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7o8 CARACTÈRES OU PORTRAITS,
Racine et Volt m.
Tocs deux ont possédé ce mérite si rare de l'élégance continue et, de l'harmonie, sans l«-< | n«-l . dans une langue lui niée , il n'y a point d'écrivain ; mais l'éléganeede Racine est plus égale, celle de Voltaire est plus brillante L'une platt davantage au goût, 1 autre à l'imagination.
Dans l'un, le travail, sans se faire sentir, a effacé jusqu'aux, imperfections Les plu s Légères j dans l'autre . la facilité se fait aperce voir à la fois cl dans Le* beatttéfl . el dans les fautes. Le premier a corrigé son style, sans en refroidir l'intérêt j l'autre y a laissé des taches, sans en obscurcir l'éclat. Ici, les effets tiennent plus souvent à la pli: poétique; là, ils appartiennent plus à un trait isole, à nu vers saillant.
L'art de Racine consiste plus dans le rapprochement nouveau des expressions ; celui de Voltaire, dans de nouveaux rapports d'idées. L'un ne se permet rien de ce qui peut nuire à la perfection , l'autre ne se refuse rien de ce qui peut ajouter à l'ornement. Racine, à l'exemple «le Despréaux, a étudié tous les effets de l'harmonie . toutes les formes du vers, toutes les manières de le varier. Voltaire, sensible surtout à cet accord si nécessaire entre le rhythmeet la pensée, semble regarder le reste comme un mérite subordonné, qu'il rencontre plutôt qu'il ne le cherche. L'un s'attache plus à finir le tissu de son style, l'autre à en relever les couleurs. Dans l'un, le dialogue est plus lié • dans l'autre , il est plus rapide.
Dans Racine, il y a plus de justesse; dans Voltaire, plus de mouvement. Le premier l'emporte pour la profondeur et la vérité j le second , pour la véhémence et l'énergie. Ici , les beautés sont plus sévères, plus irréprochables] là , elles sont plus variées, plus séduisantes. On
admire dans Racine ccito perfection toujours plus éton-
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