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8a TABLEAUX.
cérastes impurs s'entrelacer, se suspendre aux rameaux éblouissans; des larves, des fantômes montraient leurs ombres sur un fond de lumière, comme des taches sur le soleil; mais bientôt tout s'éteignait, et une obscurité plus terrible ressaisissait la forêt mystérieuse.
De Marchàngy. La Gaule Poétique.
Le Spectacle d'une belle Nuit dans les Déserts du Nouveau-Monde.
Une heure après le coucher du soleil , la lune se montra au-dessus des arbres ; à l'horizon opposé, une brise embaumée, qu'elle amenait de l'orient avec elle, semblait la précéder , comme sa fraîche haleine , dans les forêts. La reine des nuits monta peu à peu clans le ciel : tantôt elle suivait paisiblement sa course azurée, tantôt elle reposait sur des groupes de nues, qui ressemblaient à la cime des hautes montagnes couronnées de neige. Ces nues, ployant et déployant leurs voiles , se déroulaient en zones diaphanes de satin blanc , se dispersaient en légers flocons d'écume, ou formaient dans les cieux des bancs d'une ouate éblouissante, si doux à l'œil, qu'on croyait ressentir leur mollesse et leur élasticité.
La scène, sur la terre, n'était pas moins ravissante; Le jour bleuâtre et velouté de la lune descendait dans les intervalles des arbres, et poussait des gerbes de lumière jusque dans l'épaisseur des plus profondes ténèbres. La rivière qui coulait à mes pieds, tour à tour se perdait dans les bois , tour à tour reparaissait toute brillante des constellations de la nuit, qu'elle répétait dans son sein. Dans une vaste prairie , de l'autre côté de cette rivière, la clarté de la lune dormait sans mouvement sur les gazons. Des bouleaux agités parles brises, et dispersés çà et là dans la savane, formaient des îles d'ombres flottantes, sur une mer immobile de lumière. Auprès, tout
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