‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 37 sur 141 · I.t MtMt · texte numérisé non relu

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il n'emploie jamais la force que pour y maintenir la paix. Mais c'est surtout à la guerre, c'est contre les animaux ennemis ou indépendans, qu'éclate son courage, et ne son intelligence se déploie tout entière. Les talens naturels se réunissejit ici aux qualités acquises. Dès que le bruit désarmes se fait entendre , dès que le son du cor ou la voix du chasseur a donné le signal d'une guerre prochaine, brûlant d'une ardeur nouvelle, le chien marque sa joie par les plus vifs transports ; il annonce par ses mouvemens et par ses cris l'impatience de combattre et le désir de vaincre ; marchant ensuite en silence , il cherche à reconnaître le pays, à découvrir, à surprendre l'ennemi dans son fort; il recherche ses traces, il les suit pas à pas, et par des accens différens indique le temps, la distance, l'espèce, et même l'âge de celui qu'il poursuit.

Le chien , indépendamment de la beauté de sa forme , de la vivacité , de la force , de la légèreté, a par excellence toutes les qualités intérieures qui peuvent lui attirer les regards de l'homme. Un naturel ardent, colère, même féroce et sanguinaire , rend le chien sauvage redoutable à tous les animaux, et cède, dans le chien domestique , aux sentimens les plus doux, au plaisir de s'attache* et au désir de plaire; il vient en rampant mettre aux pieds de son maître son courage , sa force , ses talens ; il attend ses ordres pour en faire usage; il le consulte, il l'interroge, il le supplie; un coup d'oeil suffit, il entend les signes de sa volonté : sans avoir, comme l'homme, la lumière de la pensée, il a toute la chaleur du sentiment, il a de plus que lui la fidélité, la constance dans ses affections; nulle ambition, nul intérêt, nul désir de vengeance, nulle crainte que celle de déplaire ; il est tout zèle, tout ardeur et tout obéissance ; plus sensible au souvenir des bienfaits qu'à celui des outrages, il ne se rebute pas par les mauvais traitemens ; il les subit, 1rs oublie, ou ne s'en souvient que pour s'attacher davantage ;

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flots, affrontai Ii courroux des vagues, braver le déchaînement des vents et de la tempête, se réunir pour mieux résisterau courant des fleuves , plonger dans les gouffres de la mer, et ramener vers le rivage les malheureux naufragés. Qui n'a pas entendu parler des chiens de la Sibérie ? Il semble néanmoins qu'on n'ait pas assez célébré leur intelligence, leur dévouement, leurs services, leur générosité. Ces animaux servent à la fois pour les Samoïèdes de bêtes de somme et de bêtes de trait. Ils manifestent une étonnante vigueur, et transportent des fardeaux à des distances prodigieuses. On les attelle à des traîneaux. Plus lestes que nos coursiers , ils savent se frayer des issues au travers des routes les plus escarpées. Ils ne font qu'effleurer le sol, et passent rapidement sur la neige sans jamais l'enfoncer. Aussi sobres que laborieux, il leur suffit, pour se nourrir, de quelques poissons qu'on fait mariner, et qu'on met ensuite en réserve. Mais, ce qu'il y a de merveilleux dans les habitudes de ces bons chiens, c'est qu'ils restent libres et livrés à eux-mêmes tout le cours de leur été. Tant qu'on n'a pas besoin de leur assistance , ils vivent de leur seule industrie. Ce n'est qu'à un signal qu'on leur donne , après l'apparition des premiers froids > qu'ils accourent affectueusement auprès de leurs maîtres, pour leur rendre tous les services dont ceux-ci ont besoin. Ils les dirigent pendant les ténèbres de la nuit, et au milieu des plus terribles orages. Quand les Samoïèdes tombent engourdis sur la terre couverte de frimas , leurs chiens viennent les couvrir de leurs corps, et leur communiquer leur chaleur naturelle. Mais que fait l'homme, partout si ingrat pourtant de bons offices ? Il attend que ces animaux deviennent vieux pour exiger leur peau, et pour s'en revêtir.

Alibert. Physiologie des Passions, t. II.

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