‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 42 sur 141 · JU · texte numérisé non relu

JU

DJ SCRIPTIONS

L'Oiseau-Moi*

De tous 1rs (*■ lus animes , mik i le pli. . élégant pOttl l.i

i'hiiic, et le plui briUanl pour 1m couleur». L< pi «i le métaux polis par- notre an n< i [ « a f a l > l « s

i ce bijou île la nature: elle l'a place dans l'ordrt oiseaus au derniei degré il'- l'échelle de grandeui . che&d'csuvrc est le petit oiteauHBnouche ; elle l'a comblé de tous lis ilnn> qu'e|le n'a fait que partager aux a. oiseaux : légèreté , rapidité , prestesse, grâce et richt parure, tout appartient à ce petit favori. L'émeraude, Le

rubis, la topaze, brillent sur ses )ial>i I s : il ne les snuill< jamais de la poussière de la terre: et, dans sa vie i< >u i aérienne, «m le voit à peine toucher le i^azon par m.-

tans; il est toujours en l'aii , volant de Heurs en Hem s. il a leur fraîcheur, comme il a leur éclat ; il \n de Uni ne tar , et n'habite que lag rlimats où sans < eaae ell<

renouvellent.

C'est dans les contrées les plus chaudes du Nouveau- Monde que se trouvent tontes les espèces d'oiseauxmoui h- s ; elles sont assez nosnbrensas , et pai

< i m 11 nées entre les deux tro pif pi es ; car ceux qui s'a\ aie

en été dans les zones tempérées n'y font qu'un «nuit

séjour; ils semblent suivre le soleil, s'avancer, se lelirei arec lui, et Voler sur l'aile i\va zéphyrs à la suite d'un printemps éternel.

Les Indiens, frappes de l'éclat et du t< u que rendent les couleurs de ces brillans oiseaux , leur avaient donné

les noms de rayons ou ihrcrui du sn/ri/. l'uni le volume,

les pefites espèces de .es oiseaux sont au-dessous <i>' la grande mouche asile (le taon ) pour la grandeur, et du

bourdon pour la grosseur. Leur liée est une aiguille fine, et leur langue un iil délié-: leurs petits yeux i: ne paraissent que A<\i\ points luillans; les plumes d< leurs ailes sniil si délit aies , qu'elles en paraissent h ans-

I «ft.

2o6 DESCRIPTIONS.

Les Insectes.

JETONS les yeux sur ce que la nature a créé de plus faible, sur ces atomes animés, pour lesquels une Ileui

est un monde et une goutte d'eau un océan. Les plus brillons tableaux vont nous frapper d'admiration, L'oi , le saphir , le rubis, ont été prodigués à des uis. | invisibles, Les uns marchent le front orné de panaches, sonnent la trompette, et semblent armes pour la guerre ; d'autres portent des turbans enin bisde pierreries, leurs robes sont étincelantes d'azur et de pourpre, Us 0*H de longues lu ne n es, (on h ne poui découvrir leurs ennemis, ei des boucliers pour s'en défendre, Il en est oui exhalent

le parfum «les (leurs, et sont créés pour le plaisir. On les voit avec des ailes de gaze, des casques d'argent , des épieux noirs comme le fer, effleurer les ondes, voltigei dans les prairies, s'élancer dans les airs. Ici on exerce tous les arts, toutes les industries; c'est un petit monde qui a ses tisserands, ses maçons, ses architectes. On y reconnaît les lois de l'équilibre, et les formes savantes de la géométrie. Je vois parmi eux des voyageurs qui vont à la découverte, des pilotes qui , sans voile et sans boussole, voguent sur une goutte d'eau à la conquête d'un Nouveau-Monde. Quel est le sage qui les éclaire, le savant qui les instruit, le héros qui les guide et les asservit? Quel est le Lycurgue qui a dicté des lois si parfait' s.' Quel est l'Orphée qui leur enseigna les règles de l'harmonie ? Ont-ils des conquérant qui Les égorgent , et qu'ils couvrent de gloire? Si* croient-ils les maîtres de L'univers, parce qu'ils rampent sur sa surface i' Contemplons petits ménages, i es royaumes , ces républiques, hordes semblables à cilles des Arabes : une mite va occuper cette pensée qui calcule la grandeur des astres , émouvoir ce cieur que rien ne peut remplir, étonner

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ao8 DESCRIPTIONS.

lei ténèbres. Tantôt il se forme en cercle, h darde une I r» 1 1 14 1 j « • de feu; tantôt, debout sur l'extrémité de sa queue, il marche dans une aititud- perpendiculaire, < munir jmr cm hautement. Il se jette en orbe, monte el s'abaisse en spirale, rouVe ses anneaux < omme une onde , circule sur les branches des arbres, glisse sous l'herbe i\e,s prairies ou sur la surface des eaux. Le labyrinthe avait moins de sinuosités que les méandres tiares pai i reptile. Ses couleurs sont aussi peu déterminées que sa marche ; elles changent à tous les aspects de la lumière . et, comme ses mouvemens, elles ont le faux brillant el les variétés trompeuses de la séduction.

Plus étonnant encore dans le reste de ses mœurs, il sait, ainsi qu'un homme souillé de meurtres, jeter à l'écart sa robe tachée de sang , dans la crainte d'être reconnu. Par une étrange faculté , il peut faire rentrer dans son sein les petits monstres que l'amour en a fait sortir. 11 sommeille des mois entiers, fréquente les tombeaux, habite les lieux inconnus , compose des poisons qui glacent, brûlent ou tachent le corps de sa \irtime des couleurs dont il est lui-même marqué. Là , il lè\e deux tètes menaçantes; ici, il fait entendre une sonnette, il siffle comme un aigle de montagne, mugit comme an taureau. Objet d'horreur ou d'adoration, les homme* ont pour lui une haine implacable, ou tombent devant son génie. Le mensonge L'appelle, la prudence le réclame, Ternie le porte dans son cœur, et l'éloquence à son caducée. Aux enfers , il arme le fouet des Furies ; au < iel , L'Eternité en fait son symbole. Il possède encore l'art <le séduire l'innocence. Ses regards enchantent les oiseaux dans les airs ; et, sous la fougère de la crèche, la brebis lui abandonne son lait (r).

Chateaubriand. Génie du Christianisme.

(i) Voyez Narrations , vers el prose ; et les Leçons Latines anciennes , t. Il .

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veloppanl les liçfs dans les divers replu de son corps, il

s*' fixe sur Les ai bres a différt aies liant'- UPS, i i \ dei

souventlong-temps en embuscade , attendant patiemment

le passage de sa proie. Lorsque, pour l'ait* l pour sauter sur un arbre roien, il a une trop grande distance à franchir, il entortille sa queue autour d'une branche, et suspendant son corps allongé à cette etpèi < d'anneau , se balançant , et tout d'un coup s'élançant a\ >■< force, il se jette comme un trait sur sa victime , ou contre l'arbre auquel il veut s'attacher.

Lorsqu'il apen <>it un ennemi dangereux, ce n'est point avec ses dents qu'il commence un combat , qui alors sertit trop désavantageux pour lui ; mais il se précipite avec tant de rapidité sur sa malheureuse victime, l'enveloppe dans tant de contours, la serre avec tant de force, fait craquer ses os avec tant de violence, que, ne pouvant ni s'échapper, ni user de ses armes, et réduite à pousser de vains , mais d'affreux hurlemens , elle est bientôt étouffée sous les efforts multipliés de ce monstrueux reptile.

Si le volume de l'animal expiré est trop considérable pour que le devin puisse l'avaler, malgré la grande ouverture de sa gueule, la facilité qu'il a de l'agrandir, et l'extension dont presque tout son corps est susceptible, il continue de presser sa proie mise à mort ; il en écrase les parties les plus compactes; et, lorsqu'il ne peut point les briser avec facilité, il l'entraîne, en se roulant avec elle , auprès d'un gros arbre dont il renferme le tftm< dans ses replis; il place sa proie entre l'arbre et son corps; il les environne l'un et l'autre de ses noeuds vigoureux; et , se servant (h' sa tige noueuse comme d'une sorte île levier, il redouble ses efforts, et parvient bientôt à comprimer en tous sens, et à moudre, pour ainsi dire, le corps de l'animal qu'il a immolé.

Lorsqu'il a donné ainsi à sa proie toute la souplesse qui lui est nécessaire, il l'allonge en continuant de la presser, et diminue d'autant sa grosseur; il l'imbibe de

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âiâ DESCRIPTIONS.

faisante, il marque son plaisir par de molles ondulations de sa queue déliée • il fait briller ses yeux vifs et animés ; il se précipite comme un trait pour saisir une petite proie , ou pour trouver un abri plus commode. Bien loin de s'enfuir à l'approche de l'homme, il paraît le regarder avec complaisance; mais au moindre bruit qui l'effraie, à la chute seule d'une feuille , il se roule, tombe , et demeure pendant quelques instans comme étourdi par sa chute ; ou bien il s'élance, disparaît, se trouble, revient, se cache de nouveau, reparaît encore, et décrit en un instant plusieurs circuits tortueux que l'œil a de la peine à suivre, se replie plusieurs fois sur lui-même, et se retire enfin dans quelque asile , jusqu'à ce que sa crainte soit dissipée. Le même.

Le Dragon.

A ce nom de dragon , l'on conçoit toujours une idée extraordinaire. La mémoire rappelle, avec promptitude, tout ce qu'on a lu, tout ce qu'on a ouï dire sur ce monstre fameux j l'imagination s'enflamme par le souvenir «les grandes images qu'il a présentées au génie poétique : une sorte de frayeur saisit les cœurs timides, et la curiosité s'empare de tous les esprits. Les anciens, les modernes ont tous parlé du dragon : consacré par la religion des premiers peuples, devenu l'objet de leur mythologie, ministre des volontés des Dieux , gardien de leurs trésors, servant leur amour et leur haine , soumis au pouvoii des enchanteurs , vaincu par les demi-dieux du temps antique, entrant même dans les allégories sacrées du plus saint des recueils, il a été chanté par les premiers poêles, et représenté avec toutes les couleurs qui pouvaient en embellir l'image : principal ornement des fables pieuses , imaginées dans des temps plus récens; dompté par les héros, et même par les jeunes héroïnes qui combattaient

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ai* DESCRIPTIONS.

!.'•, Poissons.

Dans toutes les plages où une quantii" de Lumière plus abondante pourra pénétrer dans le sein des eanx , les poissons se montrent parcs (l'un plus grand nombre de i ii lies nuances. Et en effet, ceux fj ui resplendissent comme les métaux les plus jolis ou les gemmes les plus précieux, se trouvent particulièrement dans ces mers renfermées entre les deux tropiques, et dont la surface est si fréquemment inondée des rayons d'un soleil régnant sans nuage au-dessus de ces contrées équatoriales, et pouvant, sans contrainte, y remplir l'atmosphère de sa vive splendeur. On les rencontre aussi, ces poissons décorés avec tant de magnificence, au milieu de ces mers polaires où des montagnes de glace et des neiges éternelles, durcies par le froid, réfléchissent, multiplient par des milliers de surfaces, et rendent éblouissante la lumière que la lune et les aurores boréales répandent pendant les longues nuits des zones glaciales, et celle qu'y verse le soleil pendant les longs jours de ces plages hyperboreennes.

Si ces poissons, qui habitent au milieu et au-dessous des masses congelées, mais fréquemment illuminées et resplendissantes, l'emportent par la variété cl la beauté de ieurs couleurs sur ceux des zones tempérées, ils cèdent cependant en richesse de parure à ceux qui vivent dans s de la zone torride. £ ys, dont

l'atn est brûlant . ta chaleur ne doit-elle pas

donner une nouvelle activité à la lumière^ aecroitr force des écailh a el donner .ilnsi naissant e à des nuances bien plus éclatantes el bien plus du ersiuees ? Aussi, dans ces climats, ou toul porte l'empreinte de la puissaace solaire, voit-on quelques ipèces de poissons montrer jusque sur la poi lion î de la membrane de i

( lif u du fluici-

analogue I i»»ant de Joute» leur» fa-

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2i6 DESCRIPTIONS.

Le Requin ■

Ce formidable squale parvient jusqu'à une longueur de plus «le dix mètres (trente pieds, ou environ); il p quelquefois près de cinquantemyriagrammes (mille livres), et il s'en faut de beaucoup que Ton ait prouvé que l'on doit regarder comme exagérée l'assertion de ceux qui ont prétendu qu'on avait péché un requin du poids de plus de cent quatre-vingt-dix myriagrammes (quatre mille livres).

Mais la grandeur n'est pas son seul attribut ; il a reçu aussi la force et. des armes meurtrières ; et, féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouvemens, avide de sang, insatiable de proie, il est véritablement le tigre de la mer. Recherchant sans crainte tout ennemi , poursuivant avec plus d'obstination, attaquant avec plus de rage , combattant avec plus d'acharnement que les autres habitons des eaux; plus dangereux que plusieurs cétacés, qui, presque toujours, sont moins puissans que lui; inspirant même plus d'effroi que les baleines qui, moins bien armées, et douées d'appétits bien différens , ne provoquent presque jamais ni l'homme, ni les grands animaux; rapide dans sa course, répandu sur tous les climats, ayant envahi , pour ainsi dire , toutes les mers ; paraissant souvent au milieu des tempêtes; aperçu facilement par l'éclat phosphorique dont il brille , au milieu des ombres des nuits les plus orageuses ; menaçant de sa gueule énorme et dévorante les infortunés navigateurs exposés aux horreurs du naufrage, leur fermant toute voie de salut, leur montrant, en quelque sorte, leur tombe ouverte, et plaçant sous leurs yeux le signal de la destruction. Il n'est pas surprenant qu'il ait reçu le nom sinistre qu'il porte, et qui., réveillant tant d'idées lugubres, rappelle surtout la mort dont il est le ministre.

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C» qat l'on rorj'ii l.ifn l'nonr* cUirrmrnt, l.i lu ninti pour le dire irritent aiit'mrst Boiiiai. Art pail. , ch.Mit I

Définition oratoire et philosophique.

PRÉCEPTES DU GENRE

Là définition oratoire est un vaste champ pour L'éloquen- e. C'est par élit que se discutent titutes les quesl .le droit; car lorsqu'on est d'accord sur l'existence <ln dit et sur sa cause , il ne l'agil plus que '1 examiner quelle en est la nature, et d'en déterminer la qualité

veinent à la loi.

Cloilius a été tué par 1 m; mais .

là an meurtre prémédité el volontaire, ou seulement le e personnelle F I--' dit est i i m eau. La qualité du fait est la question qui t'agite.

Wurëna j'esl rendu agréable au peuple; qu'il a

fi ii ;• h lui plaire, est ce le ci irruption I

là lui suffrages < der.

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