‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 12 sur 141 · lUulll.l^lM · texte numérisé non relu

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et promit de les recommander au Roi ; enfin il parla avec intérêt du brave guerrier qui avait montré une valeur plus qu'humaine, en se précipitant seul au milieu des ennemis, et parut regretter que la mort sans doute ne lui eût pas permis de se présenter avec les autres pour recevoir le prix dû à son action. Un officier qui se trouvait présent, répondit que ce brave n'était pas mort, ni même blessé, et que la honte seule l'avait empêché de se présenter. « Je veux le voir, répondit Brissac, et je vous « charge de me l'amener. » Tandis que le capitaine s'acquittait de cette commission, le Maréchal manda auprès de lui le prévôt de l'armée. Voyant approcher le coupable , il lui dit d'un ton sévère : « Soldat, quel est ton nom et « ton pays ? » Le jeune homme répondit avec embarras qu'il était fils naturel du seigneur de Boisi, et qu'il en portait le nom. « La chose étant ainsi, je ne serai point « ton juge , puisque je ne puis te méconnaître pour un « proche parent du côté de ma mère; mais, fusses-tu « mon fils, je ne t'épargnerais pas, après la faute que tu « viens de commettre. Malheureux! quel exemple as-tu « donné au reste de l'armée? Prévôt, qu'on le charge a de fers, et qu'on le garde soigneusement: votre tête k me répondra de la sienne. »

A cet ordre, qui fut exécuté sans ménagement, la tristesse et le dépit se peignirent sur tous les visages : on détourna la vue, on s'enfuit avec précipitation, pour n'être pas témoin d'un spectacle si révoltant; mais, si la présence du général et l'habitude de l'obéissance eurent assez de force pour contenir dans ce premier moment les mains et la voix des soldats , ils s'en dédommagèrent amplement dans leurs tentes et dans des conventicules particuliers que toute l'autorité des chefs ne pouvait empêcher. Boisi était devenu le sujet de leurs entretiens et d'une foule de réflexions chagrines et décourageantes : « C'était à lui seul, disait-on, qu'était due la victoire éclatante qu'on venait de remporter, et, par contre-coup,

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