‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 125 sur 141 · I -. , qui atlirni'iii •) 'j i il « r.»it uran · texte numérisé non relu

I -. , qui atlirni'iii •) 'j i il « r.»it uran

iiioisi «:n«- \>i< m r<M

Mi vin-test I oiseau pare <l«- diwn plwWfM qu> •.ont pas a lui; il M |..u!' i rnliui'-n*

«i des (li • même m naturellement de l'esprit

• le nrfimiw tram

■ ni dire -n expliqua lonOU il

ho de quelqu'un qu il * ieol de un homme qui eal démise un qn suite, qai le

moment .I api

qu un peu»de mémoire lui donnait

lui leul ignore combien il cm aii-d'-s.sou.s . ! u mi! ;

I héroïque : el . incapable <!■ i ivoii jusqu où l'on [

de l'esprit, il croil oaivemenl que ce qu'il • I tout

ce que les hommes en i I l'air «*i

l<- maintien *l »• celui qui g ; itr.-.

Cl qui ii'- |'<mI> >n\ • . I .■ parle

toi-même, el il ne l'en u\ qui passent le

i . et il lemble prendre un p. un . <>u décider qu une

Irlle rlio |»lique. Si \ lu» / qU4

.Lus I «iiil».ti : idr.-

le mini i>u non lanl qu'il délibère, vont

déjà bon de honnête homme .

l'a mil <u <l> lui-même . l'a fait d< qu'il

u ri m poi l on)« -•■ . ta le « 0) "it . qu'il n .

<!«• -..i i" qu'il ■».• 1 1 que tout lui lied bien, ri

ouv< i ontemplci

I i nTui.

Gnathon, ou l'Egoïste.

Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont à son e'gard comme s'ils notaient point. Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres : il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maître du plat, et fait son propre de chaque service : il lie s'attache à aucun des mets qu'il n'ait achevé d'essayer de tous : il voudrait pouvoir les savourer tous , tout à la fois : il ne se sert à table que de ses mains, il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes ; il ne leur épargne aucune de ces malpropretés dégoûtantes , capables doter l'appétit aux plus affamés : le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe : s'il enlève un ragoût de dessus un plat , il le répand en chemin dans un autre plat et sur la nappe; on le suit à la trace : il mange haut et avec grand bruit ; il roule les yeux en mangeant; la table est pour lui un râtelier : il écure ses dents, et il continue à manger. Il se fait, quelque part où il se trouve , une manière d'établissement, et ne souffre pas d'être plus pressé au sermon ou au théâtre que dans sa chambre. Il n'y a dans un carrosse que les places du fond qui lui conviennent; dans toute autre, si on veut l'en croire, il pâlit et tombe en faiblesse. S'il fait un voyage avec plusieurs, il les prévient dans les hôtelleries, et il sait toujours se conserver, dans la meilleure chambre, le meilleur lit. Il tourne tout à son usage : ses valets, ceux d'autrui courent dans le même temps pour son service : tout ce qu'il trouve sous sa main lui est propre, bardes, équipages : il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne , ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion et sa bile; ne pleure point la mort des autres, n'appréhende que la

I l v\]\ u.i.i l ES

HM . (|u'il racli.t.r ur \..lontiers de l>\( inciion du humain.

Le MIME-

< ! 1 1 "-» u .1 jamais eu en louU , m- <l«-u\ :

<|in M>i,t (!«• dîner \>- in.itin «t ,|. I ne

jemWe ne que poui |u*un

• •un elieo : il cl 1 1 lea eut 1 1 ■■ i i-j. .in u u il l'est trouve') il dit combien il il queli |

il »<• M.l|\ Kl, ,|U. J> j ■!

premier ien ioe . il n'oubl , . !■• fruit

<i l< . il Qomn

dont il .1 bu ; il p©ss< .! I< ■ qu'il

il me fait eni table où il ne toit point : >' •• surtout un |

l'hoi i iblc ' de tuaugrr un m

d<- boire d un \ m m» I

dan

jusque* où il pouvait aller : un tnme

qui ;

du moiu - i

h manger le jour ij

Ci iai». \r

-, . Péril fixe < : »NMirt; . le* • d tut . If J-'ii il parlr ..

7a{ CARACTERES OU PORTRAITS,

fiance , il fait répéter celui qui l'entretient , cl il ne goûte que médiocrement tout ce qu'il lui dit : il déploie un .nnjile mouclioir, et se mouche avec grand bruit; il crache fort loin , et il éternue fort haut} il dort le jour, il dort la nuit, et profondément; il ronfle en compagnie; il occupe l table et à la promenade plus de place qu'un autre; il lient le milieu en se promenant avec ses égaux; il s'arrête , et l'on s'arrête ; il continue de marcher, et l'on marche; tous se règlent sur lui; il interrompt , il redresse ceux qui ont la parole; on ne l'interrompt pas , on l'écoute aussi long-temps qu'il veut parler , on est de son avis; on croit les nouvelles qu'il débite. S'il s'assied, vous le voy«ï s'enfoncer dans un fauteuil , croiser les jambes lune sur l'autre, froncer le sourcil , abaisser son chapeau sur ses jeux pour ne voir personne, ou le relever ensuite, et découvrir son front par fierté, ou par audace. Il est enjoué, grand rieur, impatient, présomptueux, colère, libertin , politique, mystérieux sur les affaires du temps : il se croit des lalens et de l'esprit; il est riche.

Phédon a les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre : il dort peu , et d'un sommeil fort léger : il est abstrait, rêveur, et il a , avec de l'esprit , l'air d'un stupide : il oublie de dire ce qu'il sait ou de parler d'événemens qui lui sont connus; et, s'il le fmi I quelquefois, il s'en tire mal; il croit peser h ceux à qui il parle : il conte brièvement, mais froidement; il ne se fait pas écouter, il ne fait point rire; il applaudit, il sourit à ce que les autres lui disent , il est de leur avis , il court , il vole pour leur rendre de petits services : il est complaisant, flatteur, empressé; il est mystérieux sur ses affaires, quelquefois menteur; il est superstitieux, scrupuleux, timide; il marche doucement et légèrement, il semble craindre de fouler la terre; il marche les yeux baissés , et il n'ose les lever sur ceux qui passent. 11 n'est jamais du nombre de ceux qui forment un cercle pour discourir : il se met derrière celui qui pwrle, recueille furtivement ce

i i PAft iLLI il

qui n

de lieu il ne ! \en\ point il<- pi ice : i! ■

l<- . -Ii.i|.< M il .| : il s.

repl

I«-!l||i||.v <|r lllnluif oïl il

M trmiw iiif«\.ii • '<

ou. Si on le i mit || l-Mi ,1 -I un îa*an : il j

ri il arlirul'- m. il I ' |>u-

bliqUOI . chagrin <

<l<-s minietree tl «lu miniatère, il n'ouvre U bouche qur

pOttl I •• | >• «I l ti I »- : il tOUftftl' . il SC mm;

il ( t.ii-Iii- ptuaajM I qu'il -".' m ul j

éiernuer . ou , ii eela lui arrive. Il coin-

r j il n'en <••■ mu ne ni uJul ni oomplin*

il rsl |..iil\r«- | I .

Le mk«k. »

Ni-!> i / plui d boni office* . d de fini mrtt; .Luis uo homuM qu

livre4 I < ■inctil IM in • l

HIHSSC7 VOUI I m>ii tisagr , a I

nomme plus en iqi oui : il m % ■ pla

1 m <!<• h iponi . de rourboi . de '

dont il lui échapperai l il<- dire ce qu i1 i | ■• ■ ■ qui . venant à h I'- ni 1 1 1 ■ n il de t"in la monde . il n'en «In ne voulant du bie qu'à lui mju! . il \-

■ Il \clll .1 liMl.s . .ll'lll Ijlll" Inll- llll ' '. '

«lu moins ne lui N

•inoei e, il m

< i) Vo\i i ir< / v ; ' aûnàiej anai

bleue ion oreille : il est froid el indifférent sur les obsnp* vations que l'on fait sur laCenr et sur le court iean : > t. parce qu'il lei a entendues • il l'en croit complu tqnisbte.

Tyran de la société el martyr de ses ambition, il a «ne iri&ic circonspection dans .sa conduite et dans ses discourt, uia* raillerie, innocente j mais froide et contrainte) ni rii forcé, des • -arrssi s contrefaites . une conversation interrompue, il dei distractions fréquente! : il i une profusion, le ilirai-je? dei Inrroni de Louanges pour ce qu'a l'ait ou ce qu'a dil un homme plané r ri qui on en bbvoby, et pour loui autre une léeheresse de pultnooique : il ■ des formulet de compliment pour L'entrés et pouf h k l'égard de oeui qu'il visite, ou dont il est visité : et il n'y a personne de ceux qtii se paient il" mines el de hooi parler, qui M sorte d'avec lui fort satisfait. Il vise également à se taire des patrons et des créatures; il est médiateur, eonfident, entremetteur j il veut gouverner, il a une ferveur de novice pour toutes les petites pratiques de Cour: il sait où il faut, se placer pour être vu ; il sait vous embrasser ; prendre part à votre joie; vous faire coup sur coup des questions empressées sur votre santé, sur vos affaires); et, pendant que vous lui répondes . il perd le fil de sa curiosité, vous interrompt . entame un autre sujet, ou, s'il survient quelqu'un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un eompliment de condoléance : il pleure d un OBÎl , el il rit de l'autre. Se formant quelquefois sur les ministres ou sur le favori , il parle on public de choses frivoles, du

vent, de la gelée 1 il sa Mil M contraire, et fail le mystérieux, suv ce qu'il sait déplus important , et plus volontiers encore sur ce qu'il ne sait point (1).

Le mi' mi

(1) Voyez Ics^Leçons Latines modernes.

I I PAR M I I I I Ac %*-u! nu

irati

ia uiéiur i ■ laiif;

I Irur f<>!

72S CAKACTÈRES OU PORTRAITS,

bellisscnl; do substituer à la vérité et au\ sentimens des paroles artificieuseseldes protestât ions simulées • de mettre eu œuvreles profondeurs elles ruses de l'intrigue; d'affecter des manières libres elaisées qui ne promettent que candeur et que bonne foi ; de cacber les chagrins sous un visage riant : de masquer la haine des dehors de la politesse, et de nuire dans les ténèbres en faisant semblant d'obliger au grand jour. Les bénédictions sont sur leurs lèvres , les malédictions sont dans leur cœur; à les voir si attentifs, si prévenans, si officieux, on dirait qu'ils ne composent tous ensemble qu'une même famille dont les intérêts sont les mêmes : percez cette apparence trompeuse, vous découvrirez dans ces amis prétendus autant d'envieux et de rivaux, qui n'aspirent qu'à leur destruction mutuelle (i).

L'Abbé Poulle.

Le Fantasque.

Qu'est-il donc arrivé de funeste à Mélanine? Rien au dehors, tout au dedans. Ses affaires vont à souhait. Tout le monde cherche à lui plaire. Quoi donc? C'est que sa raie fume. Il se coucha hier les délices du genre humain : ce matin on est honteux pour lui ; il faut le cacher. En se levant, le pli d'un chausson lui a déplu : toute la journée sera orageuse, et tout le monde en souffrira. Il fait peur, il fait pitié; il pleure comme un enfant, il rugit comme un lion. Une vapeur maligne et farouche trouble et noircit son imagination , comme l'encre de son écritoire barbouille ses doigls. N'allez pas lui parler des choses qu'il aimait le mieux il n'y a qu'un moment : par la raison qu'il les a aimées, il ne les saurait plus souffrir. Les parties de divertissement, quil a tant désirées, lui deviennent ennuyeuses; il faut les rompre. Il cherche à contredire, à se plaindre, à piquer les autres; il s irrite de voir qu'ils ne veulent

(») Voyez |'eS Leçons famines nindemes , t. II.

pnint se ficher. Souvent il i imr

un i.iiirc.Hi farieui « | • i contra lei vents.

Quand il m. m. [ti il s<- tourne contre loi mém< Il • blâme, il bon i rien , il e, il trouve Ion n in'on

veuille le consoler. Il veut être seulj et il i rap-

porter !• solitude. Il rei ienl ■ la < contra elle* ( 'h m lut e choque.4 1 i

tout bel ■ il l'imagine qui 1 1 (oui

haul : il trouvé qu'on | ».« r 1 »- trop, et qu'oi il.mt qu'il eal triste. On eel trial

un reproche d< On rit : nne qu'on «■»•

moque de lui. Que nui

qu'il est insupportable, attend \ qu'il revit

demain auaai sage qu'il était bi< I e humeur «:t< s'en \a comme elle rienl : quand elle le pn que c'eet un reaaorl <!<• machine qui --• démoi coup. Il eat comme on dépeint le | comme I l'en en li déi

•onhe. Pousseï lej voui lui fcrei » ! i r»- en plein jour qu'il cet nuit, Car il n't i plui ni jour ni nuit | démontée par aon caprice. Quelquefois il • ■•m

pécher d'être étonné d N

li.i-mi. il sourit dm paroles extravagante» qui lui oui échai

M lia quel moyen de préVoii l.i tempête ' Il n'j en .1 aucun • point de boni almanachs pour prédire oc mauvais temps G roosbiende

Demain nous u , divertir dans nn tel jardin.

L'homme d'aujourd'hui m

celui <|im vous promel maintenant, disparaîtra tai nous n.. aaurei phai le prendre pour le iveuif de

M parole. Kn •>.» | tus irouverei un je nr mis quoi

€ 1 1 1 1 bj'i m Forme m nom. • | « 1 1 n'en peu!

\nih ne -.tut !••/ < 1 «-Il ii i r ilrux iiin|.hi«- de Miil«- «le l.« même

73o CARACTÈRES QU PORTRAITS,

manière. Etudiez-le bien \ puis dites-en tout ce qu'il vous plaira : il ne sera plus vrai le moment d'après que vous l'aurez dit : ce je ne sais quoi veut et ne veut pas ; il menace, il tremble; il mêle des hauteurs ridicules avec des bassesses indignes; il pleure, il rit; il badine, il est furieux : dans sa fureur la plus bizarre et la plus insensée, il est plaisant et éloquent, subtil, plein de tours nouveaux, quoiqu'il ne lui reste pas seulement une ombre de raison.

Prenez bien garde «le ne lui rien dire qui ne soit juste, précis, et exactement raisonnable : il saurait bien en prendre avantage, et vous donner adroitement le change. Il passerait d'abord de son tort au votre, et deviendrait raisonnable pour le seul plaisir de vous convaincre que vous ne l'êtes pas. C'est un rien qui l'a fait monter jusqu'aux nues ; mais ce rien quest-il devenu? il est perdu dans la mêlée; il n'en est plus question : il ne sait plus ce qui la fâché; il sait seulement qu'il se fâche , et qu'il veut se fâcher; enct-re même ne le sait-il pas toujours. Il s'imagine souvent que tous ceux qui lui parlent sont emportés, et que c'est lui qui se modère : comme un homme qui a la jaunisse croit que tous ceux qu'il voit sont jaunes , quoique le jaune ne soit que dans ses yeux.

Mais peut-être qu'il épargnera certaines personnes auxquelles il doit plus qu'aux autres, ou qu'il parait aimer davantage. Non, sa bizarrerie ne connaît personne ; elle s'en prend sans choix à tout le monde. Il n'aime plus les gens, il n'en est point aimé. On le persécute, on le trahit. Il ne doit rien à qui que ce soit. Mais attendez un moment: voici une autre scène. Il a besoin de tout le monde; il aime , on l'aime aussi; il flatte, il s'insinue, il ensorcelle tous ceux qui ne pouvaient plus le souffrir. Il avoue son tort, il rit de ses bizarreries ; il se contrefait, et vous croiriez que c'est lui-même dans ses accès d'emportement , tant il se contrefait bien. Après celte comédie jouée à ses propres dépens, vous croyez bien qu'au moins il ne fera

i i PAl \u BLEfl

plu* le d< Il

i i.otir i < : *-rt ..i 1 1 1 , * n

II \ i m prllr \r

qu'il •

t ridicuh l ,\ qu iUi

r quclqu \

Page 1