite le quinzième )<>ur, et l<- malade mourut !<• lendemain. Cesl d<- lm-mt-in»- <jue 1 On Lient ces aveux ; c'est lui qui , mpérieurè tout/ d'amour-propre, voulut que ses erreurs même fussent des

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l'eu content d'avoir consacré ses jours au soulagement des malheureux , et déposé dans ses écrits les principes d'une science dont il fut le créateur, il laissa, pour 1 instruction du médecin , des règles importantes et précieu

« Voulez-vous, dit-il, former un élève j assurez-vous Lentement de sa vocation. A-i -il reçu de la nature un discernement exquis , un jugement sain, un caractère mêlé de douceur et de fermeté, le goût du travail, et du penchant pour les choses honnêtes, concevez des espérances. Souffre-t-il des souffrances des autres ; son âme compat lisante aime-t-elle à s'attendrir sur les maux de l'humanité, concluez-en qu'il se passionnera pour un art qui apprend à secourir l'humanité.

« Quand vous l'adoptâtes pour disciple, ajoute-t-il , il jura de conserver dans ses mœurs et dans ses fonctions une pureté inaltérable. Qu'il ne se contente pas d'en avoir fait le serment. Sans les vertus de son état, il n'en remplira jamais les devoirs. Quelles sont ces vertus? Je n'en excepte presque aucune, puisque son ministère a cela d'honorable, qu'il exige presque toutes les qualités de L'esprit et du cœur; et en effet, si l'on n'était assuré de sa discrétion et de sa sagesse . quel chef de famille ne

craindrait pa>, en l'appelant , d'introduire un espion ou

un intrigant dans sa maison , un corrupteur auprès de sa femme et de ses tille- .' Comment complet *ur son humanité, s A n'aborde ses malades qu'avec une gaieté révoltante , ou qu'avec une humeur brusque ou chagrine, sur sa fermeté , si , par une servile adulation , il ménage leur uégoni 'M cède ■> leurs caprices : s|"' M prudence . si ,

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ses forces contre la maladie, est heureux et modeste dans le succès, et peut du moins se féliciter dans les revers d'avoir suspendu des douleurs et donne' des consolations. » Tel est le médecin-philosophe qu'Hippocrate comparait à un Dieu, sans s'apercevoir qu'il le retraçait en lui-même. I médecins le regarderont toujours comme le premier et le plus hahile de leurs législateurs ; et sa doctrine , adoptée de toutes les nation* , opérera encore des milliers de guérisons après des millier» d'années. Les plus vastes Empires ne pourront pas députer à la petite lie de Cos la gloire d'avoir produit l'homme le plus utile à l'humanité ; et, aux yeux des sages, les noms des plus grands conquérans s'abaisseront devant celui d Hippocrale.

Le même.

Platon.

On peut dire que Socrate ne put avoir un panégvriste plus célèbre ni plus digne de lui. On a souvent attaqué Platon comme philosophe; on l'a toujours admiré comme écrivain. En se servant de la plus belle langue de l'univers, Platon ajouta encore à sa beauté. Il semble qu'il eut contemplé et vu de près cette beauté éternelle dont il parle sans cesse, et que par une méditation profonde il Petit transportée dans ses écrits. Elle anime ses images, elle préside à son harmonie, elle répand la vie et une grâce sublime sur les sons qui représentent ses idées. Souvent elle donne à mm, st\le ce caractère céleste que les artistes

Grecs donnaient à leurs divinités. Comme l'Apollon du

Vatican | OOmme le Jupiter Olympien de Phidias, son exprejliOB est grande et calme: son élévation parait tranquille comme celle des Cieux. On dirait qu'il en a le langage. Son style ne iMsaéea point, ne s'arrAe point ; ses Idées l 'enehaineni aux i.le< •>. les mots qui composent les phrase», lai phrases qui composent le discours, tout

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