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ronne , ils sondent la lointaine profondeur du rivage; enfin l'attention, fixée par «les objets distincts, observe avec détail les rochers, les bois , les torre-ns, les coteaux , les villages et les villes. On prend un plaisir secret à trouver petits ces objets qu'on a vus sigrands. On regarde avec complaisance la vallée couverte de nuées orageuses, et l'on sourit d'entendre sous ses pas ce tonnerre qui gronda si long-temps sur la tête; on aime à voir à ses pieds ces sommets , jadis menaçans, devenus dans leur abaissement semblables aux sillons d'un champ ou aux gradins d'un amphithéâtre ; l'on est flatté d'être devenu le point le plus élevé de tant de choses, et l'orgueil les fait regarder avec plus de complaisance.
Lorsque le voyageur parcourt l'intérieur de ces montagnes, l'aspérité des chemins, la rapidité des pentes, la profondeur des précipices, commencent par l'effrayer. Bientôt l'adresse des mulets qui le portent le rassure, et il examine à son aise les incidens pittoresques qui se succèdent pour le distraire. Là , comme dans les Alpes, il marche des journées entières pour arriver dans un lieu qui, dès le départ , est en vue : il tourne , il descend, il côtoie, il grimpe ; et, dans ce changement perpétuel de sites, on dirait qu'un pouvoir magique varie à chaque pas les décorations de la scène. Tantôt ce sont des villages prêts à glisser sur des pentes rapides et tellement disposées que les terrasses d'un rang de maisons servent de rue au rang qui les domine. Tantôt, c'est un couvent placé sur un cône isolé ; ici, un rocher, percé par un torrent, est devenu une arcade naturelle; là, un autre rocher, taille à pic, ressemble à une haute muraille ; souvent , sur les coteau x, les bancs de pierre, dépouillés et isolés par les eaux, ressemblent à des ruines que l'art aurait disposées. En plusieurs lieux, les eaux, trouvant des couches inclinées, ont miné la terre intermédiaire, et ont formé des cavernes, ailleurs, elles se sont pratiqué des cours souterrains; où coulent des ruisseaux pendant une partie de l'année.
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. ote on découvre le golfe forme par rA<lriali<|uc prés de Kiinini, lus (lois resplendissans et unis de celte mer. Cl par-delà , (piand le ciel est sans vapeurs, les ((îles escarpées de la Dalmatie; du cote oppose on plonge nr toute la chaîne de l'Apennin, dont les cimes variées, confuses, inégales, présentent d'autres espèces de flots et sont comme un océan de montagnes.
Le même.
Aspect physique et moral de Constantinople.
ConstAntinople, et surtout la côte d'Asie, étaient noyées dans le brouillard : les cyprès et les minarets cpie j'apercevais à travers cette vapeur présentaient l'aspect d'une forêt dépouillée. Comme nous approchions de la pointe du sérail, le vent du nord se leva, et balaya, en moins de quelques minutes, la brume répandue sur ce tableau ; je me trouvai tout à coup au milieu des palais du Commandeur des croyans. Devant moi le canal de la mer Noire serpentait entre des collines riantes, ainsi qu'un fleuve superbe : j'avais à droite la terre d'Asie et la ville de Sculari ; la terre d'Europe était à ma gauche : elle formait, en se creusant, une large baie pleine de grands navires à l'ancre, et traversée par d'innombrables petits bateaux. Cette baie, renfermée entre deux coteaux, présentait en regard et en amphithéâtre Constantinople et Galata. L'immensité de ces trois villes étagées , Galata, Constantinople et Scutari; les cyprès, les minarets, les mâts des vaisseaux qui s'élevaient et se confondaient de toutes parts ; la verdure des arbres, les couleurs des maisons blanches et rouges j la mer qui étendait sous ces objets sa nappe bleue, et le ciel qui déroulait au-dessus un autre champ d'azur : voilà ce que j'admirais; on n'exagère point, quand on dit que Constantinople offre le plus beau point de vue de l'univers.
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l'idole. Rien ne peut les soustraire au sacrifice; ils sont entraînés par un pouvoir fatal: les yeux du despote attirent les esclaves, comme les regards du serpent fascinent les oiseaux dont il fait sa proie.
Chateaubriand. Itinéraire, t. II.
Le Meschacebé (i). »
Ce fleuve, dans un cours de plus de mille lieues, arrose une délicieuse contrée, que leshabitans des Etats- Unis appellent le nouvel Eden , et à qui les Français ont laissé le doux nom de Louisiane. Mille autres fleuves tributaires du Meschacebé, le Missouri, l'Illinois, l'Akanza, l'Ohio, le Wabache, le Tenaze, l'engraissent de leur limon et la fertilisent de leurs eaux. Quand tous ces fleuves se sont gonflés des déluges de l'hiver , quand les tempêtes ont abattu des pans entiers de forêts , le Temps assemble sur toutes les sources les arbres déracinés : il les unit avec des lianes , il les cimente avec des vases, il y plante de jeunes arbrisseaux, et lance son ouvrage sur les ondes. Charriés par les vagues écumantes , ces radeaux descendent de toutes parts au Meschacebé. Le vieux fleuve s'en empare , et les pousse à son embouchure pour y former une nouvelle branche. Par intervalles , il élève sa grande voix , en passant sous les monts , il répand ses eaux débordées autour des colonnades des forêts et des pyramides des tombeaux indiens: c'est le Nil des déserts. Mais la grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature; et, tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes, on voit, sur les deux courans latéraux, remonter, le long des rivages, des îles flottantes de pistia et de nénufar , dont les roses jaunes s'élèvent
(i) Vrai nom duMississipi ouMcschassipi, V ieux Père des Eaux.
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