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x PRÉFACE.
« pourrait néanmoins excepter Virgile du nom- « l>re des auteurs dont il ne faut apprendre que « des parties, ou au moins quelques livres de « Virgile, comme le II8, le IVe et le VIe de « l'Enéide. Mais , pour les autres auteurs , il « faut user de discernement; autrement, encon- « fondant les endroits communs avec ceux qui « sont excellens , on confond aussi leur juge- « ment. Il faut donc choisirdans Gicéron , dans « Tite-Live, dans Tacite, dans Sénèque , cer- « tains lieux si éclatans, qu'il soit important de « ne les oublier jamais. Il faut user de la même « réserve dans la lecture des poètes , tels que « Catulle, Horace, Ovide, Sénèque, Lucain , « Martial, Stace , Claudien, Ausone.
« Cet avis est de la plus grande importance , « et n'a pas seulement pour but de soulager la « mémoire des enfans , mais aussi de leur former « l'esprit etlestyle.Carleschosesqu'on apprend « par cœur s'impriment dans la mémoire, et sont « comme des moules ou des formes que les pen- « secs prennent lorsqu'ils les veulent exprimer ; « de telle sorte que lorsqu'ils n'en ont que d'ex- « cellens, il faut, comme par nécessité , qu'ils << s'exprimentd'unemanièrenobleetélevée(i).»
(i) Cette dernière idée est évidemment celle de Quinlilien dans ces deux phrases: Optimis assuescent, et habebunt intra se i/uod imitentur. Etiam non senlientes , formant orationis illam quant mente penitùs acceperint , expriment.
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xij PREFACE.
logucs ou contraires, en opposition les uns avec les autres, et quelquefois le même auteur avec lui-même , pour comparer le génie, le talent, et faire sentir les ressources inépuisables de l'expression et de la pensée. Ces rapprochemens, ces contrastes , si magiques , si pittoresques dans la nature et dans les arts, ont dans les lettres le même charme , la même puissance , et sont dans l'enseignement, par leur agrément, leur utilité, un des moyens d'instruction les plus féconds et les plus heureux.
Pour répandre sur cet ouvrage le charme et le prix d'une plus riche variété , nous avons réuni aux auteurs fameux qui ne sont plus , les auteurs vivans dont les talens sont depuis longtemps consacrés par la gloire, et même ceux dont le nom, jeune encore, est déjà inauguré par elle à la célébrité.
En cela , nous n'avons fait aussi que nous conformer aux principes et aux idées des maîtres de l'art, Le Batteux (i), Rollin, etc. Ce dernier recommande « de lire aux jeunes gens les meil- « leurs ouvrages français , de faire un recueil « des plus beaux endroits , où l'utilité et l'agré- « ment se trouvent ensemble, qui leur plairont « infiniment par l'élégance du style et la variété
(i) « Mon ouvrage, dit-il , sera réellement celui des « bons auteurs morts ou vivans, plutôt que le mien. » Cours de Belles-Lettres , distribué par exercices , tom, Ier.
PRÉFAC1 xi.)
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«iv PttÉFÀCE,
térêt, perfectionnera aussi, achèvera l'éducation des jeunes personnes , leur donnera l'indication des ouvrages d'un grand nombre de nos meilleurs auteurs, et, pour la plupart d'entre elles, une teinture suffisante de notre littérature.
En un mot , tous les moyens de donner, soit au fond, soit à la forme et à l'exécution de l'ouvrage, tout l'agrément, toute l'utilité qu'il comporte, nous les avons recherchés, employés avec un zèle et un soin qu'inspirent seuls l'ardent désir du bien de la jeunesse, et l'espoir de seconder efficacement les instituteurs et les institutrices, les pères et mères de famille qui ont le loisir ou le besoin de s'occuper eux-mêmes, dans leurs foyers, de l'éducation de leurs enfans.